Un roman qui m'avait attirée par sa couverture, son titre et cette question philosophique qui laissait entrevoir l'esprit du livre : "[...] nous aurons une dernière pensée pour nous-mêmes, en une dernière question : avons-nous eu une existence sombre ou une sombre existence ?"
Rien de plombant pourtant au premier abord malgré le drame de la situation.
L'histoire se présente comme un conte ou une fable au ton léger et avenant, où la rude réalité n'est jamais vraiment expressément nommée et plutôt joliment romancée : on comprend vite que le Ravin, qui passerait presque pour un domaine de rêve, est un bidonville, que les personnes que Baba Mathus y accueille depuis des décennies sont en réalité les exclus, ceux qui n'ont ni acte de naissance ni nationalité. Le monde extérieur avec ses travers et ses dangers est désigné sous le nom de l'Empire Extérieur.



