Toujours dans ma lubie "lire du théâtre", j'ai jeté cette fois mon dévolu sur cette pièce qui aurait été inspirée (ce que l'auteur, Jean Genet, a toujours nié) de l'affaire des soeurs Papin, un fait divers sanglant survenu en 1933 et dans lequel, les deux soeurs, alors employées de maison, ont commis un double meurtre sur leurs patronnes.
Résumé de l'éditeur : "Claire et Solange travaillent pour Madame, une riche bourgeoise autoritaire. Dès qu'elle est sortie, l'appartement devient le théâtre d'une étrange cérémonie : tandis que l'une se glisse dans la peau de la maîtresse, l'autre se fait criminelle et tente de l'achever. L'espace d'un instant, combattant leur sentiment d'échec et d'impuissance, les bonnes oublient leur condition. Mise en scène macabre, leur délire est cathartique. Mais, peu à peu, fantasme et réalité se superposent, au point de plonger les deux soeurs dans la folie. Jusqu'où pousseront-elles le jeu ?"
Bon, déjà ça commençait mal, avec trop d'indications scéniques et de consignes hyper méga précises et strictes (on aurait dit un règlement intérieur, un contrat juridique, bref, le truc pas fun, presque étouffant, qu'on lit avec les yeux qui se croisent) dans cinq pages introductives (de Jean Genet) intitulées "Comment jouer "les bonnes" " (et même par la suite dans le texte...*). À cela s'ajoutent de multiples annotations (de Michel Corvin) en renvoi de page qui ont parasité ma lecture et que j'ai d'ailleurs fini par arrêter de lire.
*(exemple) Les metteurs en scène doivent s'appliquer à mettre au point une déambulation qui ne sera pas laissée au hasard : les Bonnes et Madame se rendent d'un point à un autre de la scène, en dessinant une géométrie qui ait un sens. Je ne peux dire lequel, mais cette géométrie ne doit pas être voulue par de simples allées et venues."
Ensuite le jeu auquel se prêtaient les deux soeurs était tellement tordu et délirant que j'ai eu, par moment, du mal à distinguer véritablement ce qui se tramait, qui faisait qui, qui faisait quoi, qui était qui, qui disait quoi, qu'est-ce qui était fantasme et qu'est-ce qui était réalité...
Malgré tout, j'y ai trouvé un certain intérêt, ce n'était pas toujours brumeux^^, ça ne me semblait juste pas très fluide, sans parler de tous ces parasitages dont je parlais plus haut.
Bref, pour moi, ça m'a paru typiquement comme la pièce à voir jouer sur scène plutôt qu'à lire.
J'ai d'ailleurs visionné par la suite quelques extraits de diverses adaptations de la pièce jouée sur scène et je dois dire que ces passages obscurs à la lecture ont tout de suite pris plus de sens, rien que par l'intonation des voix, l'intention des gestes, la rythmique, les silences, le jeu des actrices en somme.
Je pense que je joue mal dans ma tête, c'est peut-être pour ça que j'ai parfois du mal à apprécier pleinement certaines pièces quand je les lis.😆
Mon édition intégrait deux versions : la première, éditée en 1947, et la définitive en 1968. J'ai lu (plus ou moins) attentivement cette dernière et parcouru rapidement celle de 1947. Les changements m'ont semblé minimes, sur des petits détails qui devaient avoir leur importance pour l'auteur, et peut-être un peu d'élagage.
L'auteur
Né de père inconnu à Paris en 1910, Jean Genet est un romancier, dramaturge et poète qui a mené une vie errante de révolté marqué par l'univers carcéral. Il est mort à Paris en 1986.

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