vendredi 17 mai 2024

IMPOSSIBLES ADIEUX

 
traduit du coréen par Choi Kyungran et Pierre Bisou

Je reprends ici quelques mots glanés ici et là en parcourant rapidement des critiques de presse ou de lecteurs : "récit onirique et mélancolique, contemplation de la nature", "quête poétique, spectrale et hallucinatoire" (La Croix), "itinéraire onirique et mémoriel" (Le Monde).
Le tableau est clair et si j'y suis retournée plusieurs fois pour vérifier que l'effet que me produisait ce roman était bien celui qu'il avait produit chez d'autres, c'est que je ne m'attendais pas à ce type d'atmosphère et que j'espérais quelque part que c'était un effet passager et non central.
Parce que voilà, moi, les romans des souvenirs (traumatiques en plus) que l'on ressasse comme dans un état semi-hypnotique, quasi second, l'esprit flottant entre réel et fantastique, aussi éblouissants, envoûtants, splendides et virtuoses soient-ils, j'ai plutôt tendance à ne pas m'y aventurer bien volontiers.

HAN Kang

 

mardi 14 mai 2024

THE LOST CITY OF Z


( LA CITÉ PERDUE DE Z )

Après une enquête sur les meurtres des Indiens Osage dans les années 1920 puis une aventure trépidante en mer au 18e siècle, mes retrouvailles avec chouchou Grann m'ont amenée cette fois-ci au coeur de l'Amazonie, sur les traces de l'explorateur britannique Percy Fawcett, disparu dans la jungle brésilienne en 1925 au cours d'une expédition destinée à trouver une antique cité légendaire dont il était persuadé de l'existence. Au cours des décennies qui ont suivi, de nombreuses expéditions ont été menées pour retrouver ses traces et déterminer les causes de sa disparition. En vain. 

Chouchou Grann, après moult recherches et lectures sur le sujet, décide lui aussi, même pas peur (et pourtant il y a de quoi), de se rendre dans la jungle amazonienne pour éclaircir l'affaire (et documenter son livre par la même occasion), ce qui nous vaut un autoportrait hilarant dès le premier chapitre alors que notre pauvre Grann (qui, je l'aime bien, mais avouons-le, n'a pas le physique de l'explorateur^^) s'est clairement perdu dans la jungle et se retrouve désemparé.

samedi 11 mai 2024

CÉLESTE - TOMES 1 ET 2

 
Tome 1 - BIEN SÛR, MONSIEUR PROUST

Quel destin étrange et fascinant que celui de Céleste Albaret ! Cette jeune provinciale débarquée à Paris en 1913 du fin fond de la Lozère, sans aucun savoir-faire, est en effet devenue, dans des circonstances fortuites, la domestique de Marcel Proust, tissant avec lui, au fil des années, une relation privilégiée attestant d'un véritable attachement mutuel.

N'étant pas spécialement fan de Proust même si j'ai réussi à lire le tome 1 de la Recherche sans réelle souffrance et même avec un plaisir certain par moment, je ne connaissais Céleste que de nom (et de loin) et il ne me serait pas venu l'envie d'en savoir plus à son sujet si Chloé Cruchaudet, dont j'apprécie énormément le travail graphique depuis Mauvais genre, n'en avait pas réalisé une bande dessinée.

mercredi 8 mai 2024

CHRONIQUES DE LA FRUITIÈRE


VOYAGE AU PAYS DU COMTÉ

Repéré chez Loo il y a quelques années, je me suis empressée de noter cet album. Tout comme elle, c'est le genre de bande dessinée à laquelle je ne résiste jamais. Le sujet tel qu'évoqué dans le titre avait vraiment tout pour me séduire. Dès qu'on me cause nourriture, gastronomie et gourmandises, je suis toute ouïe / tout oeil.

L'auteur, Fred Bernard, est missionné par son éditeur pour traverser le Jura, l'Ain et le Doubs à la rencontre des acteurs de la filière Comté : éleveurs de vaches, producteurs de lait, fromagers dans leur fruitière (du latin "fructus", le travail des hommes - rien à voir avec les fruits^^), affineurs, crémiers... Et bien sûr, au programme, visite de caves et dégustation de Comté.

"Le Comté, c'est pas de la saloperie industrielle. C'est un fromage artisanal, fabriqué à la main, en fruitière, affiné en cave..."

Fred BERNARD

 

vendredi 3 mai 2024

RU


Ça faisait un moment que je voulais découvrir la plume de Kim Thúy, autrice québécoise d'origine vietnamienne, et Ru est un de ses livres que j'ai souvent vu commenté avec le plus d'enthousiasme, encore récemment chez Fabienne.
Je ne m'attendais toutefois pas à ce que ce soit un récit autobiographique. Ce n'est pas ce que je préfère habituellement, même si, quel meilleur point de vue que l'expérience personnelle d'un auteur pour raconter son pays d'origine, son exil, son identité double, des thématiques qui, pour le coup, me parlaient.
Est-ce que cela a nui à ma lecture ? Du tout.

Au début, c'est assez chronologique. On suit bien, l'écriture est agréable, assez savoureuse même, l'autrice ne tergiverse pas, la tragédie de son histoire s'égrène dès les premières lignes : sa naissance à Saigon pendant l'offensive du Têt, l'arrivée du communisme dans le Sud-Vietnam, la fuite avec d'autres boat people alors qu'elle n'a que 10 ans, l'internement dans un camp de réfugiés en Malaisie puis son arrivée au Québec avec les premières difficultés d'adaptation entre le froid, la langue, le mode de vie...