mercredi 16 septembre 2020

ANIMAL FARM


ANIMAL FARM

( LA FERME DES ANIMAUX )

Bon, ce n'est pas de la RL toute fraîche que je sors des étagères, c'est un vieux truc, classique on dit, sorti du fin fond de ma PAL et lu pendant le Confinement. Mes impressions de lecture jetées en brouillon datent aussi de cette époque et ma foi, elles ne se sont pas trop mal conservées, aussi vais-je les servir telles quelles (en rajoutant un peu de liant tout de même).

J'ai toujours eu beaucoup de réticence à lire cet incontournable orwellien, et pourtant j'adore George Orwell, mais je ne sais pas, quelque chose ne m'inspirait pas dans cette fable animalière (et pourtant j'adore les fables et les animaux anthropomorphes) présentée comme une satire de la dictature soviétique (c'est peut-être ça... Je craignais sans doute un récit un peu trop complexe, subtil et politique pour mon entendement... et aussi, une fois ce court roman résumé ainsi, on a l'impression d'avoir fait le tour du livre et de ne pas avoir vraiment besoin d'en savoir plus).

Bref, je m'y attelle tout de même, histoire de combler mes lacunes culturelles et profitant d'un moment de motivation inopiné, et ça n'a pas raté, petit blocage au début ! Les premières pages, j'étais hésitante, je ne savais pas trop par quel bout prendre cette histoire, sous quel angle appréhender les animaux. Je savais qu'ils représentaient des êtres humains mais je pensais que tout allait vraiment se jouer à hauteur animale, avec leurs limites physiques. Aussi ai-je tiqué quand ils ont commencé à lire des livres, écrire avec notre alphabet, faire tous les travaux de la ferme sans réelle difficulté, bâtir, utiliser l'électricité pour leur confort...
Or dès lors qu'on accepte qu'ils parlent, on peut bien accepter tout le reste, me suis-je dit dans un moment d'ouverture mentale, et c'est là que j'ai commencé à me détendre, à entrer vraiment dans la fable et à véritablement l'apprécier (quel régal en fin de compte, même si c'est glaçant !).

Je ne vais pas me lancer dans l'analyse de texte, je vais juste me contenter de confirmer, comme bien d'autres avant moi, qu'Orwell, ici, démontre formidablement bien les mécanismes derrière la montée et la mise en place insidieuse et sournoise des dictatures, quelles qu'elles soient.
Ça commence par une cause qui rallie tout le monde, la lutte contre un ennemi commun. Se libérer d'une forme d'oppression, voilà un bon prétexte ! Puis s'ensuivent la mise en place du travail en commun pour le bien de tous, les hymnes à la gloire des têtes pensantes, l'élimination radicale des ennemis et suspects, les mensonges, la manipulation des esprits, une bonne dose de démagogie, l'usage de la force et de la menace, les procès, la répression, les exécutions massives pour l'exemple et la dissuasion des rébellions, la reformulation des lois à l'avantage des dirigeants, l'usage du pouvoir pour leur profit personnel et clairement au détriment du peuple, l'injustice flagrante et le creusement des inégalités dans la répartition des richesses et des biens, la culpabilisation du peuple quand celui-ci doute... 
Aaah j'enrageais de la crédulité du peuple qui continuait de croire dur comme fer que les dirigeants agissaient pour leur bien malgré leur misère évidente, les injustices et leurs conditions de vie pires qu'avant la rébellion. Ils se mettent des oeillères parce qu'ils sont malgré tout libres de l'ancien oppresseur, et leur peur et leur malaise quand ils doutent ou se méfient sont tels qu'ils finissent par se conformer tout de même aux règlements en cours malgré leur bêtise flagrante, en s'autocensurant. 
Une grande mascarade, quoi ! Comme on le voit encore aujourd'hui même dans les démocraties...

Le danger de l'ivresse du pouvoir, que ce soit chez l'homme, le cochon, ou autres, finalement le résultat est le même. Et l'illustrer à travers les animaux de la ferme est particulièrement bien pensé car les caractères qu'on leur connaît sont exploités de manière particulièrement judicieuse et amusante pour refléter tous les petits travers humains à s'y méprendre.
J'étais limite en suspense au dernier tiers du livre, à me demander comment tout cela allait se terminer et j'ai beaucoup, beaucoup aimé la morale finale à laquelle je ne m'attendais pas !

Je me rends compte que j'ai quasiment raconté l'histoire de ce roman dans ses grandes lignes, m'enfin, il y a un gouffre sans fin entre ma plume et le talent de conteur d'Orwell. Se passer du plaisir de savourer sa fable en pensant, comme moi à la lecture du résumé, en savoir assez sur le sujet et donc sur le livre, est une erreur absolue !

Orwell est brillant, comme toujours !
Bon, que me reste-t-il d'ailleurs à lire parmi ses oeuvres ? 

12 commentaires:

  1. Ah j'ai lu ce roman il y a si longtemps (avant 1988, ça c'est sûr) mais je n'ai pas oublié les grandes lignes (et c'est là que tu as la fameuse citation sur les gens égaux, mais)

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    1. Je ne pense pas que ce soit le genre de livres qui s'effacera de ma mémoire de si tôt. Bon, on verra quand même dans 30 ans si je m'en souviens aussi bien que toi.:)

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  2. Un excellent livre ! Il arrive à nous faire penser encore...

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    1. Oui, un livre qui résonne encore fortement aujourd'hui. C'est terrible d'ailleurs quand on y pense.

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  3. Une couverture très spéciale qu'on remarque facilement et un auteur que je n'ai jamais lu ! Les classiques et moi...!!!
    Bonne soirée.

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    1. Ah c'est dommage, tu passes à côté d'un auteur génial et d'un petit livre formidable ! (dis-je alors que j'y ai mis le temps^^)

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  4. un régal! je l'avais lu en anglais au lycée et j'avais adoré. j'avais aussi beaucoup aimé 1984, je n'ai rien lu d'autre de cet auteur depuis.

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    1. Ce sont ses deux ouvrages les plus lus et connus. J'ai lu aussi "Dans la dèche à Paris et à Londres", un récit dans un tout autre style et un tout autre esprit, et j'avais adoré aussi !

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  5. Bon manifestement, tu es prête, tu maîtrises parfaitement "la dictature et son mode d'emploi" !
    Lu l'année dernière en audio. Etonnée au premier abord, ne sachant pas trop où Orwell voulait en venir (j'ignorais le sujet de la dictature soviétique en entament ma lecture), puis j'ai adoré !

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    1. Ahaha oui, je pourrais faire un petit tuto.;)
      Je me souviens de ton billet. Peut-être est-ce toi qui m'a subitement motivée à me lancer enfin d'ailleurs.^^

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  6. Un chef d'œuvre lu il y a fort longtemps mais tellement marquant que je m'en souviens encore parfaitement.

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    1. Je pense que je m'en souviendrai encore longtemps aussi !

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Bon, je modère ou je vous laisse prouver de la façon la plus tordue que vous n'êtes pas un robot ? Je modère, hein ?^^