dimanche 19 février 2006

CALCULATING GOD


CALCULATING GOD
  
C'est de la SF assez différente de ce que j'ai pu lire jusqu'à présent, tout d'abord parce que nos aliens débarquant sur Terre (et à Toronto de surcroît, pas dans une grande ville américaine comme on en a l'habitude) ne sont pas de vilains envahisseurs mais tous simplement des scientifiques qui ne cherchent qu'à faire leur travail de scientifiques et d'explorateurs de l'univers. Ils ne sont d'ailleurs pas là non plus pour faire forcément copain/copain avec les humains, mais recherchent tout de même leur coopération pour mener à bien leurs recherches scientifiques concernant tout bonnement les origines de la vie et de l'univers, et les relations humain/alien se construisent naturellement comme dans toute relation humaine. On pourrait d'ailleurs imaginer ces aliens comme des humains d'un nouveau continent de notre planète, si ce n'est leur physique particulièrement extraterrestre. Bon, on n'échappe pas aux situations loufoques entraînées par ce genre de contexte qui confronte deux civilisations différentes, et le comportement humain ressort comme toujours absurde vu d'un oeil extérieur.

C'est aussi la première fois que je lis un roman SF abordant un thème qui m'est assez cher, la place de Dieu dans l'univers, ou plus simplement d'une entité à l'origine de tout, en mettant en vis-à-vis les éternelles théories créationnistes et évolutionnistes, les étendant donc à d'autres univers, grâce aux faits scientifiques apportés par nos aliens. La lecture en est intéressante mais le débat reste ouvert, jusqu'à la dernière page. Dommage, j'aurais aimé que l'auteur prenne une position quelconque à ce sujet, histoire d'aller au bout de ses argumentations (dans un sens ou l'autre). Et l'on n'est pas plus renseigné sur les réels desseins du Programmeur de la Vie, si tant est que l'on suive la position des créationnistes. La fin, c'est un peu n'importe quoi par ailleurs, vraiment trop surréel, mais bon, c'est le choix de l'auteur.

Sinon la trame du roman en soi est plutôt dramatique malgré les nombreuses touches d'humour, le paléontologue canadien en contact avec nos aliens étant en phase terminal d'un cancer des poumons, cette partie n'est vraiment pas gaie à lire, mais ça a clairement permis à l'auteur de le confronter à des dilemmes métaphysiques aux conséquences étonnantes.

Mon premier roman de SF d'un auteur canadien contemporain qui a priori est bien connu dans le milieu (il a gagné les prix Hugo et Nebula pour un autre de ses romans), et probablement pas le dernier car pour moi, sans être aucunement exceptionnel, ni génial, il sort du lot.

2 commentaires:

  1. Merci !! Enfin une critique objective, enfin quelqu'un qui a compris le livre !
    Par contre, je suis pour le fait que l'auteur ne donne pas son avis à la fin. Pour une fois que quelqu'un essaie de nous faire réflechir !
    Seule partie un peu décevante du livre (à mon avis), c'est la fin, trop courte. J'aurais aimé en apprendre plus sur Wibadal (en espèrant qu'il ait le même nom en français).

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    1. Merci pour ces compliments !:) Tant mieux si mon petit billet suscite une réaction qui va dans le sens de l'échange d'avis.
      Il ne me reste malheureusement qu'un vague souvenir de la fin car ça fait un moment que j'ai lu ce livre, mais d'une manière générale, j'aime quand un roman va jusqu'au bout de ses idées et de ses argumentations, ça n'empêche pas, à mon sens du moins, le débat et la réflexion chez le lecteur.
      Un exemple de lecture récente qui m'a fait réfléchir et m'a mise dans tous mes états car je n'approuvais pas la "prise de position" de l'auteur (façon de parler), c'est Le dîner de Herman Koch. J'ai détesté les points de vue qu'il défendait, en revanche j'ai apprécié qu'il les défende jusqu'au bout.

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Bon, je modère ou je vous laisse prouver de la façon la plus tordue que vous n'êtes pas un robot ? Je modère, hein ?^^