dimanche 5 juillet 2009

JÉSUS VIDÉO


JÉSUS VIDÉO

traduit de l'allemand par Claire Duval

Extrait de la quatrième de couverture
"Non loin de Jérusalem, dans une tombe inviolée depuis deux mille ans, une mission d'archéologie exhume le manuel d'utilisation d'une caméra vidéo dont la sortie sur le marché est prévue... dans trois ans.
Un homme muni d'un camescope aurait-il visité la Palestine du Ier siècle ? Si oui, que sont devenus l'appareil et les enregistrements ? Et, surtout, qu'a-t-on, qui a-t-on filmé? S'agit-il de la plus redoutable découverte archéologique de tous les temps ou d'un canular de génie?
Un frileur exceptionnel, par l'auteur de Des milliards de tapis de cheveux."

Accrocheur, cet extrait de quatrième de couverture (dans laquelle je découvre au passage, et avec stupeur, la francisation (?) du mot "thriller" en "frileur"!)!Et comment ne pas être accroché?! La découverte, dans le présent, de l'existence probable d'une caméra vidéo dont la sortie sur le marché est prévue, dans le futur, et qui contiendrait vraisemblablement des images de la Palestine du Ier siècle, soit il y a 2000 ans, période et lieu, au passage, peu anodins, voilà qui demande des explications!
Et des explications, l'auteur, Andreas Eschbach, n'en manque pas. Par le biais de personnages issus de convictions et de milieux différents, dont un archéologue britannique, trois étudiants, dont un Américain et deux Israéliens, un businessman américain, un écrivain de science-fiction allemand, et j'en passe, nous voilà embarqués dans les plus folles théories échafaudées tour à tour par nos protagonistes, et dans une course-poursuite trépidante après la vérité, tout le long de ce roman palpitant.

Mes nerfs ont été mis à rude épreuve par l'ingéniosité de l'auteur à faire durer le suspense, j'ai trouvé ça même limite trop travaillé, ce qui a failli avoir raison de ma patience, mais bon, l'enjeu était tel que je ne pouvais que subir le rythme imposé. Heureusement, l'action ne manque pas, les personnages sont d'un réalisme très appréciable, le roman se laisse lire vraiment agréablement et aisément, et on n'est pas rongé par l'ennui une seule seconde. Bon, je me serais peut-être passée de l'histoire entre Stephen, l'étudiant américain, et Judith, franchement j'ai trouvé tous ces passages un peu niaiseux, peut-être trop conventionnels et sans surprise pour être palpitant, mais bon, un peu de romance, ça trouve toujours son public...
 
En revanche, les différentes théories élaborées autour du voyage dans le temps pour expliquer la possibilité de l'existence de cette caméra m'ont littéralement passionnée!
C'est un roman foisonnant où les idées pour comprendre ce phénomène a priori impossible fusent dans tous les sens, on y prend part en se demandant comment l'auteur va se dépêtrer pour conclure ce récit de façon à ce que son histoire tienne la route et qu'elle soit même crédible, et au final, il s'en sort drôlement bien le bougre!
Les idées fusent, la possibilité d'un canular est même envisagée, le roman est foisonnant, mais en même temps c'est très limpide, pas embrouillant, les raisonnements sont sans faille et d'une logique implacable, et quand on croit être sur la bonne piste, persuadé de l'évidence des faits, une surprise nous attend souvent au détour du chemin!

Un très bon roman SF comme ça faisait longtemps que je n'en avais pas lu un, et puis quel fabuleux voyage dans Jérusalem!

Du même auteur, j'ai toutefois préféré Des milliards de tapis de cheveux, c'était une expérience de lecture particulièrement originale dans mon souvenir, il y avait quelque chose de vraiment fantastique dans cet univers et ce qui s'y passait, mais bon, ces deux romans ne sont pas tout à fait comparables, ce sont deux genres très différents dans le ton et le contexte, et un auteur à l'aise dans la diversité de styles, d'intrigues, de tons, d'histoires, d'imagination, qui n'a pas peur d'explorer différents horizons, est particulièrement admirable à mon sens!

Dans ce roman-ci, j'ai beaucoup aimé aussi la présence de l'écrivain de science-fiction, Peter Eisenhardt! Sa participation à cette aventure - démonstration d'autodérision chez l'auteur - m'a énormément amusée!

Ici, un extrait où John Kaun, le businessman, s'adresse à lui:
"Voyez-vous, je suis un businessman. [...] Mais ce qui fait vivre un homme d'affaires, c'est son sens des réalités. [...] Un écrivain, et a fortiori un écrivain de science-fiction, se situe à l'extrême opposé. S'il avait un sens aigu des réalités, il commencerait déjà par ne pas écrire du tout, car la probabilité d'être un jour publié est inférieure aux chances de survie d'une boule de neige en enfer. Mais en matière d'imagination, par contre, il se doit d'être un géant, un artiste, un véritable acrobate, capable d'évoluer dans l'eau dans l'univers de l'impensable, de l'insensé, de l'absurde. Il faut qu'il puisse suivre de manière logique les raisonnements les plus aberrants, qu'il soit maître de l'espace et du temps, en transgressant toutes les règles si nécessaire. Rien ne doit lui sembler impossible."

Et c'est pour ça que j'aime la science-fiction, parce que dans les livres, les films, bref, les histoires, ce que je recherche entre autres, c'est d'être épatée par l'imagination de l'auteur, et la science-fiction, c'est le terrain le plus propice au déploiement de l'imagination d'un auteur!

L'auteur
Andreas Eschbach, né à Ulm en 1959, est considéré comme l'un des écrivains majeurs de la science-fiction allemande et l'un des rares à avoir été traduit dans plusieurs langues.

Lu dans le cadre du défi  
(DAL 3 - 4)

12 commentaires:

  1. Snif! je veux lire des milliards de tapis de cheveux...Bref, tu as vu que c'était bien, et avec plein de surprises, non?Et euh j'espère que tu vas terminer Déjanté, je t'avais dit que ce n'est pas l'intrigue qui compte. Il me semble quand même qu'il y a quelque chose vers la fin?

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    1. Oui, intrigue vraiment bien ficelée et palpitante, neurones en ébullition mais sans maux de tête à la clé, les 600 pages se dévorent en un rien de temps! Je crois que je n'en ai pas fini avec Eschbach!
      Et pour Déjanté, j'espère le finir aujourd'hui. A suivre donc!

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  2. Je me rappelle encore quand j'ai lu ce livre. Je me suis dis, tiens encore un roman un peu fumé de série B, et j'ai recu une claque magistrale. Impossible d'en lever les yeux tant j'étais happée par l'histoire, les personnages, les rebondissements etc... Contente de voir qu'il a fait une autre adepte.En effet des milliards de tapis de cheveux reste aussi mon préféré, ne serait ce que pour la poésie et la mélancolie qu'il inspire. Un petit bijou.

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    1. C'est un roman vraiment absorbant! Ca faisait un moment que je voulais le lire mais ses 600 pages qui en paraissent 1000 avec le format de L'Atalante m'ont toujours un peu démotivée. Je pensais même être bloquée avec ce livre plusieurs semaines quand je me suis décidée enfin à m'y mettre. Et pfffuiiit, une fois lancée, je n'ai pas vu le temps passer et je l'ai dévoré relativement vite!
      Et, oui, Des milliards de tapis de cheveux nous transporte vraiment dans une autre dimension, j'en garde encore un souvenir fort!

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  3. L'histoire risque de m'agacer, mais l'histoire m'intrigue vraiment. Je le rajoute à ma liste (encore un...)

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    1. Je comprends ta méfiance et ta curiosité. J'ai dû l'attaquer dans le même état d'esprit et franchement je ne regrette pas cette lecture!

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  4. A Girl, bonjour,Ta note de lecture est parue ce matin sur le blog consacré au défi :http://litteraturesdelimaginaire.over-blog.com/article-33465693.html.C'est vrai que ça intrigue ! Je le lirai peut-être un de ces jours !Passe un bel été plein de bonnes lectures !

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    1. Bonsoir Catherine,
      Merci pour l'info! Bonne pioche côté SF de mon côté, c'est une intrigue vraiment bien ficelée. Si tu as l'occasion de le lire, n'hésite pas!
      Bon été également et bonnes lectures itou!

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  5. Il me tente bien ce livre. En tous cas, le postulat de départ ne manque pas d'originalité !

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    1. Oui, et c'est plutôt bien traité. Bon, c'est quelques 600 pages quand même mais ça se lit vite et bien.

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  6. je vois que tu as encore fait une bonne pioche côté littérature allemande. je note, le sujet a l'air sympa. maintenant, quant à savoir quand j'aurai le temps d'avaler 600p...?

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    1. J'ai mis 4 ans à me décider à ingurgiter ces 600 pages aussi et au final, aucun regret! Je compte même encore lire d'autres romans de cet auteur!

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Bon, je modère ou je vous laisse prouver de la façon la plus tordue que vous n'êtes pas un robot ? Je modère, hein ?^^