lundi 15 janvier 2018

HÔTEL DU GRAND CERF


HÔTEL DU GRAND CERF

Bartelt, c'était un de mes auteurs français chouchou à une époque (plus de 10 ans...). C'était une valeur sûre pour moi dans la catégorie divertissant, cocasse, désopilant, loufoque. J'étais toujours assurée que la hyène hilare serait au rendez-vous à chaque lecture. Un humour barge et corrosif auquel j'adhérais bien, mais aussi une écriture précise et juste dans ses approches et descriptions de la nature humaine, l'art de dépeindre le côté drôle des situations, des comportements, de la psychologie humaine, avec une petite prédilection pour les milieux provinciaux.

Bien sûr, ce n'était pas toujours à 100% le jackpot, aucun de ses romans n'est jamais arrivé à la hauteur du premier lu, Le Costume, en terme de truculence, mais je m'étais toujours dit que je reviendrais sans souci à son univers et à ses oeuvres. C'était sans compter les impitoyables tentations ici et là, les LAL et PAL, bref, le problème est connu, d'autant plus que c'est un auteur plutôt discret sur la toile et dans les médias.
Et puis, il y a peu, un collègue m'a recommandé son dernier paru, catégorie polar cette fois, en me sortant les arguments "excellent moment de lecture et poilade garantie". C'était l'occasion de renouer avec Bartelt, je n'ai pas hésité une seconde !

Mon verdict Goodreads :
(3/5 étoiles) Un bon 3,5 même, qui pourrait même tendre vers un 3,75. Vraiment dommage que Goodreads ne permette pas la nuance. 4, c'était un poil trop mais j'ai hésité.
Du bon Bartelt que j'ai retrouvé avec plaisir, un poil moindre peut-être que ce que j'avais gardé en mémoire, mais il y a de sacrés bons passages du point de vue stylistique, du truculent même, et l'intrigue se tient bien.

Bartelt situe cette fois-ci son action (et là, je reprends la quatrième de couv' qui est juste parfaite) "à Reugny, un petit village au coeur des Ardennes, où plane depuis cinquante ans le secret de la mort de Rosa Gullingen. La star mondiale de cinéma avait été découverte noyée dans la baignoire de sa chambre à l'Hôtel du Grand Cerf, qui accueillait l'équipe de son prochain film; du bout des lèvres, la police avait conclu à une mort accidentelle. Quand Nicolas Tèque, journaliste parisien désoeuvré, décide de remonter le temps pour faire la lumière sur cette affaire, c'est bien logiquement à l'Hôtel du Grand Cerf qu'il pose ses valises. Mais à Reugny, la Faucheuse a repris du service, et dans le registre grandiose : le douanier du coin, haï de tous, est retrouvé somptueusement décapité. Puis tout s'enchaîne très vite : une jeune fille disparaît; un autre homme est assassiné. n'en jetons plus : l'inspecteur Vertigo Kulbertus, qui s'est fait de l'obésité une spécialité, est dépêché sur place pour remettre de l'ordre dans ce chaos."

J'ai mis plusieurs pages à retrouver ce qui me plaisait tant chez Bartelt, le temps que tout se mette en place, mais dès l'entrée en scène de l'inspecteur Kulbertus, une personnalité hors du commun, un personnage démentiel, à la fois répugnant, fascinant, inquiétant, attachant et sympathique, "mû par une infatigable énergie verbale", l'intrigue a pris corps et le tout est devenu véritablement délectable.

Quelques extraits pour un aperçu du style Bartelt :
"Selon toute vraisemblance, l'ancien douanier n'était pas apprécié de ses concitoyens. Mais c'était dans l'ordre du monde rural. Dans les campagnes, personne n'aime personne et le malheur des uns n'est que la réparation du malheur des autres."

"Elle donna l'impression d'explorer en elle des régions qu'elle ne fréquentait plus depuis longtemps. Elle ferma les yeux et marmonna quelque chose dont il ne comprit pas le sens."

"- Si vous avez l'occasion, n'oubliez pas : Le Carré sans bord. Cette image de Rosa révélée dans sa nudité m'a poursuivi pendant des années. On peut considérer que j'ai eu une liaison avec elle. Principalement sexuelle, bien sûr. Vous savez ce que c'est quand on a quinze ans. On a beau être fou de la plus grande actrice du monde, on ne lui porte jamais que les sentiments que la main peut contenir. Tout ça pour vous dire que mon amour tout aussi actif qu'il était ne fut jamais partagé par ma préférée."

"Un instant, il s'abîma dans ce passé lointain, qu'il recouvrit d'une gorgée de bière."

"- [...] Je leur ai fait dire d'être là avant huit heures. Ils poireauteront, bien sûr. Mais n'est-ce pas la vocation des gens qui savent ce qu'est un potager ?"

"- J'aurais été un père. Je ne demandais que ça. La vie on n'a pas besoin de savoir d'où ça vient. C'est là, on prend."

Je reviendrai à cet auteur, c'est sûr.

18 commentaires:

  1. Voilà c'est malin, j'ai essayé cet auteur il y a très longtemps, alors maintenant voilà que tu me donnes envie...

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    1. Il y a des auteurs comme ça vers lesquels je retournerais bien plus souvent, mais bon, la perspective de découvrir d'autres talents (anciens ou nouveaux) est toujours terriblement tentante.:-)

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  2. J'avais beaucoup aimé Le jardin du bossu, mais avais ensuite été déçue par Le fémur de Rimbaud... mais je sais que c'est iun auteur à relire tout de même !

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    1. Je n'ai lu ni l'un ni l'autre. Je crois qu'il avait à peine 10 livres à son actif à l'époque où je le lisais et je pensais arriver à bout rapidement mais la liste s'est bien allongée depuis.:-) Ça ne m'étonne pas trop que ses oeuvres soient inégales ou qu'on ne soit pas systématiquement conquis, mais ça reste toujours des lectures plutôt plaisantes. Je tenterais bien Le jardin du bossu, tiens !

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  3. Je na connais aps du tout, mais j'ai noté ce titre !

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    1. C'est un bon roman pour le découvrir, oui.

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  4. J'ai toujours dans ma pile Le fémur de Rimbaud, alors, je "dois" le lire d'abord... ;-)

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    1. Aah je comprends bien ce "dois" mais si j'en crois le commentaire d'Ingannmic, ce n'est pas un de ses meilleurs. Bon, tant pis, j'espère que tu lui donneras une deuxième chance si l'essai ne s'avère pas concluant.;-)

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  5. Je dois avoir lu des textes courts, un peu comme des billets d'humeur mais je ne me souviens plus du titre ! Il semble proche des Ardennes belges, Franz Batelt, il est un peu de chez nous ;-)

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    1. Oui, j'ai dû vérifier d'ailleurs s'il n'était pas réellement un peu belge, surtout qu'il met pas mal de Belges en scène dans ce roman.:-)

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  6. Auteur totalement inconnu mais ce que tu en dis a tout pour me plaire.

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    1. Je pense que tu ne risques pas grand-chose en effet.:-)

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  7. Bon c'est certain ce n'est pas pour moi, dommage Reugny dans les Ardennes je crois que j'y suis déjà passée, c'est toujours étonnant de lire des romans qui se déroulent dans des endroits qu'on connaît.

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    1. Oui, l'année dernière, j'ai lu La Rabouilleuse de Balzac juste parce que l'année d'avant, j'étais passée par Issoudun !^^ Je trouve ça encore plus fascinant d'avoir une vision de ces lieux à des époques antérieures, comme les photos d'époque noir et blanc, ou sépia.

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  8. alors là, je ne connais absolument pas!!! Dis-moi : que dois-je lire en priorité?

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    1. Si j'en crois mes billets qui remontent, j'ai vraiment flashé pour "Le costume", mais il ne m'en reste quasiment pas de souvenirs et je ne sais ce que j'en penserais aujourd'hui. Du coup je recommanderais volontiers "Hôtel du Grand Cerf".;-)

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  9. Je ne connais pas du tout ! C'est incroyable le nombre d'auteurs qu'il me reste à découvrir, je n'aurai pas assez d'une vie.

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    1. C'est ce que je me dis tous les jours, c'est effrayant ! Ma liste ne cesse de s'allonger...

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Bon, je modère ou je vous laisse prouver de la façon la plus tordue que vous n'êtes pas un robot ? Je modère, hein ?^^

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