dimanche 29 janvier 2017

UN YAKUZA CHEZ LE PSY


UN YAKUZA CHEZ LE PSY

traduit du japonais par Jacques Lalloz

Ouhlala ! Quel désenchantement par rapport au premier volet, Les remèdes du docteur Irabu, que j'avais adoré ! J'en avais même dit "ce livre, il s'en est fallu de peu pour que je crie au "excellent" tellement j'ai passé un moment de lecture savoureusement inattendu !"
Je savais à quoi m'attendre et j'en redemandais, pourtant le contexte a de quoi inquiéter. Il avait cependant fait ses preuves au premier volume. J'en disais encore "c'est loufoque, barré, absurde par moment, ça frise le grand n'importe quoi et on frôle le 10è degré avec ce docteur au comportement infantile et son infirmière dont on ne s'expliquera jamais le rôle, mais les problèmes de ces patients sont réalistes, profonds et identifiables, on comprend parfaitement ce qu'ils ressentent et endurent, et l'auteur, Hideo Okuda, excelle dans la description de leur situation et leur état d'esprit, tout en imaginant une solution à leurs souffrances de façon plus subtile et intelligente qu'il n'y paraît."

Ici, le docteur Irabu m'a semblé franchement grotesque et lourd, et je n'ai rien vu de drôle ni d'intéressant dans quasiment aucune des situations des patients (à se demander et à me faire douter de ce que j'ai aimé dans le premier).
L'effet "suite" sans doute, une déconvenue qui m'a un peu rappelé mon immense déception avec la série des animaux de Kenneth Cook. L'effet de surprise passé, un début de lassitude, et surtout, ici, des thématiques qui, cette fois, me parlaient moins (un yakuza phobique des armes (c'eût pu être franchement drôle pourtant), un trapéziste maladroit, un joueur de base-ball qui n'assure plus), et les remèdes m'ont semblé moins convaincants.
Le côté "recueil de nouvelles" aidant (ou n'aidant pas), par moment, j'avais du mal à y retourner, ce qui n'était pas du tout le cas avec le premier volet.
Ceci dit, même si ce moment de lecture n'a pas été à la hauteur du premier, et malgré ma déception de ne pas revivre mon enthousiasme, ça reste original dans son genre, avec des réflexions intéressantes sur, entre autres, la nécessité du lâcher-prise dans nos sociétés pour se sentir mieux.

La dernière nouvelle avec la romancière allergique à son oeuvre m'a bien amusée en revanche (la thématique joue beaucoup). C'est la seule du lot qui, je trouve, vaut le détour, avec des éclairages très justes sur le dur métier d'écrivain et sur le milieu de l'édition, le succès d'un livre et d'un auteur, et c'était particulièrement intéressant dans le contexte japonais. La seule cerise sur le clafoutis un peu raté à mon goût.

Un passage que j'ai trouvé très juste et qui m'a amusée :
"- Tu te conduis comme ça une année entière. À la fin, les autres se feront une raison. Le caractère, c'est quelque chose d'acquis, forcément. Que les autres finissent par se dire : "Avec lui, rien à faire, il est incorrigible", et c'est gagné.
Tatsurô porta sa tasse aux lèvres sans dire un mot. Il n'approuvait pas mais comprenait. Les personnes sans gêne amènent leur entourage à s'accoutumer à ce trait de caractère, et elles ne cessent de gagner en culot. L'exemple typique en était Irabu lui-même. Étudiant, il pouvait bien lâcher un pet en public, on se bornait à soupirer : "Bah, c'est Irabu." "

Aaah j'en connais des sans-gênes à qui on pardonne tout sous prétexte que c'est comme ça, on n'y peut rien, et d'autres, très attentionnés, respectueux des autres qui, à la moindre faille, se font reprocher leurs écarts...

14 commentaires:

  1. J'ai "Les remèdes du docteur Irabu" dans ma PAL depuis ton billet...

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    1. Ooops... Euh, enfin, ceci dit, je maintiens, "Les remèdes du docteur Irabu", j'ai quasi adoré.:-)

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  2. Bon, PAL intacte.
    Pour Gouverneurs de la rosée, je ne promets rien, je n'ai mêem pas encore emprunté le bouquin.

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    1. Et à cette date, au 1er février, toujours pas emprunté ? Bon, ça se lit vite, la LC est pour lundi, tu as encore de la marge.:-)

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    2. Emprunté, lu préface (oh mais je ne connaissais pas du tout sa vie!), un chapitre, feuilleté. Des passages et une écriture très belle. Mais ça impose une vitesse, alors je vais passer. Je n'aime pas avoir une deadline trop proche (et puis le vaudou bof)

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    3. Oui, la deadline était trop proche. Je suis pour lire pour le plaisir avant tout aussi, sans avoir à courir derrière une date butoir. D'accord avec toi sur ce point. Par contre, ce n'est pas du tout un roman sur le vaudou (parce que moi aussi bof), même s'il est évoqué dans la mesure où il est ancré dans les croyances haïtiennes. Et d'ailleurs, au risque de spoiler, le personnage principal dénonce ces pratiques et superstitions.

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  3. Je me doutais que ce second volait ne pourrait pas me faire le même effet que le premier, pour ça que je le laisse prendre la poussière sur mes étagères depuis sa sortie :)

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    1. J'essaie de ne plus rien laisser prendre la poussière sur mes étagères, quitte à être déçue.:-) Acheté = lu avec un délai d'un an.:-) Du moins, en ce qui concerne mes achats depuis 2015 (inutile de parler de la vieille PAL...). Et franchement, je m'y tiens bien et je suis assez contente de moi.:-)

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  4. Je note que le premier est nettement meilleur et c’est tant mieux puisque le cas contraire j’aurais été forcée de lire le premier pour arriver au second :D
    Le désenchantement, c’est souvent le cas avec un second tome, malheureusement. C’est drôle j’ai ressenti la même chose que toi avec Kenneth Cook. J’ai adoré « Le koala tueur » puis je me suis un peu lassée des deux autres. Idem avec les « Racontars arctiques » de Jorn Riel.
    Excellent ton extrait! Bon weekend à toi...
    Bisous

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    1. Ah oui, j'avais oublié les "racontars" de Jorn Riel ! J'avais adoré aussi le premier tome de la série, et puis après, pfuuut, le soufflé est retombé. Ma plus grosse déception, c'est quand même les Kenneth Cook. Je m'étais tellement bidonnée avec "Le koala tueur" que je n'ai même pas compris comment c'était possible que je ne ris pas autant (voire pas du tout) avec les volumes suivants. Étrange vraiment ce phénomène du tome 2 !
      Bon weekend ! Bisous.

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  5. Le titre me plaisait bien .. mais au vu de ce que tu en dis, je crois que je vais passer mon tour.

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    1. C'est vrai que le titre est prometteur.:-) D'où peut-être aussi ma déception car ce n'était pas à la hauteur de mes attentes...

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