LA PROMESSE DE L'AUBE
J'ai une fascination énorme pour Romain Gary depuis que j'ai lu La vie devant soi, aussi le récit de sa vie m'a beaucoup intéressée.
J'y ai trouvé beaucoup d'humour, d'auto-dérision à la mine de rien, comme si l'auteur aimait se moquer un peu de lui-même, j'aime beaucoup cet esprit et j'ai énormément ri tout au long du récit. Grand moments de poilade entre autres avec ses efforts désespérés pour être à la hauteur des attentes et des convictions de sa mère et lui faire plaisir plus jeune, et en constatant que ce besoin d'agir en fonction de la volonté maternelle l'a poursuivi une fois adulte, a grandement influencé sa vie, qu'il en était conscient et qu'il n'y pouvait rien.
Et alors que je m'étonnais de cet humour que je ne m'attendais pas à trouver ici, j'ai eu confirmation quelques chapitres plus loin que je ne me leurrais pas:
"... je découvris l'humour, cette façon habile et entièrement satisfaisante de désamorcer le réel au moment même où il va vous tomber dessus. L'humour a été pour moi, tout le long du chemin, un fraternel compagnonnage; je lui dois mes seuls instants véritables de triomphe sur l'adversité. Personne n'est jamais parvenu à m'arracher cette arme, et je la retourne d'autant plus volontiers contre moi-même, qu'à travers le "je" et le "moi", c'est à notre condition profonde que j'en ai."