mercredi 4 mars 2026

TANGO DE SATAN


traduit du hongrois par Joëlle Dufeuilly

J'ai profité de la LC de février pour enfin lire ce fameux László Krasznahorkai. Au départ, c'était Guerre & guerre, en projet de longue date, que je voulais caser, mais j'ai dû composer avec les dispos de ma bibli, et ma foi, un petit tango endiablé me semblait plutôt de bon augure. 
Le résumé en tout cas me parlait bien. Le cadre est une vaste ferme collective à l'abandon au coeur de la grande plaine hongroise, où végètent encore quelques habitants qui n'osent pas ou plus "quitter cette contrée sinistrée pour aller chercher fortune ailleurs". Ils s'épient et complotent les uns contre les autres, lorsqu'une rumeur annonce le retour de deux personnages que l'on croyait morts. La nouvelle bouleverse ces êtres en manque de perspective.
"Farce noire teintée d'ironie", ça, ça avait clairement tout pour me plaire, mais je n'avais pas fait attention, quelques lignes plus loin, à l'évocation d'un "voyage poétique peuplé de solitude et de mélancolie". Gros red flag pour moi.

László KRASZNAHORKAI

 

vendredi 27 février 2026

CLEAR


ÉCLAIRCIE 

Un roman court qui a pas mal tourné sur la blogo, à chaque fois avec des retours enthousiastes, ce qui n'a pas manqué attiser ma curiosité.

Le contexte de l'intrigue : depuis le milieu du 17e siècle en Écosse ont été mises en place les tragiques Clearances, une politique implacable permettant aux propriétaires terriens d'évincer les paysans de leurs terres, libérant ainsi des hectares de pâturage pour des troupeaux de moutons, beaucoup plus lucratifs. 
Le roman se déroule ici en 1843 sur une île perdue au large de l'Écosse. John Fergusson, un pasteur sans le sou, y est envoyé pour chasser Ivar, le dernier habitant du coin, dans le cadre des Clearances. Ce n'est pas vraiment de gaité de coeur qu'il a accepté cette mission, mais la misère l'y contraint quelque peu. Sauf que voilà, patatras !

Carys DAVIES

 

mardi 24 février 2026

WHY DON'T YOU LOVE ME ?


Noté suite à une critique bien intrigante dans Les Midis de culture : l'histoire d'un couple avec deux enfants dans une BD mettant en scène une mère alcoolique et dépressive, un père quelque peu paumé et des enfants livrés à eux-mêmes. Ça devrait être triste à en pleurer, mais c'est extrêmement drôle, et surtout, il y a un twist qui change le regard qu'on portait sur cette histoire et qui permet de mieux comprendre les situations quelque peu déroutantes en première partie. 
Vendu donc !

Mark et Claire présentent tous les signes d'un couple malheureux en mariage. Elle, passe sa journée à la maison à boire et à fumer des cigarettes à la chaîne, et envoie bouler à peu près tout le monde (méchamment drôle !). Lui, dort sur le canapé, peine à se rappeler le prénom de son fils et exerce un métier auquel il ne connaît rien (hilarant !).

Paul B. RAINEY

 

jeudi 19 février 2026

DE GRANDES DENTS


ENQUÊTE SUR UN PETIT MALENTENDU

Suivi de Barbie-Bleue, un conte dont vous êtes le Perrault

Bon, moi qui ne résiste pas à tout ce qui touche de près ou de loin aux contes de notre enfance - contes détournés, réinventés, réadaptés, essais, analyses - j'étais cuite avec un titre pareil ! Sans parler du sous-titre et du petit conte revisité en bonus.

J'avais déjà lu une analyse très argumentée d'Anne-Marie Garat qui voyait au détour de chaque phrase du conte dont il est question ici, une connotation sexuelle. Oui, Le Petit Chaperon rouge serait limite pornographique. Le choc pour moi qui en étais restée à ma petite lecture premier degré dont la moralité était la mise en garde contre les inconnus ("ceux qui rôdent dans les bois, les bals, les parkings").