jeudi 28 août 2008

PIZZERIA KAMIKAZE


PIZZERIA KAMIKAZE

Une BD qui n'avait rien pour me plaire, vue de l'extérieur comme ça... la couverture... (vraiment pas enthousiasmante...) le titre... Pizzeria...(mouais...)... Kamikaze... (mmmmmouais....) l'auteur... connais pas... Et puis, je ne sais pas ce qui m'a pris de la prendre quand même, et de la feuilleter, puis de revenir sur la première page... En tout cas, une fois cette BD ouverte, je me suis retrouvée scotchée à l'histoire sans plus pouvoir m'en détacher jusqu'à la toute dernière page!!!

Et pour cause...
Ça commence comme ça :

"Je crois qu'elle a pleuré à mon enterrement."
"Je ne dis pas ça pour me vanter."
"Mais j'en suis presque sûr."

"Parfois, je l'imagine vraiment en train de parler de moi à quelqu'un de proche,"
"De lui raconter ma mort."
"La manière dont ils m'ont descendu dans la tombe,"

A ce moment-là, je suis dubitative... Je me dis "donc il est mort mais il raconte son histoire... intéressant... original... intrigant..." Je pense furtivement aux premières scènes de "American Beauty" lorsque Kevin Spacey nous annonce qu'il a 42 ans et que dans moins d'un an il sera mort... bien sûr, il ne le sait pas encore...

Très intriguée, je tourne encore les pages :

"Deux jours après m'être suicidé, j'ai trouvé un boulot dans une des pizzerias de la chaîne Kamikaze."

"Mais c'est quoi ce délire?!?" je me dis alors en me dirigeant vers un fauteuil, tout en continuant à lire (j'étais dans une bib').

Et l'histoire se poursuit aussi naturellement que si nous étions dans une situation ordinaire, et nous entraîne dans un univers absurde et déroutant, mais terriblement envoûtant. C'est que notre héros est bien mort, mais il évolue dans une réalité à peine différente de la nôtre, à mille lieux d'un paradis ou d'un enfer tels que l'on se représenterait la vie après la mort.

Evene en fait un commentaire avec lequel j'adhère totalement et sur le site duquel j'ai tiré le résumé suivant:
"Ils sont jeunes pour la plupart, ils ont tous mis fin à leurs jours. Et les voici rassemblés en un lieu néo-dantesque qui ressemble presque trait pour trait au monde auquel ils avaient décidé de tirer leur révérence. C'est ainsi que, dans cet au-delà étrangement familier, s'est même reconstituée une famille entière, chacun de ses membres ayant successivement eu recours à la solution radicale... "

C'est décalé, frais, cynique, humour noir à la pelle, l'auteur sort clairement des sentiers battus. Il nous parle du mal être des jeunes avec une grande touche d'originalité, se permet des clins d'oeil inattendus à Kurt Cobain, Orphée...

J'ai bien sûr voulu en savoir plus sur l'auteur et :
Les auteurs
Né en 1967 à Tel-Aviv, Etgar Keret est un véritable porte-parole de la jeune génération israélienne. Ses brèves nouvelles en formes de bulles, ses BD ou ses films disent, dans une langue crue teintée d'humour et de désespoir, l'inadéquation profonde des jeunes dans un monde fait par les adultes, leurs parents, et auquel ils ne se sentent pas du tout adaptés.
Asaf Hanuka, jeune dessinateur israélien, a su s'imprégner de la culture française de l'entre-deux-guerres, et mélange avec aisance toutes les tendances de l'art graphique.

Ayant découvert qu'Etgar Keret avait en fait adapté Pizzeria Kamikaze de son propre roman, La colo de Kneller, je suis vraiment curieuse de lire ce livre maintenant! Et je dois dire que je suis assez curieuse de découvrir ses autres livres tout court. Son univers m'intrigue vraiment et c'est un auteur qui m'a l'air tout particulièrement intéressant.
A suivre donc!

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