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jeudi 30 avril 2026

LA VILLE NOIRE


De George Sand, j'ai dû lire, comme à peu près tout le monde, La Mare au diable et François le Champi (quoi que j'ai un doute sur ce dernier), et bien sûr La petite Fadette pour lequel j'ai eu un véritable coup de coeur préado. Aussi, à l'invitation de Claudialucia et Miriam à une LC George Sand, je me suis dit, pourquoi pas ?

Au programme ce mois-ci, La Ville noire dont je n'avais jamais entendu parler, mais sa présentation comme un "roman social situant ses personnages et son intrigue au coeur du monde du travail, un quart de siècle avant Germinal, d'Émile Zola" me l'a rendu tout de suite intéressant. Voilà qui allait me faire découvrir une toute autre facette de George Sand, moins champêtre, romanesque et "jeunesse"... que je pensais alors. Oui et non. Le romanesque à la sauce Sand est bien présent ici et ce n'est pas forcément pour déplaire.^^

Étienne Lavoute, dit Sept-Épées, est un jeune armurier de talent qui aspire à sortir de sa condition d'ouvrier dans la ville basse, la ville noire comme on l'appelle dans le pays, pour s'installer à la ville haute, chez les bourgeois. Mais voilà, il est épris de la belle Tonine qui 1) aimerait qu'il lui prouve son amour selon l'usage : "demandez l'agrément de mon cousin [...], je ne veux rien décider sans leur conseil" et 2) préfèrerait rester dans la ville noire. Notre pauvre Sept-Épées a bien du mal à se décider au début : "ou rester pauvre avec le coeur content, ou se rendre malheureux pour devenir riche. Eh bien ! Je suis entre ces deux idées-là, moi, et ne sais à laquelle me donner." 

Tssst, qu'on pourrait se dire, tu parles d'un suspense. Eh bien si, figurez-vous, suspense il y eut. L'intrigue était, au début, bien moins convenue que je ne l'avais présupposé, pour mon plus grand plaisir, et entre deux hésitations de notre cher Sept-Épées, George Sand nous plonge véritablement dans les réalités sociales et industrielles de la France du 19e siècle, ce qui m'a pas mal impressionnée.

Une lecture beaucoup plus plaisante que je ne l'avais espéré, et un démarrage bien moins prévisible que je ne m'y attendais, un portrait très intéressant du monde ouvrier de l'époque avec leurs valeurs et leurs aspirations, mais bon, que d'émotivité grandiloquente et de grosses larmes qui coulent sur des joues brûlantes. 😆 Une petite sélection pour la route : "elle avait eu les larmes aux yeux avec le sourire aux lèvres" - "Tonine sentit deux grosses larmes couler sur ses joues" - "après voir versé beaucoup de larmes très amères" - "j'ai senti sur mon bras des larmes tombant toutes chaudes de vos yeux"...
Et cette Tonine un peu trop parfaite... sans parler de cette fin en fanfare ultra romanesque à en être cocasse. Mais c'est tout le charme d'un George Sand.^^

Mon petit plaisir quand je lis George Sand, ce sont aussi ces expressions et formules désuètes pleines de charme :
"Tiens, sais-tu ? Je te trouve sot, et à la place de Tonine je te dirais tout de suite d'aller promener tes pas et ton feu ailleurs." 😆

LC avec Claudialucia et Miriam.

Lu dans le cadre de

24 commentaires:

  1. Oh tiens il faudrait que j'en lise de cette auteur....oui didonc...malgre la fin cela semble bien....

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    1. Oui, j'ai été plutôt agréablement surprise.

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  2. Oui, c'est vrai, des expressions bien gouteuses. Sinon, je n'ai pas lu ce roman (mais quand je pense que j'ai lu Consuelo, un truc improbable qui démarre à Venise, on est en plein 18eme siècle, ensuite des sociétés secrètes, un histoire d'amour, etc.)(faudrait que je revoie ça)

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    1. J'ai repéré quelques autres romans d'elle qui me tentent assez. Il faut dire qu'elle en a écrit pas mal.^^

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  3. J'ai lu quelques nouvelles ou romans de George Sand, j'aime beaucoup ! Mais je ne connais pas celui-ci elle a tellement écrit que je ne pense pas un jour connaître ses oeuvres complètes mais là forcément malgré les larmes qui coulent facilement, tu me tentes :)

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    1. Oui, elle en a écrit tellement, c'est assez impressionnant en fin de compte. Je profiterai peut-être du challenge pour glisser à nouveau une de ses oeuvres.

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  4. Je crois que je n'ai lu en effet que les plus romans les plus connus de George Sand, tout comme toi. Je note ce titre qui se passe dans un autre cadre.

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    1. Et encore, là je ne cite que ce que l'on trouvait facilement au rayon jeunesse, mais je n'ai finalement pas lu ses autres oeuvres majeures que l'on retrouve peut-être plus au rayon "classiques".

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  5. Ah je suis étonnée. e ne m'attendais pas à un tel sujet dans la biblio de George Sand. J'ai lu La mare au diable et il me semble que j'en suis restée là.

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    1. Ah oui, un pur classique au rayon jeunesse.^^

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  6. Je suis très sensible à ces expressions très imagées et j'ai aimé tout ce que j'ai lu de Sand pour l'instant. Je continuerai à la lire car je pense apprécier, mon côté midinette me permettant de savourer aussi toutes ces larmes 😁.

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    1. Ahaha, j'avoue que ces larmes, ça me fait presque rire au bout d'un moment. Mais je pourrais continuer à la lire sans problème.:)

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  7. claudialucia30 avril, 2026

    Je viendrai te relire parce que, là, je suis en train de lire La Ville Noire et même si je me doute de ce qui va se passer, je veux le découvrir par moi-même. Je n'ai lu que les premières pages que je trouve superbes, la description de la ville noire, entre noirceur et flammes de l'enfer, un tableau plein de feu. Merci pour ta participation. Je rajouterai ton lien dans la deuxième récapitulation bientôt, courant Mai. De Sand, je recommande aussi Les maîtres sonneurs et Consuelo pour découvrir la diversité de ses talents.

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    1. C'est vrai que l'oeuvre de Sand est plutôt diversifiée. Miriam et toi m'avez déjà bien tentée avec Les maîtres sonneurs. Je vais essayer de le caser cette année.^^

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  8. Philippe D30 avril, 2026

    Je pense avoir lu les 3 que tu cites aussi. Celui-ci, je n'en ai jamais entendu parler.

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    1. Il ne fait pas partie de ses plus connus en effet.

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  9. La dernière citation ne manque pas de piquant :)
    Quant à ce portrait de la condition ouvrière de l'époque a l'air intéressante même si je me serai probablement passée du supplément de grandiloquence larmoyante. Mais au moins, c'est une grandiloquence qui semble exprimée de manière percutante ce qui change bien des choses.

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    1. Bon, ils ne larmoient pas à toutes les pages heureusement, mais quand ils s'y mettent, ils ne font pas semblant.😆

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  10. Dans mon souvenir (très lointain) de cette autrice, ça pleure tout le temps, non dans ses romans ? Bon, je n'en ai lu que deux, dont la petite Fadette ( sans coup de coeur ...)

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    1. Oui, on n'est pas dans la pudeur britannique ou japonaise chez Sand.^^ Bon, j'en aurai lu à peine plus que toi donc je ne suis pas experte. Je vais probablement compléter mon étude avec un autre roman de Sand cette année.;)

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  11. D'elle j'ai lu la mare au diable et un hiver à majorque... Et depuis 15 ans, j'ai dans ma PAL "elle et lui". Si ça te dit de le lire, on pourrait se prévoir une LC un de ces 4 avec ce titre... Ca me motivera ! Dis moi :)

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    1. Arf je ne l'ai pas dans ma PAL celui-là, mais j'ai vu une magnifique édition chez Points pour laquelle j'ai failli craquer.^^ Pour l'instant, je suis partie sur un autre titre de Sand, Les Maîtres Sonneurs, mais je te fais signe si je craque pour l'autre titre.;)

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  12. Enfin une nouvelle blogueuse sur le Challenge! On mettra le lien sur la future récapitulation d'avril à paraître dès que claudialucia aura publié son billet sur la Ville Noire. Tu peux aussi rattraper le Challenge avec Les Maîtres Sonneurs et le Meunier d'Angibault que j'ai bien aimés

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    1. Je pense lire Les Maîtres Sonneurs, ton billet et celui de Claudialucia m'avaient bien tentée, mais j'aimerais bien creuser aussi du côté de George Eliot.:)

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