lundi 13 juin 2016

TO SAY NOTHING OF THE DOG


TO SAY NOTHING OF THE DOG

( SANS PARLER DU CHIEN )

Ça faisait un sacré moment que je voulais lire Connie Willis parce que l'idée d'une femme écrivain dans le domaine de la SF me fascine et me rend curieuse. Elles sont tellement bien moins nombreuses que les hommes (à ce sujet, il me reste aussi à découvrir Lois McMaster Bujold).

J'avais toujours hésité entre Doomsday Book (rapport à des cours de civilisation britannique qui m'avaient marquée) et Sans parler du chien, mais pour ce dernier, je tenais à avoir lu Trois hommes dans un bateau auparavant (psychorigidité, bonjour), le titre de Connie Willis y faisant référence. C'était (enfin) chose faite l'année dernière, je pouvais donc (enfin) me lancer dans l'univers de cette romancière.

Nous sommes en 2057 en Angleterre. Les voyages dans le temps sont devenus pratique courante pour les historiens depuis quelques décennies. La préoccupation du moment à l'instant où débute l'intrigue, c'est de récolter un maximum d'informations sur la cathédrale de Coventry, détruite par un raid aérien nazi. Une équipe d'historiens s'y affaire sous les ordres de la terrible Lady Schrapnell, effectuant d'incessantes navettes vers le passé. L'un deux, Ned Henry, épuisé par ses voyages et complètement déphasé, est contraint par les instances médicales au repos.
Pour échapper à la terrible Lady Schrapnell qui ne l'aurait pas vu d'un bon oeil, on l'envoie dans la région d'Oxford à l'époque victorienne où la quiétude des lieux et une charmante balade en bateau le long de la Tamise devrait lui faire le plus grand bien.
Sauf que voilà, entre-temps, une des historiennes a provoqué un paradoxe temporel en ramenant par inadvertance, dans le futur, un chat victorien sauvé de la noyade. Voilà notre Ned chargé de corriger cette incongruité qui pourrait mettre en péril l'histoire, l'Histoire, et la survie de l'humanité. Une mission finalement pas de tout repos... Sans parler du chien !

Sur FB, je m'exclamais au bout d'une cinquantaine de pages :
"Aaaah mais je m'éclate, je m'éclate avec le Connie Willis !
Après un début où j'étais un peu dubitative, avant-hier, rires de la hyène hilare dans le métro (et ça c'est très bon signe), et hier, quasi nuit blanche car je n'arrivais pas à refermer le livre. Sans parler du chien, il me fait trop rire ce chien ! Et Princess Arjumand !"

Ce roman, c'est une grande comédie à l'anglaise (bien qu'écrite par une Américaine) que je verrais bien adaptée à l'écran. Une comédie anglo-américaine type "Un poisson nommé Wanda" ou "Créatures féroces" (ce film, j'étais par terre !) avec quelques membres des Monty Python.
Connie Willis est une auteure sacrément malicieuse (je ne m'y attendais pas), qui s'amuse avec ses personnages et tourne chaque situation en dérision, j'adore ça !
Qu'est-ce que tout ce petit monde m'a fait rire ! Ned Henry, Tossie (excellent comment l'auteure dépeint ce personnage victorien irritant), sa mère Mrs Mering, T.J. Lewis, bref, je ne vais pas les citer tous, mais n'oublions pas l'excellent Baine, valet de son état (qu'est-ce qu'il m'a fait rire, mais rire !), sans parler du chien ! Ni du chat ! Excellents ces deux-là ! La façon dont l'auteure les met en scène est juste délectable. Connie Willis connaît bien les animaux et a réussi ici à bien retranscrire leurs caractéristiques de façon truculente et troublante de réalisme.
Je pense qu'une bonne partie de mon plaisir de lecture provient de la présence de ce chien et de ce chat victoriens !

Comédie, SF, mais également roman d'énigme façon "mystery novel" classique de la fin du 19è siècle. Ce roman épatant est à la croisée d'une myriade de genres et de références, faisant de multiples clins d'oeil à des classiques tels Trois hommes dans un bateau, Agatha Christie, Wilkie Collins, et j'en passe.

J'ai beaucoup aimé l'exploration, à travers ce roman, des possibilités des voyages dans le temps et des conséquences de l'interférence ou non d'un voyageur sur le cours des événements. Un changement a priori anodin dans le passé peut-il altérer les destins et les destinées, avoir des répercussions sur l'Histoire, et par conséquent, sur le futur ? L'Histoire doit-elle absolument rester ce qu'elle a été ? Une thématique SF qui me parle beaucoup pour les réflexions qu'elle soulève.

Un roman que j'ai adoré pour ses grands moments cocasses, ses personnages désopilants, les animaux n'étant pas en reste, l'originalité de l'intrigue, d'une cohérence sans faille et pleine d'imagination, mais je me suis parfois perdue quand même dans les histoires de paradoxes temporels et les explications de leurs conséquences historiques que j'ai parfois un peu survolées.

À noter que ce roman fait partie de la série "Oxford Time Travel" dont il est le second opus, Doosmday Book étant le premier, et qu'il est maintenant suivi d'un troisième opus en 2 tomes, All Clear, dont le premier s'intitule Blackout (si si, c'est très clair ^^).

LC avec moi-même au final mais sans regret. Ce fut un excellent moment de lecture.;-)

L'auteure
Connie Willis, née en 1945 à Denver dans le Colorado, est une romancière américaine de science-fiction qui a été primée plusieurs fois pour ses ouvrages. 

Intègre le  

6 commentaires:

  1. Il est là, sur les étagères, pour une relecture (a hum) mais ne faudrait-il pas être psychorigide et commencer par le premier? ^_^

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    1. Ahahaha, écoute, moi je suis partante pour une LC du premier si tu veux ! Mais pas tout de suite tout de suite, je tiens vraiment à lire Proust avant de m'engager dans une nouvelle lubie (psychorigidité quand tu nous tiens ;-) ).

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  2. Comédie, SF et roman d'énigme, ça fait quand même beaucoup pour un simple lecteur comme moi :)

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    1. Pfffrrt, le prétexte de petit joueur !! ;-) Bon, ok, il n'y a pas l'ombre du roman noir là-dedans par contre, ça peut éventuellement te servir d'excuse.:-)

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  3. Sur ma LAL depuis une éternité! Par contre je croyais qu'il venait avant Doomsday Book. Tu crois qu'il vaut mieux lire la série dans l'ordre?

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    1. Je crois que ça n'a aucune incidence (en tout cas, en ce qui concerne les 2 premiers). J'ai commencé par "Sans parler du chien" et j'ai tout bien suivi, sans avoir l'impression qu'il me manquait un petit rappel du contexte. Et en plus, j'ai adoré !;-)

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