samedi 29 novembre 2014

LES TRIBULATIONS D'UN LAPIN EN LAPONIE


LES TRIBULATIONS D'UN LAPIN EN LAPONIE

traduit du finnois par Anne Colin du Terrail

J'ai beaucoup hésité avant de me lancer dans ce roman qui semblait me proposer une balade dans le froid nordique en compagnie d'un lapin, même en me souvenant avoir noté ce titre suite au billet très alléchant de Mélopée (ça remonte, comme quoi, tout espoir est permis). La perspective d'une telle aventure peut laisser perplexe, dubitatif, même quand on adore les animaux :
- peur d'une intrigue un peu gentillette.
- crainte d'un récit rocambolesque façon "Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire" qui m'avait laissée de marbre, limite lassée en cours de route, moi qui suis pourtant bon public dès qu'on plonge dans le déjanté et un peu foufou.
- méfiance vis-à-vis de l'humour scandinave, la sauce ne prend pas toujours avec moi, bizarrement.
- inquiétude d'autant plus grande qu'aux dires des experts, l'humour et le style de l'auteur ne sont pas sans évoquer Arto Paasilinna, Tuomas Kyrö étant d'ailleurs considéré par les Finlandais comme son fils spirituel, or, suite à une expérience de lecture plutôt malheureuse, enfin surtout, peu convaincante, avec Prisonniers du paradis, j'avoue frémir au nom de Paasilinna.
J'admets, c'était la seule, pas suffisant pour se faire un avis sur le style de l'auteur, et d'ailleurs, maintenant que j'ai terminé Les tribulations d'un lapin en Laponie, j'ai hâte de me replonger dans l'univers d'Arto Paasilinna (comme quoi, tout espoir est permis). J'hésite à enchaîner sur Le Lièvre de Vatanen, sous peine de frôler l'overdose de lapin/lièvre, et surtout d'intrigues un peu similaires, mais on m'a recommandé récemment La douce empoisonneuse, ce sera donc mon prochain Arto !

Bref, on l'aura compris, contre toute attente, j'ai passé un très très bon moment de lecture avec ce lapin en Laponie. J'ai même beaucoup beaucoup aimé, entre autres, le style de l'auteur, léger, plein de vie et savoureux, qui coule tout seul, avec des observations et réflexions qui font toujours mouche, son humour malicieux, moqueur mais pas méchant, plutôt emplie de tendresse pour ses pairs à qui il décoche de multiples clins d'oeil, la structure narrative en elle-même, qui alterne différents personnages et situations, cassant la linéarité d'un récit qui aurait pu vite tourner au monotone.

"On se mariait certes encore dans les églises, mais Dieu avait quitté les lieux, déserté cette planète pour la galaxie suivante.
Usko Rautee racla le fond du pot et ressenti la présence de Dieu. Le yaourt promettait à l'homme stressé d'aujourd'hui ce que l'Église lui faisait auparavant miroiter. La vie éternelle, un bon équilibre psychique, plus d'énergie au travail et le paradis après la pénitence."

Un récit qui n'a l'air de rien au premier abord, qui semble léger, qui a l'air d'une grande farce multipliant les situations abracabrantesques, avec parfois des allures de contes - d'ailleurs, c'est un très joli conte de fées moderne, avec un lapin en guise de fée - mais dont l'intrigue est plus "complexe" qu'il n'y paraît dans son développement et ses réflexions. Un récit d'où il ressort beaucoup de vitalité, d'émotions diverses, on passe du (sou)rire au pincement de coeur, pour terminer par un grand sourire. C'est un récit plein d'optimisme aussi, bien qu'à plusieurs reprises, en cours de lecture, j'enrageais de tous les malheurs de notre Roumain qui, à chaque fois qu'il semblait voir le bout du tunnel, s'y enfonçait encore davantage.
Ah oui, l'histoire, en quelques mots, c'est celle de Vatanescu, qui n'a qu'un rêve en tête : pouvoir offrir des chaussures à crampons à son fils. C'est pourquoi il quitte sa Roumanie natale pour mendier sur les trottoirs d'Helsinki, sous la surveillance d'un trafiquant russe, Iegor Kugar (rien que ces passages valent le détour, tellement c'est n'importe quoi, mais du n'importe quoi finement amené). De mendiant, il se retrouve finalement en fuite, sans papiers mais toujours à la recherche de moyens de subsistance, sur les routes de la Laponie, en compagnie d'un lapin dont il a sauvé la vie (là encore, du n'importe quoi mais qu'on avale sans s'étouffer). Il croisera sur son chemin toute une galerie de personnages hauts en couleur, à travers lesquels nous seront dépeints les us et coutumes et les travers des Finlandais. J'ai aimé l'innocence de Vatanescu, son ingénuité qui, avec son lapin, lui ouvre finalement toutes les portes, mais non sans difficultés.

Bref, un récit qui ne manque ni de rythme ni de fraîcheur !

Intègre le   et le 
Finlande => 5/28

14 commentaires:

  1. Mais ça a l'air complètement bizarre ma parole, et la couverture ne m'attire pas spécialement. ceci dit l'extrait que tu as mis rattrape le reste. Je ne vais donc pas me jeter dessus mais je note dans un coin de ma tête le nom de l'auteur (dont je n'avais jamais entendu parler)et le titre qui est beaucoup plus facile à retenir.
    Bon dimanche

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    1. Ah oui, dans les points participant à ma réticence à lire ce roman au départ, il y avait la couverture aussi !^^ Mais la version poche est parue et la couverture est plus sobre et classique, et donc plus attrayante.;-) En tout cas oui, il faut passer outre toute crainte et ne pas hésiter à se plonger dans ce récit, il vaut largement le détour. Bon début de semaine !

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  2. Un titre un peu bizarre qui me ferait hésiter aussi.
    Merci pour ta participation à mon challenge et bon dimanche.

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    1. Je rempile pour le prochain tour évidemment ! Bon début de semaine.

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  3. Oh, vachement contente que t'aies aimé ! Ça fait penser à du Paasilinna et on se dit que ces Finlandais ont décidément pas mal de ressources.

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    1. Ça c'est vrai, les auteurs finlandais sont assez agréablement surprenants et ont de la ressource. J'avais lu un autre auteur, Kari Hotakainen, qui m'avait bien plu aussi. Il me faut juste oublier mon unique expérience de lecture paasilinnienne et tenter un autre de ses romans pour en être définitivement convaincue.:-)

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  4. Mais ce lièvre de vatanen est très bien, tu sais. Le cantique de l'apocalypse joyeuse aussi.
    Bref, vas y. mais sans en abuser.
    Côté chat : c'est le drame! (si)
    La bête a refusé de manger et dormir dans son garage, heureusement elle avait un plan B, dans une remise chez la voisine (j'habite un semi village, heureusement). je la nourris, elle se débrouille. Comme ça commence à cailler et que les ouvriers ne sont pas encore là, elle passe la journée dedans (12 degrés) et la nuit dehors. Jusqu'à?
    Mais pourquoi ce changement?
    hé bien un chat abandonné et plus nourri (finalement , c'est sûrement lui qui mangeait les croquettes de ma louloute) squatte mon garage, au grand dam de la mienne.
    Tu as deviné la suite : j'achète des croquettes jeune chat pour le squatteur... Pour l'instant il est super craintif et se cache dans le fouillis qu'est devenu le garage.
    Affaire à suivre.

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    1. Aaaah mais tu me rajoutes du choix dans ma sélection, alors que j'espérais qu'on m'aiderait à le restreindre ! Pour le lièvre de Vatanen, je préfère passer pour l'instant car la thématique lapin/lièvre est encore trop fraîche dans ma tête, même si je ne doute pas que ce soit un récit un poil différent.
      Bon alors ce pauvre chat ! Chassé de son garage par un squateur de matou, si c'est pas un comble ! Bon, ça se trouve tu vas te retrouver avec 2 chats quand tu ré-emménageras chez toi, comme Géraldine. Reste à ce qu'ils s'entendent bien, ça n'a pas l'air gagné cette affaire !

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  5. J'ai deux bouquins de Paasilinna dans ma pal alors J'essaierais d'en lire un très bientôt puis j'enchaînerais avec celui ci en l'empruntant ^^

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    1. Curieuse de ton avis sur Paasilinna. J'espère que ce n'est pas "Prisonniers du paradis" que tu as dans ta PAL ! Enfin, en même temps, ça se trouve tu saurais apprécier.:-)

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  6. Je crois que c'est un titre pour moi, je suis plutôt très bon client avec ce type de texte.

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    1. Je pense aussi, et tu ne m'as pas l'air trop hermétique à l'humour nordique, donc ça devrait bien passer.:-)

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  7. Je le note pour plus tard ! J'aime beaucoup les romans finlandais et j'avais bien aimé le lièvre d'Arto. Ca peut donc tout à fait me plaire !

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    1. Oui, je pense que tu sauras apprécier. Tu as déjà des dispositions pour.:-)

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Bon, je modère ou je vous laisse prouver de la façon la plus tordue que vous n'êtes pas un robot ? Je modère, hein ?^^

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