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jeudi 11 janvier 2018

LES CHRONIQUES SUÉDOISES


LES CHRONIQUES SUÉDOISES

Cet album est une farce de bout en bout et j'adhère totalement à son concept !
C'est chez Sassenach que je l'ai repéré et je me frottais les mains à l'avance à la perspective de cette découverte inespérée côté BD suédoise !
Comme souvent, je ne fais pas très attention à la quatrième de couv' et me fie simplement au titre. Une lecture en diagonale me permet tout de même de situer que le postulat de départ de cet album, c'est la Suède comme modèle de société et de mode de vie. Le sous-titre "Un peu de Suède dans ce monde de brutes" en disait long. J'étais véritablement ravie de l'opportunité qu'allait me donner cet album d'en découvrir davantage sur la société et la culture suédoises, et ce pourquoi ils seraient un exemple à suivre.

Mon premier émerveillement commence quasi à l'ouverture du livre, à la préface plus précisément (cf photo ci-contre).
Là je me dis, mais c'est génial comme concept ! Je sentais une certaine liberté, un certain génie anti-conformiste, un certain sens du délire, de la légèreté et de l'amusement, qui m'a rendu l'auteur tout de suite sympathique. Et de me dire, mais on devrait appliquer ça à tous les livres !
Mon deuxième émerveillement survient quelques pages plus loin, dès la première chronique, intitulée "Chronique du métro" :

"En France, dans le métro, il y a souvent des musiciens qui jouent pour gagner un peu de monnaie. En Suède aussi, il y a ça, sauf que là-bas, on n'a pas la même approche. L'approche suédoise : "ce qui nous préoccupe vraiment, ce n'est pas qu'ils jouent de la musique, ce sont les conditions dans lesquelles ils jouent de la musique..." Alors la RATP suédoise a lancé une vaste opération de concertation pour mieux connaître les besoins des musiciens. Le résultat, ç'a été la création de nouvelles rames de métro, spécialement adaptées aux concerts. Tous les sièges sont tournés vers la scène. Pour que le public puisse voyager en harmonie avec son humeur, chaque rame est dédiée à un style musical. À chaque station, la musique s'arrête. Quand elle reprend, c'est que le métro redémarre. [...]"

Je me disais, c'est dingue, c'est extraordinaire ça ! Ils sont géniaux ces Suédois ! Quelle ouverture d'esprit, tout ça ! C'est étrange tout de même mais bon, ok, ce sont des Suédois.
La chronique de la xénophobie suit, et là encore, je m'émerveille, puis celle de la chronique fermière où l'auteur parle des "fermes partagées" en ville, sur le modèle des jardins partagés. Géniale comme idée là aussi. Ce n'est qu'à partir de la chronique suivante, la chronique du loto, que je commence à tiquer et à me dire que l'auteur me raconte des bobards, ce n'est pas possible autrement. Tout est trop idéaliste et surtout fantaisiste. Je m'en vais même vérifier sur le net ce qu'il en est du loto en Suède ! Puis je lis la quatrième de couv', et là, plus de doute !
"Dans Les Chroniques suédoises, cette terre rêvée devient le terrain de toutes les utopies. La Suède des Chroniques, c'est le pays imaginaire où on ne sait plus très bien si tout cela est possible ou si on aimerait que ça le soit."

L'auteur, Nils Glöt, nous propose donc des scénarios utopistes basés sur l'idée que la Suède a déjà un modèle de vie rêvé à la base. La majorité des idées m'ont plu ou m'ont beaucoup amusée, ça va du totalement farfelu au carrément génial, en passant par "hmmm pas sûr que ce soit une bonne chose", en tout cas, ce sont des chroniques qui suscitent beaucoup des réflexions par rapport à notre quotidien et c'était assez amusant d'imaginer d'autres possibles à partir de notre réalité. J'ai beaucoup aimé cette idée d'un monde un peu parallèle, qui reflète assez nettement les petits travers de nos sociétés et qui pousse peut-être l'utopie un peu loin parfois mais ça reste plaisant à imaginer.

Je parlais de farce de bout en bout au début. Hé bien l'autre farce, et je ne m'en suis rendue compte qu'en recherchant la biographie de l'auteur, c'est que notre Suédois est en fait français ! Et que je tenais donc, non une BD suédoise entre les mains, mais française ! J'étais étonnée aussi qu'il y ait autant d'allusions et de comparaisons avec la France ! Quand je pense qu'il a mis au début "traduit du suédois par Thomas Lapanouse" ! Quel farceur ! Un petit côté Fabcaro je trouve ! Un auteur à suivre donc !

Aaah, n'empêche, que je suis très premier degré parfois, surtout quand on me fait des blagues. Je mords à l'hameçon direct.^^

L'auteur
Nils Glöt est le nom de plume de Thomas Lapanouse, né en 1986. Il a fait des études à Sciences Po Grenoble, complétées par un master en urbanisme et architecture. Il travaille actuellement pour un bureau d'études orienté vers les collectivités. Il tient un blog (Les Chroniques suédoises) depuis février 2011 où il raconte les réflexions de son Viking.

10 commentaires:

  1. Purée, mais ça me plairait bien, ça!!! (j'aime bien l'idée du métro, j'y passerais ma vie, si c'est comme ça, passant de voiture en voiture...) Et les jouets éducatifs? Bref, tout m'a l'air bien!

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    1. Oui franchement, il y a plein de bonnes idées d'une chronique à l'autre, et dans l'ensemble, c'est un album franchement amusant. L'auteur avait un blog mais j'ai l'impression qu'il l'a fermé une fois la BD publiée. Dommage, je l'aurais bien suivi...
      Dans le métro parisien, on croise parfois de bons musiciens dans les couloirs. Ceux-là sont autorisés par la RATP. Ça m'arrive de m'arrêter pour les écouter. Dans les rames aussi parfois il y a de bonnes surprises (quand c'est pas l'accordéon...). J'ai eu le cas ce soir. Un chanteur à la guitare avec une voix de bluesman. J'ai même lâché la pièce...

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  2. Une vraie trouvaille ! Je n'en avais jamais entendu parler.

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    1. C'est vrai qu'on ne le voit pas vraiment mis en avant en librairie. Quand je l'ai aperçu dans ma bib', j'ai sauté dessus, tu penses bien !:-)

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  3. tu compares à Fabcaro, ah je prends! Heureuse de savoir que je ne suis pas la seule à me montrer parfois joliment naïve:))

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    1. Je me fais tout le temps avoir, je crois que ça ne se soigne pas.;-) J'ai eu le cas d'ailleurs avec Fabcaro et son Carnet du Pérou. J'étais convaincue que c'était vraiment le récit de son voyage alors qu'en fait, comme d'habitude avec lui, c'était du pur délire (mais c'était mon premier Fabcaro, je n'étais pas encore bien familiarisée avec l'énergumène;-)) !

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  4. Loo Une pause livre13 janvier, 2018

    Ah tu m'as fait bien rire. Mais j'ai eu peur aussi que tu nous annonce ton départ définitif pour la Suède. Trop drôle! A savoir maintenant si le livre va me faire rire autant.

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    1. Oh non, trop froid pour moi.;-) Mais je ne suis pas contre y faire un saut, plus en été. Curieuse de ton avis sur cet album. Je pense qu'il pourrait te plaire.

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  5. Oui bon ben forcément, avec un challenge nordique en route, je ne peux que me retrouver avec une énième tentation de plus ;-)

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    1. Oui mais attention car comme je le souligne à la fin de mon billet, l'auteur est français en réalité, pas nordique pour un sou.;-)

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