vendredi 8 avril 2016

LES GROSEILLES DE NOVEMBRE


LES GROSEILLES DE NOVEMBRE

( CHRONIQUES DE QUELQUES DÉTRAQUEMENTS DANS LA CONTRÉE DES KRATTS )

traduit de l'estonien par Antoine Chalvin


Mon premier coup de coeur de l'année ! Un auteur estonien, Andrus Kivirähk ! Adoubé auteur chouchou dès les premières lignes ! Repéré par hasard sur une des tables de la bib' avec mention "Coup de coeur des bibliothécaires", ça m'a intriguée. J'ai lu les deux premières pages, j'étais ferrée.
Plusieurs fois je me suis exclamée, "non mais il est fou, il est complètement fou, j'adore !".

Rentrer dans ce livre, c'est rentrer dans un monde qui sort de l'ordinaire, rempli de folklore estonien, univers de tous les possibles. Un univers qui pourrait être sorti tout droit de la SF tant les codes et repères sont différents de ce que nous connaissons, et en même temps, tout y est très familier. Il y a quelque chose d'islandais là-dedans, ou de danois (je pense aux "racontars" de Jørn Riel), quelque chose de bien nordique, et en même temps, de l'ordre des contes, mythes et légendes du monde (ça m'a même évoqué des contes malgaches que me racontait mon grand-père...).
Beaucoup de malice, et de l'improbable qui devient normal, pour résumer.

D'ailleurs, la 4è de couv' le dit, et très justement :
"Lire Andrus Kivirähk, c'est à chaque fois se donner la certitude que l'on va entrer de la façon la plus naturelle dans un monde proprement extraordinaire."

Un auteur plein de délires, qu'on prend tout de suite en haute sympathie. J'ai tout adoré ! Son style, son humour, son talent de conteur (quelle verve, quelle vie, quelle énergie dans les phrases, les dialogues, les réparties !), son univers, son imagination, ses personnages. Tout y est tout bonnement truculent et savoureux. J'ai adoré cette immersion dans ce petit monde complètement déluré, dont on suit le quotidien au jour le jour sur un mois, dans un village moyen-âgeux.
On y croise des kratts (j'adore trop le concept !), le diable, des démons, et même des maladies représentées comme des petits personnages qu'il faut tromper à travers toute une mise en scène pour s'en débarrasser (mais quels passages là aussi, quelle folle imagination !). Il y a même une histoire d'amour que j'ai trouvée trop touchante et diablement amusante en même temps, hilarante même, et tragique aussi.
Ouais, dis comme ça, on pourrait se dire bof, mais voilà, l'auteur fait un véritable miracle de tout cet univers !

À quelques pages de la fin, voyant fin novembre arriver, je me suis dit que si l'auteur écrivait une suite, genre, Les Myrtilles de décembre, Les Mirabelles de janvier et que sais-je, je la lirais, sûr sûr sûr ! J'étais bien démunie en devant quitter ce petit monde dont j'aurais pu suivre les récits indéfiniment.
En attendant, j'ai encore la possibilité de découvrir L'homme qui savait la langue des serpents. J'en suis ravie d'avance !

Également commenté par Sandrion.

L'auteur
Andrus Kivirähk est un écrivain estonien né en 1970 à Tallin. Véritable phénomène littéraire dans son pays, romancier et essayiste, il est l'auteur d'une oeuvre multiple dont la critique et un très large public raffolent. Andrus Kivirähk écrit des romans, des nouvelles, des pièces de théâtre, des contes, des essais et des scénarios de films d'animation pour enfants.

Intègre le  
Estonie => 14/28

18 commentaires:

  1. Rha la la ce que tu dis de ce roman pourrait s'appliquer à L'homme qui savait la langue des serpents, et franchement, ces groseilles de novembre, je veux lire ça (même hors saison). je note que minaudier n'est pas le traducteur;
    A part ça je viens de lire pour le mois belge un truc complètement dans tes cordes, Ours toujours, de Xavier Hanotte. N'essaie pas de trop en savoir d'avance, je t'assure que c'est parfaitement jubilatoire. (je ne dis pas barré, ce ne serait pas fair play de ma part, mais bref il y a vraiment de ça)

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    1. Rhaaa, ce qui me désespère avec Kivirähk, c'est qu'il a écrit plusieurs livres et deux seulement ont été traduits en France à ce jour ! (à deux traducteurs pourtant, et excellents tous deux vus les avis enthousiastes pour L'homme qui savait..., ça pourrait être fait rapidement ;-)). Bon, je ne m'engage pas sur l'apprentissage de l'estonien en attendant parce que pour l'instant, l'italien, je n'avance pas... Et le japonais aussi est en stand-by depuis un moment...
      Sinon Hanotte, je connais, mais jamais lu parce que le livre dont on parlait à l'époque où on avait essayé de me le "vendre" ("Derrière la colline") ne m'enchantait pas des masses et ne semblait pas me correspondre (guerre, celle de 14-18, échappées poétiques, vertige onirique...). M'enfin, un auteur n'a pas qu'un seul registre, alors si son "Ours toujours" est jubilatoire, à la frontière du barré, je vais regarder ça de plus près.;-)

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    2. A fouiner dans la bibli de s, il n'y avait que du guerre de 14 et tutti quanti, pas attirant pour l'instant. Même impression que toi, bof quoi. Ours toujours est complètement dans un autre registre!

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    3. En plus, rien qu'au titre, je sens que ça peut être grave mon truc !^^ #fandesours (tiens, au fait, je ne vois plus trop Lystig sur FB).

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    4. Ah oui, Lystig. Son blog est très très tranquille, et même facebook...

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    5. Etrange... Bon, j'espère que tout va bien...

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  2. AUteur découvert récemment avec l'homme qui parlait la langue des serpents, j'avais aimé son univers particulier..

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    1. Oui, un univers particulier. Particulièrement jubilatoire !;-)

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  3. Mince alors, ça a l'air carrément foutraque ! Je suis très curieuse du coup !

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    1. Foutraque et en même temps d'une cohérence improbable. Un truc de fou ! Je recommande vivement !

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  4. que d'éloges! Il a tardé à venir ton 1er coup de coeur, dis! Bon inconnu au bataillon de ma bibliothèque... :(

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    1. Oui, je commençais à désespérer.;-) De bonnes lectures depuis le début de l'année, très bonnes même pour certaines, quasi excellentes même pour un deux ou livres, mais une telle révélation, non, c'est la première de 2016 ! :-)

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  5. Bon, tu t'en doutes, c'est probablement beaucoup trop barré pour moi.
    Mais je profite pour te taguer, si l'envie te vient...
    http://unmomentpourlire.blogspot.ch/2016/04/tag-le-pourquoi-du-comment.html

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    1. Merci pour le tag. Je vais tâcher d'y répondre mais c'est pas gagné avec mon retard de billets...;-)
      Sinon le roman est assez barré mais c'est du barré étonnamment accessible. En fait, tout l'univers qui y est décrit devient incroyablement normal et naturel. J'dis ça j'dis rien.;-)

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  6. C'est bien vendu, dis donc ! Je le note alors pour l'Estonie, ça a tout pour me plaire ! (pis, en plus, tu cites Riel.)

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    1. Je suis sûre que tu apprécieras.;-) Bon, par contre, le restau estonien, c'est pas gagné...

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  7. je découvre ton billet que je mets si tu veux bien en lien sur le mien !! Je vois que tu partages mon enthousiasme, tu le dépasses même !!! ça pour être barré, c'est barré mais tellement drôle ! En tout cas pour avoir passé qq jours en Estonie, je te dis, c'est une langue super difficile, on n'a que peu de repère en tant que Français !

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    1. Oui, ce roman a fait de l'auteur un de mes auteurs chouchou d'emblée, et ils sont très rares.:-) Prête pour "L'homme qui savait..." et très curieuse de voir lequel des deux je vais préférer ! Je me suis beaucoup intéressée à l'Estonie suite à ma lecture et ça me dit vraiment d'y faire un tour, mais je ne tenterai pas de mettre à l'estonien.;-) J'ai déjà l'italien au programme.:-) A priori, c'est plus raisonnable.;-)
      Avec plaisir pour le lien, je te rajoute aussi.;-)

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