jeudi 6 mars 2014

LAP ! UN ROMAN D'APPRENTISSAGE


LAP !
UN ROMAN D'APPRENTISSAGE

J'ai toujours eu une certaine affection pour Aurélia Aurita que je considère un peu comme la "girl's next door" de la BD. C'est un réel plaisir pour moi de la voir évoluer à travers ses dessins et ses récits dans lesquels elle apparaît toujours authentique et attachante. Il y a beaucoup de fraîcheur, d'humour, de simplicité dans ses oeuvres.

Alors forcément, cette nouvelle BD m'a fait de l'oeil. J'ignorais en plus l'existence du LAP (Lycée Autogéré de Paris) au 393 rue de Vaugirard, et j'étais plutôt curieuse d'en savoir plus sur le sujet. 

"Au LAP, les devoirs et les contrôles ne sont pas obligatoires et il n'y a pas de notes. L'apprentissage est balisé par les Unités de Valeur. Tout est consigné dans le "carnet de bord"C'est à l'élève d'y inscrire lui-même ce qu'il a appris."

Curiosité partagée par Aurélia Aurita qui se donne pour mission de faire un reportage en BD sur ce système éducatif différent, utopique en apparence.

Elle arrive au LAP quelques semaines avant les grandes vacances mais prend rapidement la température des lieux avec la présentation du lycée aux nouveaux candidats, les tests d'entrée et les stages d'accueil, mais également avec l'effervescence de la fin de l'année scolaire qui implique validation des cours, entretiens de réinscription, réunions d'équipe, et un des plus grands événements de l'établissement : la fête des 30 ans du LAP !

Le LAP, ouvert aux élèves en échec scolaire dans le système traditionnel, pourrait se résumer par deux fondamentaux : autogestion et libre fréquentation. Mais il y a bien plus au programme car ce mode de fonctionnement à première vue idyllique encourage une certaine responsabilisation des élèves, leur sociabilisation à travers une vie communautaire et participative (tâches administratives, ménage et cuisine assurés par les professeurs et les élèves), l'intégration à une société dans laquelle ils pourraient trouver et se sentir à leur place. C'est davantage une possibilité de réinsertion sociale que le lycée de la dernière chance (il y a d'ailleurs, en dernier recours, le Lycée Intégral, le Lycée de la Solidarité Internationale, ou le Lycée du Temps Choisi...).

Ce reportage expose également les difficultés des professeurs pour défendre la position du LAP. Ils sont motivés et investis leur mission éducative, mais la gestion de l'établissement est un "cauchemar au niveau administratif". Il y a beaucoup de travail en plus, ils ne sont "pas respectés par l"administration", ils ont le salaire le plus bas, et aucune progression de carrière. 

"On dépend directement du Ministère de l'Education Nationale. Chaque année, on doit se battre pour continuer à exister. Mais on tient le coup depuis 30 ans car globalement, ils sont plutôt contents qu'on soit là."

J'ai trouvé ce reportage bien mené, intéressant, accessible, sensible, mais passé la surprise de la découverte de cet établissement, j'avais l'impression que tout était prévisible, que ça s'est passé comme ça devait se passer, du coup je suis restée un peu sur ma faim. De l'organisation même du LAP, avec ses difficultés, les disputes de ses membres, sa bonne ambiance malgré tout, à l'attachement prévisible de l'auteure pour ce milieu en cours de reportage, tout m'a semblé se dérouler de façon trop lisse, sans surprise. Peut-être que j'espérais être secouée, découvrir quelque chose de plus original encore sur ce milieu... 
Ça reste toutefois instructif, une belle leçon de vie, une jolie histoire d'amitié, de relations humaines, un bel échange d'idées constructives, un rêve merveilleux d'une société qui donnerait sa chance à tous.

Je pressens une suite à ce volume car l'année de reportage n'est pas terminée et Aurélia Aurita s'était engagée à animer un atelier BD à la rentrée. Voilà qui pourrait rendre l'expérience plus intéressante encore !

Reçu des Impressions Nouvelles via l'opération Masse critique de Babelio (d'autres avis ici).
Un grand merci !

10 commentaires:

  1. Réponses
    1. Ah oui, tu n'en avais pas entendu parler non plus ? C'est fou, hein ! 30 ans d'existence pourtant...

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  2. Je n'ai jamais été attiré par le travail de cette dessinatrice dont je trouve le trait absolument affreux. Et pourtant j'ai lu Fraise et chocolat.

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    1. Ah ? Moi j'aime bien son 'tit coup de crayon léger et dynamique qui va à l'essentiel.:-) (toujours pas lu le Dillies en passant, ça m'a l'air franchement brouillon côté dessin, j'ai du mal à passer le cap^^).

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    2. Moi aussi, j'ai lu Fraise et chocolat, devenu un grand sujet de plaisanterie entre Canel et moi parce que je ne retenais jamais le titre et que ça devenait vanille et chocolat, avec l'interprétation que cela implique. Je n'avais pas aimé Fraise et chocolat mais celui-ci est différent. Je devais le recevoir en SP mais il semble que l'attachée de presse ait oublié de me l'envoyer.

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    3. Un peu de retard peut-être, ou livre perdu ?
      Très différent de Fraise et chocolat en effet, de par le sujet, mais on retrouve bien le coup de crayon et le style narratif d'Aurélia Aurita.
      Tiens, il existe une BD qui s'intitule Vanille OU Chocolat, que j'ai lue d'ailleurs.^^ Mais rien de "olé olé" ici.;-)

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  3. le sujet ne m'attire pas mais comme je ne connais pas l'auteur, ça m'intrigue!

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    1. Ah ? Hé bien, tente son "Fraise et chocolat". C'est devenu un grand classique depuis.^^

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  4. Je ne connaissais pas, ni la BD ni ce système de lycée à priori très intelligent pour moi. Bien tentée par cette BD !

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    1. Hé bien, il semblerait que peu de gens soient au courant de l'existence du LAP en réalité ! Ça me rassure quelque part car j'avais l'impression de débarquer en découvrant ce système. On m'aurait dit qu'il existait dans d'autres pays européens, ça ne m'aurait pas surprise, mais en France, ça m'a vraiment étonnée !

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