mardi 2 avril 2013

LES IGNORANTS


LES IGNORANTS

Mon premier Davodeau (si si, c'est possible), quoique j'avais déjà eu l'occasion de lire deux de ses "nouvelles" dans les collectifs Le tour du monde en bande dessinée, tomes 1 et 2.

Cet auteur est sans conteste incontournable au vu de l'avis général sur l'ensemble de ses oeuvres, et son dernier paru qui a beaucoup fait parler de lui récemment m'a enfin décidée à sauter le pas (non pas que j'appréhendais mais c'est toute une organisation sacs-transports les emprunts bib', et ses BD sont sacrément encombrantes mine de rien...).

Les attentes furent fortes mais je ne fus pas déçue. Ce récit est celui d'une "initiation croisée" entre deux passionnés dans leur domaine, l'un de vin et de son univers impitoyable, Richard Leroy, vigneron dans la campagne angevine, l'autre de BD, Étienne Davodeau, l'auteur himself.

Quand deux passionnés vous parlent de leur univers, c'est forcément passionnant ! C'est ce qui m'a plu d'emblée dans le concept de ce récit. On est forcément intrigué et gagné par ce qui anime passionnément le quotidien des gens, et c'est toujours instructif de manière plaisante. Et puis ça m'intéressait particulièrement ici puisqu'on parle de vin, de cet univers mystérieux auquel j'avais déjà été éveillée à travers la série Les Gouttes de Dieu, et de livres, des BD en particulier, de l'édition en général, des univers loin d'être rébarbatifs tout de même, il faut bien le dire.

Il y a un petit côté "Vis ma vie" dans cet échange entre l'auteur et le vigneron qui vont passer deux ans ensemble à découvrir l'univers de l'autre, en partant d'une quasi ignorance ou vague connaissance de ces domaines, tout comme le lecteur lambda qui, du coup, peut complètement s'identifier.

J'ai aimé le fait que chacun ne trouve pas forcément tout génial dans la passion de l'autre, mais qu'il la respecte, et qu'il respecte aussi le fait que l'autre n'apprécie pas forcément ce qu'il aime.
J'ai aimé les nombreux débats ouverts et questionnements sur le métier et l'univers de chacun, les échanges sont vraiment enrichissants.
J'ai adoré les rencontres avec auteurs, Emmanuel Guibert en particulier, mais également Marc-Antoine Mathieu.
Et puis avec le vin, je pensais en avoir déjà lu pas mal sur le sujet avec Les Gouttes de Dieu, mais ici on découvre ce qu'est réellement le métier exigeant de vigneron, ce qui m'a permis de voir les choses sous un autre angle et de respecter encore davantage ce milieu, même si j'ai toujours du mal à être aussi enthousiaste avec le vin.

Enfin, ce qui était encore plus intéressant, c'est que finalement, ces deux univers présentent bien plus de similitudes qu'on ne le penserait, autant dans l'exigence du métier, que dans les motivations et l'intérêt que chacun y trouve.

Le ton du récit est léger, convivial, humble, on rigole, on parle vrai, on boit, on lit, on discute... On est loin de l'enseignement pesant ou démonstratif, il n'y a pas de jugement de valeurs, on est dans l'échange, le partage, l'expérimental, l'ouverture, et ça, j'ai aimé comme esprit.

Quelques extraits parlant :
"Se chamailler sans fin au sujet des vins bus et des livres lus..."
"Peut-être que ça sert aussi à ça, le vin et les livres : s'engueuler tranquillement."

"Nous ne sommes pas tant des dessinateurs que des raconteurs d'histoire. Notre dessin est une écriture. Notre but est le récit, le livre."

Cette BD m'a permis aussi de faire la connaissance d'un auteur dont la personnalité me plaît assez, son humilité, son ouverture, son intérêt pour l'autre, son envie de partage aussi, sa curiosité, son implication, et je suis maintenant encore plus curieuse de découvrir ses autres BD.

8 commentaires:

  1. Tiens c'est drôle je suis en train de préparer un billet sur un Davadeau que je viens de lire et qui ne m'a pas bien emballée. Je ne croyais pas ça possible. Celui-ci je compte bien le lire donc pas lu en détail ton avis. Je reviendrai plus tard pour en discuter.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Hé bien je guette ton billet alors pour bien noter le titre et éviter d'enchaîner sur celui-là. Il me semble que Géraldine (des Coups de coeurs) avait eu la même réflexion sur un des derniers Davodeau qu'elle a lu, alors qu'elle avait été très très très enthousiaste sur d'autres. Il s'agit peut-être du même.
      Les ignorants ne te décevra pas en tout cas, ma main à couper.;)

      Supprimer
  2. Yes! Tu peux lire Rural, ou bien n'importe laquelle... Moi je préfère ses BD non fiction. Oui, la bête est lourde, je me souviens encore de mon emprunt bibli, à casser l'épaule.
    Je te rappelle que je suis issue d'une famille qui avait des vignes (hélas arrachées) et qu'il y a de la vigne par chez moi. Vin (avec modération) et p'tit chèvre, ça ne nuit pas...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah oui, la belle vie par chez toi.^^
      Il y a un autre auteur BD dans le genre "bête lourde" que j'aimerais bien lire un jour, c'est Charles Masson. Là je pense que j'amènerai le cabas (et j'en profiterai du coup pour y glisser un autre Davodeau^^).

      Supprimer
  3. Il s'agit d'Anticyclone mais je ne pense pas qu'il s'agisse d'un dernier car il est de 2000. Mais Davodeau reste une référence tout de même pour moi. Le billet n'est pas encore fait mais il devrait arriver courant avril.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah oui, je ne parlais pas des derniers parus de Davodeau mais des derniers lus de Géraldine (qui les lit dans le désordre^^). Il ne me semblait pas que c'était ce titre dans mon souvenir cela dit, mais un autre, pas parmi les plus cités.

      Supprimer
  4. Ahh ! Bienvenue dans le groupe des davodeaufiles (euh, je ne sais pas comment on peut vraiment écrire ça !). Bon et t'as bu un bon verre pendant ta lecture ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Non, quelle erreur, quand j'y pense!! Oui, une BD qui vaut vraiment le détour et un auteur qui gagne visiblement à être connu.

      Supprimer

Bon, je modère ou je vous laisse prouver de la façon la plus tordue que vous n'êtes pas un robot ? Je modère, hein ?^^