mardi 25 août 2026

THE WOMAN WHO LOST HER SOUL


( LA FEMME QUI AVAIT PERDU SON ÂME )

Ou la lectrice qui avait failli y laisser son âme. 😅

Recommandé par mon libraire il y a quelques années, je ne me suis jamais précipitée vu le pavé (près de 900 pages) et quelque chose dans ses arguments m'avait déjà tenue à distance. Maintenant que j'y repense, je crois que c'était le mot "espionnage" au milieu d'une multitude d'autres thèmes. Je l'ai toutefois gardé dans un coin de ma tête car il était très enthousiaste et convaincu que je ne pourrais qu'adorer aussi, sans compter que c'est chez Gallmeister et que ce roman a été finaliste du prix Pulitzer 2014. J'ai profité de cet été pour le caser enfin.

Je renonce à pitcher ce pavé plutôt dense sous peine de trop en dire, le résumé de l'éditeur est juste parfait :
"Jackie Scott, alias Renee Gardner, aussi connue sous le nom de Dottie Chambers ou Dorothy Kovacevic, est retrouvée morte au bord d'une route en Haïti.
Qui était-elle réellement et dans quelles circonstances vient-elle de disparaître ce jour de 1998 ?
Nombreux sont les hommes qui aimeraient répondre à ces questions et comprendre cette femme qui les obsède. De l'avocat Tom Harrington au membre des forces spéciales américaines Eville Burnett, chacun tente de rassembler les pièces du puzzle. Mais comment percer le mystère de cette fille de diplomate, familière depuis toujours de ceux qui façonnent l'histoire dans l'ombre des gouvernements?
Une fresque envoûtante qui traverse cinq décennies, aux accents shakespeariens, entre histoire d'amour, thriller et roman métaphysique."

Alléchant, non ?

Ce roman se déroule en cinq parties. Les trois premières étaient plutôt prometteuses, captivantes, par moment même haletantes, sollicitant tout de même attention et neurones, nous menant d'Haïti en Turquie en passant par la Croatie, ce qui a éveillé chez moi une lubie "explorer davantage la littérature de ces pays". 
Ce n'est pas le page-turner immédiat où l'on se dit qu'on ne fera qu'une bouchée de ce pavé, mais l'auteur, Bob Shacochis, sait créer le suspense même s'il prend le temps de poser une atmosphère et de bien camper ses personnages. J'étais bien accrochée mais j'aurais, d'emblée, préféré une intrigue plus dynamique. Cela dit, même si ça ronronne par moment, certains chapitres rebattent subitement les cartes et redynamisent l'intrigue, bousculant nos non-certitudes. Il y a certaines pages que j'ai lu en apnée.

J'ai dévoré la partie Croatie, absolument horrifique en terme d'événements, mais incroyablement hypnotique. Par contre, on a vraiment le sentiment que l'auteur croit que tout le monde est parfaitement calé en matière de géopolitique mondiale... Ce n'était déjà pas simple à Haïti avec tous les complots et toutes les implications politiques, diplomatiques et religieuses, mais on n'est pas épargné non plus dans les parties qui se déroulent en Croatie et en Turquie.
J'ai beaucoup aimé, cela dit, le renouvellement de personnages et le changement de ton dans chaque partie. On est vraiment dans une ambiance très différente à chaque fois, même si c'est tout aussi tendu. Et comme on suppose que tout est lié, c'est d'autant plus palpitant.

Et puis à la quatrième partie, un basculement malheureux, un changement de dynamique, de perspective, de personnage principal... J'ai commencé à m'embourber dans l'intrigue, à ressentir un profond ennui à chaque page, ennui qui s'est intensifié jusqu'à la fin malgré un retournement de situation diabolique et quelques rebondissements saisissants, la faute à des longueurs pesantes et des détails insignifiants qui auraient mérité un coup de snip snip éditorial. Je me suis fait violence pour aller jusqu'au bout, espérant un regain d'intérêt justifiant ma ténacité, mais j'avais déjà complètement décroché à la cinquième partie, lisant en mode automatique jusqu'au point final.

C'est une histoire puissante, terriblement perturbante, illustrant une famille complètement détraquée (les accents shakespeariens du résumé), hélas diluée dans trop de longueurs et de détails inutiles.

LC avec Stéphanie qui en a fait un coup de coeur (tout comme mon libraire donc), lecture très mitigée pour Sarah et moi, et d'une manière générale, si je me fie aux avis, c'est soit la grande révélation, soit ça nous laisse un peu sur le bord au final. C'est toujours fascinant ces disparités dans les goûts et perceptions. Je ne saurais donc ni le recommander ni le déconseiller...

Intègre et
📚 792 à 868 pages suivant l'édition.

L'auteur
Bob Shacochis, né en 1951, a publié en 1985 son premier ouvrage, lauréat du National Book Award. Membre des Peace Corps, il a été envoyé pour plusieurs missions dans les Caraïbes, et notamment à Haïti, où il retournera en 1994 comme correspondant de guerre pour Harper's. Il passera dix ans à l'écriture de La Femme qui avait perdu son âme qui a remporté un immense succès aux États-Unis et a été finaliste du prix Pulitzer.

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