vendredi 17 novembre 2023

PORTRAIT HUACO


traduit de l'espagnol (Pérou) par Laura Alcoba

Tout m'a attirée dans ce livre : la couverture, avec cette statuette précolombienne, le titre, les deux prometteurs d'un récit me plongeant au coeur de l'histoire et de la culture péruviennes, le nom de l'auteure, Gabriela Wiener, dont le patronyme ne m'aurait pas laissé penser qu'elle était péruvienne (sa photo dans le livre (et ci-dessous) ne laisse pas de doute en revanche, ce qui était encore plus intrigant), et puis la présentation de l'éditeur. Je reprends ci-dessous les passages qui m'ont interpelée et décidée à embarquer dans l'aventure.

"Ici, vous allez trouver un arrière-arrière-grand-père pilleur d'objets incas au 19e siècle [...].
Cela commence avec un choc : la narratrice visite le Musée du quai Branly et regarde une pièce où elle croit se voir dans un miroir brisé par les siècles. Cette pièce est un portrait huaco, une statuette de céramique préhispanique représentant un visage indigène avec le plus de réalisme possible. Et la salle d'exposition porte le nom de son aïeul, Charles Wiener, un explorateur français (d'origine autrichienne) [...]. Et il a fondé la lignée des Wiener péruviens."

Au début, je pensais que c'était un roman, mais comme l'indique très justement Morgan de la librairie Coiffard, Portait huaco est plutôt "une oeuvre littéraire hybride et fragmentaire dont les thèmes centraux sont l'identité et la déconstruction des différents systèmes de domination (racisme, colonialisme, genre, sexualité...)." Gabriela Wiener tente, dans cet ouvrage, de "retracer les traces de la bâtardise de sa famille et questionner son identité d'immigrée en Europe".

En réalité, toutes ces thématiques étaient très intéressantes, mais ça s'est très vite transformé en autofiction, et c'est là que le bât blesse, car c'est devenu un récit très personnel, centré sur la vie de l'auteure, sur sa vie intime même, qui ne m'intéressait pas spécifiquement au départ. Du moins, je ne me suis pas précipitée sur ce livre pour lire ça. Grosse déception donc quant à l'évolution du récit en cours de route...
En revanche, l'enquête familiale était intéressante, assez amusante même. Gabriela Wiener ne manque pas de dérision et j'ai beaucoup aimé ses considérations très pertinentes au début sur le colonialisme, le racisme et sur son héritage controversé où elle est "à la fois la descendante d'un universitaire et un objet archéologique et anthropologique de plus".
Mais bon, cela ne compensait pas la partie autofiction. 

Il y a quand même un petit twist en cours de récit que j'ai trouvé intéressant, assez ironique même, et en réalité, plutôt horrible pour la famille si cela était vrai... Mais je n'en dirai pas plus.^^

Je tiens à préciser que mon avis désenchanté est un des rares sur l'ensemble des retours sur Goodreads, à 75% entre 4 et 5/5 étoiles sur un ensemble de 2.500 notations. De nombreux libraires l'ont recommandé, comme en attestent les commentaires en lien ci-dessus. Je suis peut-être passée à côté, mais vraiment, j'ai du mal avec l'autofiction (dans sa présentation, ils disent "écrivaine de narrative-non-fiction". Mouais.).

L'auteure
Gabriela Wiener, née à Lima en 1975, est considérée comme l'une des meilleures écrivaines latino-américaines de sa génération. Connue comme journaliste et écrivaine de narrative-non-fiction, son premier roman, Portrait huaco, en cours de traduction dans de nombreux pays, est considéré comme l'un des meilleurs livres parus en 2021. (ah ?)

23 commentaires:

  1. Etrange quand même (ouais, l'autofiction) mais au moins tu sais pourquoi elle s'appelle Wiener.

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    1. Voilà, et le mystère ne s'arrête pas là d'ailleurs.^^

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  2. Un mélange des genres qui ne me conviendrait pas beaucoup je pense. Je passe ..

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    1. Je sais maintenant que ça ne me convient pas.^^

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  3. Je l'ai acheté en vue du mois latino, je n'avais lu jusqu'à présent que des avis très positifs à son sujet, et explicites quant à sa nature autofictionnelle.

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    1. En vrai, l'autofiction en soi, ça aurait pu passer si ça c'était cantonné à l'enquête familiale et à ses réflexions sur son héritage controversé. Là où je ne l'ai plus suivie, c'est quand elle parlait de sa vie personnelle et intime. Je ne voyais pas trop ce que ça venait faire dans ce récit.

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  4. Ah, et ça fait un billet pour les minorités ethniques !

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  5. Je l'avais repéré et mis de coté dans ma liste de lecture pour le mois latino. Le coté autofiction ne m'enchante pas non plus mais je ne suis pas découragée pour autant. Je le garde dans ma PAL virtuelle.

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    1. Coucou, on peut se caler une LC dans le cadre du mois latino autour de ce titre, si tu veux !

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    2. C'est une bonne idée de LC. Je serais vraiment curieuse de vos retours de lecture sur ce livre.

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  6. Et bin cela serait vraiment interessant....je le note didonc...

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    1. Les thèmes de départ sont très intéressants, oui, mais à un moment ça s'éparpille quand même vers d'autres considérations qui n'ont rien à voir. Enfin, tu verras bien si tu le lis.:)

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  7. Pourquoi pas, si l'occasion se présente... mais il y a d'autres priorités, même pour le mois latino...

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    1. Oui, on en revient toujours au même refrain, il y a tant à lire.^^

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  8. écrivaine de narrative-non-fiction : va falloir m'expliquer...

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    1. Je viens d'aller voir la définition.^^ C'est en fait quand même plus subtil que l'autofiction et c'est une forme narrative très spécifique dont l'une des caractéristiques est que le récit traite de faits avérés.

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  9. Le Pérou est un pays que je voudrais visiter. Son histoire m'intéresse. Par contre, ce que tu dis du livre ne me donne pas envie de m'y risquer...

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    1. Moi aussi j'ai le Pérou sur ma liste ! Quant à sa littérature, il y a bien d'autres choix pour explorer sa culture et son histoire. Ce livre-ci est en réalité très intéressant sur ces aspects, il faut juste faire abstraction des parties où l'auteure étale sur sa vie privée (ou pas, la majorité des lecteurs ont visiblement apprécier le tout).

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  10. Effectivement, le pitch pouvait être tentant !

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  11. Je suis un peu sceptique quand même, c'est le côté fragmentaire qui m'effraie le plus.

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    1. Ça aussi, ça m'a perturbée, je pense, le fait que l'on ne soit pas dans un récit linéaire. Non pas que je recherche absolument la linéarité, mais là, ça s'éparpillait pas mal, par petits bouts. Le terme "fragmentaire" était vraiment bien trouvé pour décrire un des aspects de ce livre.

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