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AUTEURS ET THÈMES PAR PAYS

mardi 12 juin 2012

LA LISEUSE


LA LISEUSE

Un court roman qui avait tout pour me plaire: thématique autour du milieu du livre, enthousiasme quasi général des blogolecteurs, et puis le titre, La liseuse, ce petit outil de 730g qui est en train de bouleverser le monde de l'édition. En tant qu'utilisatrice convaincue d'un de ces appareils, j'étais vraiment curieuse de ce que ce roman avait à en dire, surtout quand la 4è de couv' l'annonce sur ce ton:

"Le stagiaire entre dans le bureau de Robert Dubois, l'éditeur, et lui tend une tablette électronique, une liseuse. Il la regarde, la soupèse, l'allume et sa vie bascule. Pour la première fois depuis Gutenberg, le texte et le papier se séparent et c'est comme si son coeur se fendait en deux."
  
Alors déjà, première petite moue, il ne s'agit pas très exactement d'une liseuse mais d'une tablette électronique, type iPad, ce qui n'est pas du tout pareil. Ça paraît anodin mais le processus d'identification que j'attendais n'a pas pu se faire. Dans ma tête, j'étais parasitée par l'idée que ce n'était pas la même chose.
  
Deuxième petite moue: le style. Alors oui, on sent la finesse et le doigté dans la manipulation et le mariage des mots et des phrases, mais j'ai été dérangée par cette prose travaillée qui sonnait étrangement faux tout en donnant l'illusion d'être au contraire parfaitement juste. C'est amusant d'ailleurs comme je le sentais tout le long qu'il y avait quelque chose qui me chiffonnait dans le style, sans pouvoir mettre le doigt dessus, et c'est à la fin que j'ai vu qu'effectivement il y a bien eu travail autour de la forme (qui épouse celle d'une sextine).
En réalité, c'est quasi indétectable pour le profane (moi donc), l'auteur, Paul Fournel, a réussi en cela cette prouesse de ne rien faire paraître de "poétique" tout en l'étant. On est même dans le langage de tous les jours, le livre se lit comme un roman des plus traditionnels, mais c'est cette absence de spontanéité qui tue un peu le naturel, que, je pense, j'ai ressentie et qui m'a un peu perturbée. 

Un style qui n'est juste pas ma tasse de thé (si on s'en tient au ressenti plus qu'à la reconnaissance de la forme subtile) bien que je puisse parfaitement comprendre que d'autres s'en délecteront, bien au contraire.
  
Résultat, je suis restée assez indifférente à ce roman en général, bizarrement. Je l'ai lu, et au sortir du livre, je n'en pensais rien. Très étrange. Ni, je n'aime pas, ni j'aime, ni pas terrible, ni super... juste, rien. J'en étais moi-même sciée... Et pourtant, le sujet, c'est tout ce que j'aime : les coulisses du milieu de l'édition, très très justement dépeintes ici (ça m'a même arraché quelques sourires), et en particulier le bouleversement induit par cette nouvelle technologie qui tourne la page de l'édition à l'ancienne et oblige à des réflexions nouvelles sur l'approche de l'édition. Je n'ai absolument rien à redire sur quoi que ce soit, sur l'histoire, les personnages, rien, simplement, je n'ai pas été touchée par cette histoire, ni ses personnages, bizarrement. 

Je vous invite donc à vite consulter les billets de KeishaMélopée et bien d'autres, qui vous expliqueront en quoi ce livre est une merveille!

10 commentaires:

  1. Bon, c'est ton droit.
    Très intéressantes, ces remarques sur ton ressenti face au style, tu sais, je n'avais remarqué aucune contrainte, il m'a fallu reprendre le livre pour juste voir que les chapitres se terminent alternativement par les mêmes mots; Sans doute d'autres contraintes, mais je n'ai pas cherché.

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    1. Ben en fait je l'ai ressenti de façon plus ou moins inconsciente. Je n'ai rien détecté de flagrant à première vue mais ça doit être dans le rythme et le phrasé que j'ai ressenti quelque chose de dérangeant, qui a presque occulté le fond.
      Ça confirme une chose, la poésie, ce n'est vraiment pas mon truc, et même si la forme ici n'est pas poétique dans le sens où on l'entend habituellement, elle a fonctionné chez moi comme toute poésie, en brouilleur d'ondes d'appréciation et de compréhension d'un texte!^^

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  2. Bonjour A girl..., c'est un bel exercice de style et voilà. J'ai aimé le lire sur le moment et il m'en reste quelque chose. Bonne journée.

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    1. Bonsoir Dasola! Oui, bel exercice de style, et très réussi d'ailleurs, même si je n'y ai pas été sensible. Ce livre a trouvé ses lecteurs, tant mieux! A bientôt!

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  3. je n'ai pas trouvé que c'était un merveille et il ne m'a pas convaincue de me mettre à la lecture électronique. D'ailleurs pour moi, liseuse ou iPad, c'est tout un, ça ne risquait pas de me déranger ;-)

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    1. ^^Nonon, liseuse et iPad c'est très différent! Ceci dit, je n'ai pas trouvé que ce livre incitait particulièrement à se mettre à la lecture électronique, ni n'en dissuadait les lecteurs d'ailleurs (enfin, comme je disais à Keisha, la forme m'a tellement embrouillée que je ne suis même plus sûre de ce dont parlait ce livre exactement ).

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  4. Tiens, un avis qui sort un peu du choeur de louanges, c'est très bien ! Si je me penche sur ce livre ce sera grâce à la bibliothèque, c'est préférable, je crois !

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    1. Je l'ai lu via la bib' aussi. Sans regret car j'ai vraiment failli craquer pour l'achat à un moment! Après, moi j'ai une insensibilité prononcée (voire rebut) pour toute forme qui se rapproche de près ou de loin à la poésie (et là on est dans le plutôt loin, mais quand même, mon radar l'a détectée!), ça me parasite dans l'appréciation du sens d'un texte, à quelques exception près, donc ne pas trop se fier à mon billet pour se décider à le lire ou non...;)

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  5. J'aime bcp le début de ta 2ème petite moue, c'est très bien dit. Par contre, qu'est-ce qu'une Sextine pour la profane que je suis. Je ne saisis pas trop quel travail particulier il y a eu sur le style.
    Bon le livre me tente tout de même, pour le sujet. Et si en plus il n'est pas épais !!!

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    1. Ecoute, je pense que toi, tu sauras apprécier car il me semble que tu es plutôt bonne cliente et sensible à la prose bien tournée, et effectivement, le sujet est un plus énorme.
      Pour la sextine, je te renvoie sur Wikipedia car sa caractéristique technique est un peu subtile, mais comme je disais, cette forme n'est pas flagrante ici, déjà parce qu'on n'est pas dans du poème pur, et ensuite parce qu'elle se fond parfaitement bien dans le texte.

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