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lundi 30 mars 2015

MES CONTES DE PERRAULT


MES CONTES DE PERRAULT

Encore un titre irrésistible pour moi qui suis férue de contes détournés, revisités, réadaptés, et pour lequel je n'ai pas manqué de craquer au détour d'une librairie ! J'ai beaucoup aimé l'idée de contes traditionnels de notre enfance revus à la sauce marocaine. Tahar Ben Jelloun prend en effet ici la liberté d'orientaliser les contes de Perrault, "c'est-à-dire d'y mêler des épices et des couleurs issues d'autres pays, d'autres imaginaires", et je m'en frottais les mains d'avance !

Au programme : La Belle au bois dormant, La petite à la burqa rouge, Barbe-Bleue, Le Chat botté, Les Fées, Cendrillon, Hakim à la houppe, Petit Poucet, Peau d'Âne, et Les souhaits inutiles.

Je n'ai malheureusement pas été vraiment convaincue, charmée ou conquise par ces contes qui sont à quelques détails près le reflet exact des contes originaux et j'avais souvent l'impression d'une simple relecture de ces contes, à ceci près qu'ils sont transposés dans des pays arabes et musulmans et qu'on a affaire à des personnages aux prénoms arabes. Ça reste donc plaisant, si tant est qu'on aime les contes, mais rien de bien nouveau sous le soleil au final (surtout que j'avais relu les Contes de Perrault il y a peu, donc c'était encore particulièrement frais dans ma tête). Par ailleurs, bizarrement je trouvais que ça collait mal finalement cette transposition des contes classiques dans un contexte oriental, comme si je ne pouvais pas visualiser la Belle, les fées, Cendrillon, etc, comme des personnages arabes. Je dis "bizarrement" car j'adore Les contes des Mille et une nuits, qui foisonnent de princes et princesses arabes, génies et autre magie, et qu'a priori, j'aurai donc dû me sentir en terrain vraiment familier.

Il n'y a en réalité que "Le petit chaperon rouge" que j'ai trouvé bien réadapté et de façon originale. Le titre déjà, "La petite à la burqa rouge", en dit long. Peut-être parce que ce conte est particulièrement universel dans ses messages et que la transposition était plus évidente, plus intéressante aussi, l'auteur en profitant pour dénoncer les hypocrisies et incohérences d'une société dans un contexte de fanatisme.

Il ne s'acharne pas à la critique sociale cependant dans ses récits qui sont avant tout à lire comme des contes pour petits et grands (comme les originaux), avec leur lot de messages que certains percevront (ou non) à leur niveau, mais de temps en temps, il glisse quelques petites piques que j'ai trouvées assez amusantes et bienvenues. 

L'auteur explique avoir écrit ces contes comme sa vieille tante mythomane aurait pu les lui raconter enfant. "Je me suis dit, par exemple : "Comment raconterait-elle Peau d'Âne ? Oserait-elle tout dire sur Barbe-Bleue ? Quelle morale en aurait-elle tirée ?"

Au final, l'exercice de réécriture de ces contes est tout de même réussi mais j'en attendais probablement plus. Plus de distance, d'éloignement par rapport aux textes originaux, des contes revisités de façon plus franche, plus d'originalité, plus de dépaysement aussi sans doute.

L'auteur
Tahar Ben Jelloun est né à Fès (Maroc) en 1944. Il a obtenu le prix Goncourt au Seuil, en 1987, pour La Nuit Sacrée.

10 commentaires:

  1. Bien bien. Tu me permettras de passer, alors,
    Je m'inquiète pour le mur invisible, mon billet frétille, mais je peux attendre!

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    1. Pas d'inquiétude pour Le mur invisible, c'est toujours dans les tuyaux, même si on a du retard.^^ Je compte m'y coller après ma lecture en cours, et normalement je serai prête d'ici fin avril.;-)

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  2. Dommage en effet, mais l'exercice a déjà été fait tellement de fois, j'avoue que sature un peu avec ce genre de réécriture.

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    1. Oui, c'est vrai qu'il en existe des contes revisités, réadaptés et compagnie, mais je ne m'en lasse pas, dussé-je essuyer quelques déceptions.;-) Je mordrai encore à l'hameçon au prochain repérage.:-)

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  3. En matière de réécriture de contes, le dernier que j'ai lu est "Gretel and the Dark" chez Mirobole et c'est vraiment bien fait, même si très dur (Seconde Guerre mondiale, camps...)

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    1. Aaah oui, Hansel et Gretel inspirent pas mal les auteurs, un peu comme Le petit chaperon rouge, quoique dans une moindre mesure. Et c'est souvent autour des thématiques de la Seconde Guerre mondiale. Ton titre m'en a rappelé un autre que j'avais noté il y a 10 ans environ ('serait ptêt' temps que je le lise...), The True Story of Hansel and Gretel de Louise Murphy. Ça se passe en Pologne pendant la guerre (la Seconde). Mais je n'ai pas l'impression qu'il ait été traduit en français depuis... Je note aussi le tien, j'ai vraiment un attrait irrésistible et déraisonné pour tout ce qui est contes revisités, détournés, etc...^^

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  4. Ces contes revisités me faisaient assez envie mais ton avis me refroidit. Je pensais effectivement que l'auteur avait pris plus de liberté avec les histoires. Du coup, je me tournerai peut-être plutôt vers la re-lecture des originaux.
    Keisha, on arrive on arrive pour le Mur invisible. Fin avril, ça joue pour moi aussi.

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    1. Mais étrangement, l'auteur semble estimer qu'il s'est vraiment éloigné des contes originaux, ou du moins qu'il en a gardé le squelette pour ensuite le modeler à sa façon (ou à celle de sa vieille tante)... Ce n'est vraiment pas l'impression que j'ai eu à la lecture de ces contes (sauf pour "La petite à la burqa rouge" qui sort vraiment du lot), mais bon, ça se trouve, d'autres lecteurs percevraient mieux l'originalité de ces histoires...
      Ouep, pour Le Mur invisible, ça va le faire, fin avril.:-)

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  5. Zut alors... Des contres détournés par Tahar Ben Jelloun, ça avait de la gueule...

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    1. Grave ! Petite déception du coup mais bon, ça n'engage que moi.;-)

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