traduit du russe par Marc Séménoff
Quatrième de couv :
Jeune escroc ambitieux, Tchitchikov débarque dans la ville de N. Charmeur, drôle, attentionné, il séduit bien vite les notables locaux par ses bonnes bannières et entregent. Mais tout change quand il leur fait une étrange proposition : il veut acheter leurs morts. Car les propriétaires terriens doivent payer un impôt pour leurs serfs, y compris ceux qui sont morts dans les cinq dernières années. Le héros compte placer ces "âmes mortes" sur un terrain fictif qu'il pourra hypothéquer à la banque. Cette combine pourrait lui rapporter gros... et cet étrange marché met la ville de N. en émoi.
"Livre saboté, plusieurs fois brûlé par son auteur (qui voulait lui donner une issue "morale") et resté largement inachevé à la mort de Gogol en 1852, Les Âmes mortes révèlent, outre le génie littéraire de leur créateur, le combat acharné d'un homme vers un but et contre des forces qui le dépassent. Vaste méditation sur la mort, cette épopée comique aux relents de cauchemar, construite dans le plus pur style picaresque à la Don Quichotte, nous entraîne avec une virulence de ton parfois diabolique dans un monde où les morts se monnayent et se négocient, quand les vivants, eux, prennent l'allure de grotesques fantômes. Univers fantasmagorique où le mensonge, le délire et la logique du rêve se téléscopent. [...]
- Scarbo -"
Mal conseillée (😆), je me suis lancée à corps perdu dans ce roman, mon premier de Gogol et j'ai bien failli m'y embourber.
Je pense que j'aurais dû commencer par un de ses romans réputés plus loufoques, ou drôles, histoire d'avoir un aperçu plus éclairé et plus plaisant de son style.
Ici le thème déjà ne me parlait pas trop, mais il avait l'avantage d'être pour le moins original, aussi je me suis dit que sous la plume d'un Gogol, il y aurait moyen de passer un bon moment... que nenni !
J'avais bien l'impression que l'auteur y avait mis tout son sérieux, et qu'il ressemblait en cela aux auteurs de son temps, et que moi je lisais un banal roman classique russe. Banal dans le sens où je ne voyais pas bien où était le style "Gogol", ce qui ne veut pas dire que ce n'est pas un bon roman, mais ce n'est pas vraiment ce que j'espérais. Enfin je ne me suis pas assez ennuyée pour abandonner le livre au bout de 10 pages (mais j'ai tout de même beaucoup lu en diagonal, notamment lors de longues descriptions des lieux, des environs, des personnages) mais je n'ai achevé que la première partie, laissant de côté la seconde qui, de toute façon, est inachevée et a été publiée après la mort de l'auteur qui n'avait de cesse de la réécrire, alors ça se trouve ce n'est même pas cette version qu'il voulait publier au final...
Ce qui m'a plu en revanche et qui m'a laissé entrevoir un petit peu les délires dont pouvait être capable l'auteur, c'est sa façon de présenter le récit comme totalement indépendant de l'auteur et de traiter les personnages comme s'ils agissaient indépendamment de sa volonté, ce qui lui permettait par exemple de dire que, si l'histoire ou les personnages nous semblaient moroses, cela n'était pas sa faute. J'ai trouvé ça particulièrement drôle en regard de ce que je ressentais à la lecture de ce roman. Par ailleurs il aborde du coup un aspect très intéressant de la genèse et la rédaction de récits en général, en agrémentant son histoire de digressions de ce genre.
Des extraits à ce sujet :
"Aussi le lecteur ne doit-il pas s'offusquer si les personnages apparus jusqu'ici lui déplaisent; c'est la faute de Tchtchikov; il est à cet égard souverain maître, et nous devons le suivre où bon lui semble. Que si l'on nous reproche l'insignifiance et la mauvaise mine des personnages et des caractères, nous dirons simplement que l'on n'aperçoit jamais dès l'abord une oeuvre dans toute son ampleur."
"Mais nous nous sommes mis à parler assez haut, sans songer que notre héros qui dormait pendant qu'on racontait son histoire, s'est déjà réveillé et peut facilement entendre son nom si souvent répété. Or, il est susceptible et se froisse quand on lui manque de respect. Peu importe au lecteur que Tchitchikov se fâche contre lui, mais l'auteur ne doit en aucun cas se brouiller avec son héros : tous deux ont encores mal de chemin à parcourir bras dessus bras dessous, deux grandes parties en perspective - ce n'est pas une bagatelle."
Ce que j'ai trouvé intéressant aussi c'est de voir les évidences de censure à travers le texte et les explications en notes de fin de roman.
Bref dans l'ensemble, une lecture pas totalement perdue, mais pas géniale non plus en ce qui me concerne, mais qui ne me décourage pas de retenter du Gogol pourvu que ce soit véritablement loufoque et moins sérieux.
L'auteur
Nicolas Gogol est un romancier, nouvelliste, dramaturge, poète et critique littéraire russe d'originie ukrainienne, né en 1809 à Sorotchintsy (Empire russe) et mort à Moscou en 1852. Il est considéré comme l'un des écrivains classiques de la littérature russe.

Je viens faire la poussière de tes vieux livres.
RépondreSupprimerMoi qui comptais sur toi pour m'éclairer sur une lecture de Gogol que je n'ai jamais lu il me semble bien. Raté !
En lecture commune, on pourra essayer un autre de ses titres si tu veux. Mais je t'avoue que je ne me sens pas d'attaque dans l'immédiat.
SupprimerLointain souvenir cette lecture, mais elle m'aura quand même marquée comme plutôt pas positive, et même si je reste ouverte à la découverte d'autres oeuvres de cet auteur, c'est vraiment sans sentiment d'urgence.
ça c'est un livre que j'aimerais beaucoup lire. Tu aurais peut-être dû lire "les nouvelles de St Petersbourg" avant celui-ci ... Je te conseille ce recueil, qu'il faut vraiment lire à tête reposée pour l'apprécier (dans le sens où il m'avait gonflée relativement quand je l'avais étudié en Terminale, mais je l'avais adoré quand je l'avais relu pour moi ...).
RépondreSupprimer(ouf ! J'ai cru un instant que tu venais me chercher pour L'ombre du vent)
SupprimerOui, je suis persuadée que ce livre n'était pas pour moi et je suis tout à fait disposée à essayer un autre ouvrage de cet auteur. Je vais regarder de plus près le recueil dont tu parles !
Tu as réussi à retenir du positif malgré tout, c'est pas mal ! Je n'aime pas les romans inachevés, parce qu'ils sont souvent ratés et que j'ai l'impression de trahir l'auteur ou l'autrice ... Je plussoie pour Les nouvelles dr St Petersbourg, qui sont vraiment bien.
RépondreSupprimerJe n'aime pas trop les romans inachevés non plus, aussi parce qu'il y a un sentiment de frustration à ne pas savoir comment l'auteur aurait voulu conclure son oeuvre. Je me renote les nouvelles de St Petersbourg.:)
Supprimer(j'ai l'impression que tu reçois toutes les notifications de mes publications, même celles que je rapatrie progressivement de mon ancien blog et qui datent, comme ce billet de 2008^^)