jeudi 27 septembre 2012

ALBERTINE EN CINQ TEMPS


ALBERTINE EN CINQ TEMPS
  
Mettre en scène un personnage à différentes périodes de sa vie, de façon simultanée, voilà un concept plutôt original dans une pièce de théâtre. Les personnages sont donc Albertine à 30 ans, Albertine à 40 ans, Albertine à 50 ans, Albertine à 60 ans, Albertine à 70 ans, et en bonus, Madeleine, sa soeur, qui lui/leur sert de confidente.
  
Albertine à 70 ans est dans une maison de retraite. Albertine à 30 ans est en vacances à la campagne. Cela semble anodin, mais c'est à partir de ce contexte que les langues vont se délier et qu'on comprendra pourquoi Albertine à 60 ans carburait au médocs dans sa chambre, Albertine à 40 ans s'est empâtée et laissée aller en 10 ans, et Albertine à 50 ans a l'air la plus équilibrée de toutes.
Que s'est-il passé entre toutes ces étapes de la vie pour qu'elles soient ce qu'elles sont ?
  
L'ambiance est plutôt aux non-dits, tendue, en fonction ce qu'elles veulent bien s'avouer, la présence de la soeur excitant en plus, en elles, certaines rancoeurs.
C'est une pièce qui nous renvoie à nous-mêmes, qui nous confronte à nous-mêmes en quelque sorte. On s'imagine bien à leur place, faire un bilan de vie, affronter des vérités qui peuvent faire mal, se justifier de certains actes, ou se les reprocher, s'étonner de certains choix qu'on n'aurait pas pensé faire, être son propre juge en analysant les grandes étapes de sa propre vie, s'amuser (si on peut) d'en avoir une vision différente en prenant de l'âge, et devoir regarder de l'avant tout en même temps.
J'ai trouvé du coup cette pièce pas top pour relever le moral, je pense que je m'attendais aussi à une comédie. Cela dit, sa mise en scène est vraiment subtile et très réussie.

Un examen de conscience très bien rendu, balancé par les souvenirs de la soeur, dans une ambiance "règlement de compte" (ce qui est plutôt intéressant car Albertine est loin d'être tendre avec elle-même).       
  
Les expressions et tournure de phrases québécoises m'ont bien dépaysée et amusée aussi:
"Y'a pas moyen de parler avec toi [...] ! Tu te pompes aussitôt qu'on te dit quequ'chose pis tu fesses n'importe comment sans réfléchir !"
"Y contait-tu toute ?"
"... parle-moi pus pantoute ou ben parle-moi complètement !"

L'auteur
Conteur, adaptateur, traducteur, scénariste, parolier, librettiste, metteur en scène et, bien sûr, auteur dramatique largement diffusé, au Québec et à l'étranger, Michel Tremblay a signé une trentaine de pièces de théâtre et une vingtaine de romans et récits.

6 commentaires:

  1. Le parler québecois me faiguerait, je le sens (abandon de la BD Paul au Québec à cause de cela)
    Pour le Ménar, presque terminé!!!

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    1. Oui c'est vrai que le parler québécois n'est pas toujours évident, à la lecture du moins. Par contre pour moi, ça passe plutôt bien en live ou dans les films, et j'adore même ! Cela dit, ici, la pièce est assez courte pour qu'on ne se lasse pas (et j'ai cité des extraits un peu extrêmes).
      C'est plutôt bon signe pour Ménar, tu l'as quasi dévoré !

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  2. Ca me parait bien intéressant. mais ça y'est, tu te remets à ton projet théâtre !!!! on l'avait presque oublié celui là

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    1. Je ne l'ai jamais abandonné mais je ne suis pas à fond dedans, c'est clair.^^ Disons que si je lis déjà UNE pièce dans l'année, pour moi c'est une victoire !

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  3. J'adore Tremblay mais je n'ai encore jamais lu de pièce de lui :-)

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    1. C'est mon premier Tremblay. Il faut dire que je ne sais jamais par quel roman commencer, il y a tant de choix ! Alors cette pièce était une aubaine pour découvrir sa plume et son univers.

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Bon, je modère ou je vous laisse prouver de la façon la plus tordue que vous n'êtes pas un robot ? Je modère, hein ?^^

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