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dimanche 15 mars 2015

L'HISTOIRE DE HONG KILTONG


L'HISTOIRE DE HONG KILTONG

traduit du coréen et présenté par Patrick Maurus

Repéré chez Alison Mossharty, ce livre a particulièrement attiré mon attention car en dehors de la littérature et de la culture japonaises, côté Asie, j'ai aussi un certain attrait incontrôlable pour la littérature et la culture coréennes que je connais moins bien.
Ce très court roman, écrit vers 1608-1613 et présenté comme "occupant une place considérable dans la littérature coréenne", me semblait tomber à pic pour parfaire mes connaissances dans ce domaine et combler mes lacunes culturelles. Ce livre est (et là je reprends la quatrième de couv' qui est relativement éclairante) "généralement considéré comme le premier roman coréen à part entière, en ceci au moins qu'il utilise l'alphabet autochtone et non plus les caractères chinois. Mais il est beaucoup plus que cela. 
Cette biographie fictive d'un fils d'aristocrate et d'une servante, donc d'un bâtard, touche à tous les aspects de la pensée et de la société coréennes du temps. Là où l'idéologie néo-confucéenne confite depuis des siècles interdit aux fils illégitimes de prétendre à toute carrière, Ho Kyun [l'auteur], pourtant produit parfait de cette société, plaide pour la supériorité de la valeur sur la naissance."

Après une présentation un peu longuette, le récit commence (enfin) à la page 40, pour se finir à la page 107, le tout dans une police de caractères assez grosse et aérée (enfin pas énorme non plus), suivi de notes du traducteur pages 111 à 125, celles-là écrites toutes petites.
Ça m'a été assez pénible au départ que toutes les deux lignes (sans exagérer), ce dernier renvoie à une note. Cela parasitait lourdement ma lecture, et je n'ai pas pu me résoudre à arrêter de lire les notes en cours de lecture car elles l'enrichissaient forcément et éclairaient certains points, dont le contexte historique, les aspects religieux, les moeurs et coutumes de l'époque, ce qui était indispensable et très intéressant par ailleurs.
J'ai aimé découvrir par exemple que la "pleine lune automnale du neuvième mois" désignait le début de l'hiver, sous le calendrier lunaire. Ou encore, dans la phrase "les montagnes étaient nettoyées de leurs brigands et personne ne ramassait plus les objets perdus sur les routes", c'était intéressant de comprendre par cette tournure que "si l'on ne se baisse plus pour ramasser ce qui traîne, c'est que tout le monde est devenu riche."

 Ceci dit, certaines notes étaient clairement dispensables, tel :
"Kiltong rit et répondit" *, et là, la note était la suivante : "Sowal. Exemple d'une formule figée qui marie le chinois et le coréen." (comme on ne lit pas vraiment dans le texte et qu'on n'est pas expert en coréen, je ne vois pas bien l'intérêt pour le lecteur lambda d'être interrompu dans la lecture pour savoir ça...)

Autre chose un peu difficile à appréhender, c'est le fantastique et le merveilleux qui apparaissent comme naturel ici.
"Cette fantaisie féerique, ce merveilleux quelquefois naïf est à analyser avec prudence. Car, à la différence des lecteurs occidentaux qui seront peu nombreux à accepter l'idée de contraction du sol (ce sera pour eux merveilleux au sens strict), les lecteurs coréens du temps étaient accoutumés à l'étrange [...]."
Du coup j'ai lu ce récit comme un conte, ce que ce livre est d'ailleurs, une sorte de fable, alors qu'au début je voyais un récit plus terre-à-terre.

Bref, au final je dirais que c'est un récit où il faut prendre son mal en patience pour trouver son rythme de lecture, et l'angle sous lequel l'aborder, avant de pleinement pouvoir en profiter. Je parle bien sûr de mon expérience personnelle.
Je pense qu'il aurait mieux valu le lire d'une traite, et ensuite revenir sur les notes, très utiles pour la plupart, car sans elles, l'histoire de Kong Hiltong pourrait sembler bien banalounette. Elles sont cependant peut-être un peu trop riches et approfondies pour le lecteur lambda, un peu comme si le traducteur s'était lancé dans une explication de texte à destination d'étudiants en coréen...
Re-bref, ce fut une lecture bien éprouvante tout de même pour cette soixantaine de pages qui auraient pu s'apprécier comme une "simple" fable.

6 commentaires:

  1. Un peu trop ardu pour moi je pense. Même le fait que ce soit le premier roman de l'histoire coréenne n'est pas un argument suffisant pour que je fasse l'effort.

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    1. :-) Ce n'est pas spécifiquement ardu, le style est très accessible, la langue aisée, l'intrigue relativement simple, mais c'est rendu compliqué par l'insertion des trop nombreuses notes. Ce n'est pas une lecture indispensable à mon sens mais c'est tout de même grisant de savoir qu'on a lu le premier roman coréen, écrit au 17è siècle.^^

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  2. T'es vraiment une warrior! Le premier roman coréen...

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    1. Hahaha ! Lire ton comm' ce matin a fait ma journée !

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  3. Je crois que l'édition est pensée pour des étudiants ou chercheurs en coréen. Perso, je l'ai trouvé à la BU universitaire classifié dans les textes fondamentaux de la littérature coréenne. Je peux te dire que les livres sur cette étagère ne bouge pas tous les jours XD
    C'est vrai que le merveilleux n'est pas facile à assimiler mais j'ai trouvé ça vraiment intéressant !
    Bon bah j'espère tout de même que tu as passé un bon moment de lecture hein ^^ (C'est pour ça que je conseille jamais des livres aux gens, après je me sens coupable si ils ont pas apprécié !)

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    1. Oui, je pense que tu as raison concernant l'édition si particulière de ce texte. Dans ma bib', ce livre était rangé dans la réserve, et je n'ai pu y avoir accès que sur demande auprès des bibliothécaires (qui sont allés le chercher pour moi !). En clair, il n'est pas laissé à la disposition de tous, comme les autres romans. J'avais l'impression de récupérer un trésor, haha !
      Pas d'inquiétude même si je n'ai pas été terrassée d'admiration par ce livre, je ne t'en tiens pas responsable haha! J'étais de toute façon intéressée par l'idée de découvrir le premier roman coréen, avec tous les risques que ça implique.

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