vendredi 6 novembre 2026

BRUSSAILES


Joli jeu de mot bien trouvé qui a attisé ma curiosité. Brussailes. Bien sûr, on est à Bruxelles, assez bien décrite par endroit pour qu'on n'ait aucun doute. Brussailes à hauteur d'oiseau et dans leur langage. Ici, par exemple, les voitures sont des vrombes.😆

Le postulat de départ est plutôt simple et la quatrième de couv le résume parfaitement, sans une ligne de trop : "À Brussailes, depuis le printemps, des oeufs se volatilisent. Le Parlement des Oiseaux décide de tirer au clair ces disparitions mystérieuses. La mission est confiée à un trio bigarré : Jaboterne, un pigeon lunaire, Sept, une corneille acariâtre, et Chantperdu, un rouge-gorge tapageur. En huit jours, d'un bout à l'autre de la ville, cette équipe improbable va devoir résoudre l'affaire... quitte à y laisser des plumes."

Mais voilà, on croit s'embarquer dans une histoire gentillette et divertissante et on se laisse complètement enchanter par une fable animalière pétillante aux allures de thriller, avec son lot de dangers et de suspense, qui nous régale par son humour et son originalité.
Ah ça, on a affaire à une intrigue pas si simpliste. Je dis ça aussi parce que je me suis fait avoir par un retournement de situation inattendu.😆 Ensuite, ça va crescendo. Sans parler d'une scène qui m'a serré la gorge...

J'ai été frappée dès les premières pages par le style soigné, fluide, très agréable de l'autrice, Éléonore Devillepoix. Rien de trop alambiqué, pompeux ou scolaire avec moult clichés stylistiques comme dans certains romans jeunesse, YA. Elle a un vrai talent de conteuse qui happe d'emblée le lecteur. D'ailleurs, je précise "jeunesse", mais c'est le genre de 12 à 77 ans et plus.

Ce qui m'a particulièrement marquée, c'est de réaliser à quel point je n'y connaissais rien en oiseau ! Mes connaissances se sont toutefois nettement améliorées ici, de manière plutôt ludique et divertissante. Chaque oiseau a son petit caractère propre à son espèce (très drôle la façon dont l'autrice l'illustrait à travers ses personnages : les pigeons ne sont pas les plus futés des oiseaux, les corneilles sont opportunistes...), son alimentation et son mode de vie bien spécifiques... Certains oiseaux sont par exemple territoriaux, d'autres pas, certaines espèces ne chantent pas, etc ... Bon, bien sûr, il y a un mixte entre les observations scientifiques et notre perception très subjective. En fait, c'est comme si leur point commun, c'était de pouvoir voler. Pour le reste, chaque espèce est aussi différente qu'un chat d'un chien. C'était assez fascinant d'en prendre conscience.

En tout cas, on s'attache fortement à ces oiseaux. Je ne l'aurais jamais cru !
Et je ne suis pas loin du coup de coeur. Ça non plus, je ne l'aurais pas cru possible s'agissant d'une histoire d'oiseaux.
C'est une histoire qui pourrait faire un très beau film d'animation. Au moment où j'écrivais cette ligne, j'ai procédé à une petite vérification, et ouiiiii, c'est en cours d'adaptation, sous le titre Vol-au-vent.

Les illustrations sont de Kateřina Boudriot Bažantová
Un extrait pour la route :
"Sur un pan de mur, une grande toile aux couleurs sombres représentait des humains chevelus. Leurs yeux remplis d'adoration étaient tournés vers un oiseau blanc auréolé de lumière, qui volait au-dessus d'eux avec un rameau d'olivier dans le bec.
- C'est un pigeon, non ?
- Ça ne veut rien dire, c'est juste une image collée sur un mur...
- Mais si, c'est un pigeon ! Les humains pensent que l'Esprit est un pigeon !
- ...
- De toute façon, les humains sont une espèce complètement débile, conclut Chantperdu."

Intègre

L'autrice
Née en 1991, Éléonore Devillepoix est une autrice française de l'imaginaire.

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