Le récent billet d'Anna Kronik m'a remis en mémoire ce roman de Sandrine Collette qui, non seulement, rentrait dans la thématique maritime, mais me tentait assez pour ENFIN découvrir la plume de cette autrice réputée.
Un volcan s'est effondré dans l'océan, provoquant une vague titanesque qui a recouvert une partie du monde. Pata, Madie et leurs neuf enfants font partie des rescapés. Leur maison, perchée en haut d'une colline, les a épargnés du raz-de-marée. Mais plus pour très longtemps. Six jours après la catastrophe, les secours n'arrivent toujours pas, la nourriture se raréfie et pire... l'eau recommence à monter. Il leur faut partir de leur île au plus vite et tenter de rejoindre les hautes terres. Mais leur barque ne peut tous les contenir. Il va falloir choisir entre les enfants...
Ah c'est violent ! me suis-je exclamée avec un petit rire de soulagement en lisant le dernier paragraphe.
Voici un des romans les plus terrifiants que j'ai lus ces derniers temps. Un roman très noir, d'emblée sans espoir ni concession, dont l'ambiance horrifiante empire au fil des pages, avec une vibe "conte des temps anciens" qui vous souffle quelque chose de mystique et d'inquiétant. La façon de raconter les événements avec cette insistance sur des appellations tels "les petiots" pour les enfants, ou "Pata" pour le père, m'a un peu agacée au début, de même ces phrases mi-oralisées, des effets de style trop marqués à mon goût, mais rien à reprocher à l'écriture sinon.
Je pensais au début que l'intrigue porterait tout le long sur le choix des enfants à sauver, mais non, cela s'est réglé dès le premier chapitre. L'enjeu était ailleurs. Récit de survie et de désespoir, on suit d'abord celui des enfants abandonnés sur l'îlot, puis celui des parents et des autres enfants dans leur barque, le père et la mère tenaillés par la culpabilité face à des choix impossibles. L'EN-FER, que l'on soit resté sur la colline émergée ou qu'on ait tenté le voyage en mer. Des épreuves sans fin et répétitives, ça finissait par en devenir éprouvant. On continue pour voir s'il y a un retournement de situation à un moment, mais l'attente finit par être longuette même si le roman n'est pas si long.
Et puis, les premiers morts. Ça devient de plus en plus désespéré et morbide parce qu'on sait que n'importe qui peut y passer. Qui sera le prochain ? En même temps, les personnages ne sont pas assez attachants (malgré les appellations "petiots", "Pata" & co) pour qu'on vibre vraiment d'horreur, on est juste spectateurs d'une fatalité, sans être vraiment investi dans l'histoire (on = moi).
Il y a quelques rebondissements qui nous sortent de la monotonie de la situation, certains qui redonnent de l'espoir, mais non, oubliez l'espoir, il n'y a jamais de répit dans cette intrigue, jamais de vrais arcs-en-ciel après les violentes tempêtes qui s'enchaînent, les personnages sont constamment ballotés par une autrice folle qui semble avoir juré de les tourmenter et qui le fait avec un acharnement démentiel parce qu'a priori, ce qu'ils traversent est encore trop doux, ils ont encore trop de chance dans l'épreuve.
Jusqu'à ce dernier retournement de situation, pas un vrai espoir, y en a-t-il vraiment eu, mais c'est la seule fois où l'on ose se dire, sait-on jamais, tant que la dernière page n'a pas signé leur mort à tous... et là, j'ai beaucoup aimé ! Beaucoup, beaucoup ! Une fin ouverte, mais assez lumineuse, porteuse d'espoir, une tournure des événements qui m'a fait revoir mon jugement très colère sur le développement de l'intrigue depuis le début et rendu finalement admirative de la construction narrative. J'en aurais presque remercié l'autrice que j'avais presque fini par haïr de tant de souffrance infligée à ses personnages... et au lecteur.
Total à date => 36 points (352 pages + LC + BTEM1).
⚓Et bim, me voici lieutenant !
L'autrice
Sandrine Collette, née en 1970, est une romancière française. Elle partage son temps entre l'écriture et ses chevaux dans le Morvan.


Oui mais non....je veux de l'espoir en ce moment....et beaucoup de licornes...;)
RépondreSupprimerJe te comprends. Je devais être dans ce mood moi aussi.:)
SupprimerMouiii, bof... J'ai l'impression que l'autrice utilise souvent ces fins ouvertes et presque optimistes pour qu'on reste sur une bonne impression... quoique je n'ai lu que deux de ses romans, dont un où j'ai oublié la fin. Je suis donc mal placée pour en juger, mais bon, c'est fait, je connais et n'ai pas envie de la lire de nouveau.
RépondreSupprimerJe ne regrette pas cette lecture finalement, mais j'ai l'impression aussi d'avoir eu un bon aperçu du style et des ressorts narratifs de l'autrice et je pense que ça me suffit.
SupprimerCe roman est mon préféré de Sandrine Collette, une auteure parmi mes préférées.
RépondreSupprimerJe n'ai pas trouvé que l'auteure cherchait à tourmenter cette famille, mais j'y ai vu un périple tel une véritable tragédie, une odyssée semée de pertes et de douleurs, un trajet de courage et d'amour et on souffre avec cette famille si attachante (oui, oui). Et puis quelle beauté d'écriture !
C'est toujours intéressant les différences de perception autour d'un livre d'un lecteur à l'autre. J'ai un peu trop senti l'autrice à l'oeuvre pour ma part, même si elle m'a bien eue sur la fin.:)
SupprimerTout ça a l'air bien sombre, pas sûre que j'ai envie de m'accrocher pour lire ça !
RépondreSupprimerC'est très sombre, oui, je préfère prévenir.
SupprimerLa thématique m'a l'air bien trop sombre, je ne suis pas sûre d'adhérer malgré la fin plus ouverte. Mais on ne sait jamais...
RépondreSupprimerC'est toujours une expérience de lecture intéressante, mais il faut avoir le coeur bien accroché.;)
SupprimerZut, je crois que je l'ai balancé dans une boîte à livres !!
RépondreSupprimerBalancé, carrément.;)
SupprimerJe pense qu'il est dans ma PAL, mais je ne l'ai pas encore lu. J'avais peur d'un scénario catastrophe, mais tu me ferais bien changer d'avis
RépondreSupprimerAh c'est quand même un scénario catastrophe, mais si tu es familier de l'autrice, je pense que tu sais à quoi t'attendre.:)
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