lundi 17 mars 2014

LUZ OU LE TEMPS SAUVAGE


A VEINTE AÑOS, LUZ

( LUZ OU LE TEMPS SAUVAGE )

traduit de l'espagnol (Argentine) par François Gaudry


Quel livre, mais quel livre ! Un de ceux qui figuraient sur ma LAL depuis belle lurette mais qui ne m'a jamais semblé une urgence malgré les avis toujours enthousiastes que j'en lisais, que je redoutais même à cause de la thématique sur fond de dictature argentine. J'imaginais un récit tragique, douloureux, dont on ressort plombé, avec une écriture inaccessible, intellectuelle, sérieuse, portant le drame à chaque virgule.

Rien de tout ça ! Enfin oui, c'est en pleine dictature argentine, oui, c'est tragique, douloureux, mais qu'est-ce que j'étais bien dans ce récit ! Ça faisait longtemps que je n'avais pas ressenti cette urgence de la lecture, ce besoin de me replonger dans le livre dès que c'était possible, ce plaisir de retrouver les personnages et l'intrigue, ce sentiment de vibrer avec le récit en cours, le coeur palpitant, accroché. Je zigzaguais dans les couloirs du métro le nez dans le livre tellement j'avais du mal à le lâcher. La 4è de couv' cite El Mundo, "Sa structure narrative parfaite captive le lecteur d'un bout à l'autre". C'est précisément ça !

C'est un livre qui parle des enfants volés sous la dictature militaire en Argentine (1976-1983), des bébés d'opposants politiques volés par leurs tortionnaires puis adoptés par des familles de militaires sous une fausse identité.
Dès les premières pages, on se doute un peu du destin de Luz, de son histoire, mais l'auteure, Elsa Osorio, l'amène de façon telle qu'on est constamment en plein suspense, un suspense aussi haletant que dans un thriller. 
On découvre l'histoire de Luz en même temps que Carlos à qui elle la raconte, une histoire qui se déroule sur 20 ans, celle de la quête de la vérité sur ses origines. Le récit est entrecoupé par les interventions de Carlos et les éclaircissements de Luz, dans une interaction qui rend le récit vivant, nous basculant subtilement d'une réalité à l'autre, celles du moment présent et du passé.

J'ai aimé la vie qui vibrait dans ce récit, à travers, entre autres, l'excellente Myriam. Les personnages et l'époque sont dépeints avec un tel réalisme que j'avais l'impression d'y avoir été transportée. Brrr, la Bête ! Tout sonnait juste et tellement réel !
L'auteure a su restituer tout le drame de cette période et ses conséquences des années plus tard, en donnant la voix à tous les protagonistes de l'histoire, de quelque bord qu'ils se trouvent. J'ai aimé les cas de conscience, que tout ne soit pas si simple. J'ai trouvé cela d'ailleurs déchirant, terrible, quelle foutue tragédie humaine !

Et quelle histoire ! Bouleversante ! J'ai eu la gorge serrée à la toute dernière page, et il m'en faut beaucoup pour en arriver là !
Un de mes premiers coups de coeur véritables de l'année, et même depuis un moment.

Également commenté par Loo.

Intègre le  

L'auteure
Elsa Osorio, née à Buenos Aires en 1953, a vécu à Paris et Madrid avant de retourner dans sa ville natale. Elle écrit des scénarios pour le cinéma et la télévision, anime des ateliers d'écriture et participe activement à la défense des Droits de l'Homme.
Son oeuvre a obtenu, entre autres, le Prix National de Littérature, Prix au Meilleur Scénario de Comédie, Prix Amnesty International, et elle a été finaliste du prix Femina.

24 commentaires:

  1. Commentaire disparu dans le vide intersidéral, grrr Je recommence (moins enthousiaste évidemment)
    Bref, je disais que ma LAL sort intacte (je l'ai lu) et qu j'aurais bien aimé te voir dans le métro (pas de piéton cogné?)

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    1. Pénible ces commentaires qui disparaissent sur Blogger. Ma consolation, c'est que ça le fait aussi chez OB (quand on peut laisser un comm'...).
      Sinon, non, pas de piéton renversé, je maîtrise la lecture en zigzaguant dans les couloirs du métro, le nez dans le livre.^^

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  2. J'avais aussi beaucoup apprécié !

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    1. Livre marquant, n'est ce pas ? Je guette les avis moins enthousiastes mais je n'en ai pas encore vu à ce jour !

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  3. Je note, je note ! Mais dis donc tu es tout à fait dans le thème du salon du livre. Si c'est un coup de coeur, c'est en tout cas évident que je ne passerai pas à côté :-)

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    1. C'est un pur hasard, le fait que cette lecture coïncide avec la thématique du SDL et que j'ai lu ce roman pile poil en plein dans la période où le salon fait son buzz. Ou alors, c'est mon subconscient qui a pris le dessus.^^ Non, vraiment, j'étais à la bib' pour tout autre chose, et je ne sais pas pourquoi, j'ai subitement pensé à ce livre (dans ma LAL depuis bientôt 10 ans !). Il était dispo, je l'ai embarqué, et le pire, j'ai failli le rendre sans le lire car j'étais encore inquiète de la thématique. Finalement, je ne regrette ab-so-lu-ment pas d'avoir sauté le pas, ce livre est tout simplement for-mid-dable ! Lis-le, oui ! Je pense que tu apprécieras ! :-)

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  4. Ah ben là tu me donnes sacrément envie ! Faut dire aussi que chez cet éditeur il n'y a pas grand chose à jeter.

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    1. C'est bien vrai ! J'adore leur sélection éditoriale, surtout côté Amérique latine même si tout ne trouve pas grâce à mes yeux (d'ailleurs un de mes prochains billets sur un de leurs livres sera moins enthousiaste - mais c'est côté Portugal^^).
      Bref, si je puis me permettre, cède à ton envie et donne-m'en des nouvelles.^^ Je serais très curieuse de lire ton billet sur ce livre.

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  5. Là, on a vraiment envie de lire ce récit!
    Merci pour cette première participation à mon challenge (je suis sûr qu'il y en aura d'autres) et bonne soirée.

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    1. Sûr et certain qu'il y en aura d'autres. Au moins un autre que j'ai repéré aujourd'hui d'ailleurs !^^
      Si ce livre croise ton chemin, n'hésite pas, il vaut vraiment le détour.
      Bonne semaine.

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  6. Si je vais au Salon du Livre ( pas sûr encore) je l'achète!

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    1. L'auteure sera là en plus ! Enfin, il me semble. Je n'arrive pas à voir si elle sera en dédicace, conférence ou autres... En tout cas, elle est citée parmi ceux faisant partie de la délégation d'écrivains argentins débarquant au SDL.

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    2. Tu vois le problème... Si toi tu n'arrives pas à avoir ces renseignements, comment moi je pourrais m'y retrouver sur ce site mal fichu?

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    3. C'est vrai qu'il était mal renseigné leur site cette année. J'ai appris tardivement qu'Elsa Osorio faisait une dédicace samedi après-midi (grâce à l'éditeur sur FB...), et j'ai découvert ce soir (encore via FB...) qu'il y avait eu un débat auquel elle a participé. C'était précisément ces informations qui m'intéressaient !!

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  7. Comme toi, j'ai noté ce livre une bonne dizaine de fois, mais bon, il y a toujours des tentations plus fortes. Promis, cette fois je le souligne et l'encadre avec pleins de petits coeurs ;-)

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    1. Je n'en demande pas tant !:-) Enfin, il faut surtout le lire quand on sent que c'est le bon moment et qu'on en ressent l'envie, comme avec la plupart des livres, et la rencontre devrait se faire.;-)

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  8. T'aurais pas du attendre si longtemps pour lire ce bouquin !!!!
    Tu me tentes bien là, car c'est un sujet qui m'interesse, que j'ai déjà frôlé dans d'autres lectures pls...commerciales (oui, j'ose le dire, via Marc Levy ;) )
    Sinon, j'aime beaucoup ton expression "portant le drame à chaque virgule" !

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    1. Oui, des fois on tarde à lire un livre, à tort ! Mais c'est génial aussi de pouvoir encore découvrir de telles lectures. On lit en décalage par rapport aux autres, mais le plaisir de lecture est là, c'est finalement tout ce qui compte.^^
      Je pense que ce livre te plaira, te captivera, te prendra au corps !^^

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  9. Un bien beau roman en effet, et un des premiers sur le sujet (au moins traduit en français).

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    1. Un sujet bouleversant ! Elsa Osorio a vraiment su le traiter avec finesse et intelligence.

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  10. Tiens pour ma part j'ai été totalement rebuté par le style de l'auteur, à tel point que je n'ai pas pu dépasser la centaine de pages. Dommage car l'histoire a l'air intéressante.

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    1. Ah oui ??? Rebuté ? A ce point ? Ah moi j'ai trouvé son style narratif parfait. Enfin, plus précisément, sa construction narrative. Et je l'ai trouvé justement très forte dans sa capacité à tout évoquer dans un minimum de phrases et de faits. Un petit côté style journalistique peut-être qui ne t'a pas plu. C'est droit au but, sans fioriture, précis, direct, sans tourner en rond, et en même temps, elle parvient à instaurer un certain suspens. Mais je ne vais pas pouvoir te convaincre, 100 pages c'est déjà assez pour savoir si on aime ou non un style d'écriture.;-)

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    2. Oui, carrément rebuté! Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que je réalise à quel point les concepts de bien écrit/mal écrit peuvent être subjectifs! Parmi les autres styles que j'ai trouvé très mauvais: Le monde selon Fawad, tout aussi mauvais à mes yeux... Alors qu'à côté de ça, je trouve le style d'une Mary Higgins Clark tout à fait correct, alors qu'elle est souvent attaquée sur ce point. Comme quoi chacun a ses critères.

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    3. C'est vrai, les goûts et les couleurs ne se discutent pas.^^ Dommage tout de même que le style t'ait à ce point freiné que tu n'aies pas pu aller au-delà des mots, à la rencontre de l'histoire en elle-même, qui est tout bonnement bouleversante et formidable.

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