lundi 5 mars 2012

LA FORMULE PRÉFÉRÉE DU PROFESSEUR


LA FORMULE PRÉFÉRÉE DU PROFESSEUR

traduit du japonais par Rose-Marie Makino-Fayolle


Au début, j'ai adoré! Le style narratif d'Ogawa, aisé, très agréable, efficace, qui vous happe comme ça sans crier gare, se boit comme du petit lait, et que je découvrais avec ce roman. J'étais véritablement enthousiasmée aussi par la façon dont se déroulait le récit, le contexte de l'histoire, avec ce professeur amnésique au bout de 80 minutes, cette aide-ménagère méticuleuse et dévouée, leur relation magique, hors du commun, à travers les nombres, une histoire de plus en plus touchante avec l'intégration du fils dans cette relation, la façon même dont étaient abordées les mathématiques, j'ai trouvé cet aspect-là brillamment conçu...

... et puis, le base-ball est arrivé, et là, mon intérêt a commencé à basculer pour sombrer presque dans l'indifférence vers le dernier tiers du livre, noyant presque mon attachement de départ aux personnages et à leurs rituels...

Malgré cela, je garderai en mémoire ce professeur atypique et extraordinaire en dépit (ou à cause) de son handicap, sa passion et sa façon de parler des nombres qui m'ont immanquablement séduite. Dans sa bouche, ils prennent une autre dimension, de l'ordre du conte merveilleux, faisant travailler l'imagination comme face à une histoire belle et mystérieuse.
J'ai beaucoup aimé aussi la relation qui s'est tissée entre l'aide-ménagère et lui, une relation tellement étrange, qu'on pourrait même difficilement qualifier de relation dans la mesure où il ne se souvient jamais d'elle et de leurs échanges. Une situation bien tragique que l'auteure parvient presque à nous faire oublier dans sa manière subtile de narrer les événements en y glissant de l'optimisme, et de présenter les situations en les rendant presque amusantes, .

Un phrase du professeur qui m'a d'ailleurs beaucoup amusée: 

"Quand on me dérange dans ma réflexion, c'est encore plus douloureux que si on m'étranglait. Faire ainsi irruption alors que je suis dans une relation d'amour avec les chiffres est aussi inconvenant que si vous me surpreniez aux toilettes, savez-vous?" 

Lecture commune avec Loo et intégrée au 

L'auteure
Yoko Ogawa est née en 1962. Elle a obtenu le prix Kaien pour son premier roman publié en 1988, puis le prestigieux prix Akutagawa en 1991. Son œuvre, qui ne cesse d'être traduite dans le monde entier, est publiée en France par Actes Sud.   

14 commentaires:

  1. Voui, le base ball...
    Sinon, je confirme que les parties matheuses sont niveau fin de collège, et abordées avec un joli didactisme, j'ai apprécié.
    Bon, (ne me remercie pas) j'ai vu ce matin un bouquin qui pourait te plaire
    http://www.litterama.fr/article-naaande-les-tribulations-d-une-japonaise-a-paris-de-eriko-nakamura-100700116.html

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ben si, merci car effectivement, ce livre-là, je ne pouvais pas passer à côté! Aaah tout à fait le genre de livres qui me parlent! Bon, je vais encore faire du forcing de casage mais ça, j'en fais mon affaire.
      Oui, très sympa cet univers du professeur, on y parle joliment des maths (et pas que), c'était vraiment un moment bulle d'air - éclaté par le baseball par la suite mais bon... ça m'a en tout cas donné envie de lire d'autres romans de cette auteure.

      Supprimer
  2. C'est drôle les différents ressentis que l'on peut avoir. Je ne suis pas du tout intéressée par le base ball et ce livre ne m'a rien apporté de plus à ce sujet mais ça ne m'a pas plus déranger dans ma lecture. Pourtant c'est vrai qu'à un moment c'est vraiment très présent. :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'ai vraiment beaucoup de mal avec ces sports de balle et ballon, et je n'ai pour l'instant croisé aucun livre qui ait réussi à me passionner sur le sujet! ^^ En fait je ne comprends jamais rien aux règles, du coup je n'y vois aucun intérêt... Et là je me suis carrément braquée sur le sujet pendant ma lecture. Je ne pensais pas que ça prendrait quasi autant de place que les maths. Je suis épatée que l'auteure ait eu autant de patience pour décrire ce monde du baseball aussi précisément cela dit, c'est vraiment bluffant!

      Supprimer
  3. J'ai très envie de lire ce roman depuis un petit bout de temps, mais ça fait deux fois que je lis ce point négatif sur le base-ball... Les maths, oui ; le base-bal, non...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ça se surmonte hein, cela dit, même quand on n'est pas fan de baseball comme nous, et l'univers de ce roman ainsi que l'histoire de ce vieux professeur et de son aide-ménagère valent le détour, vraiment.

      Supprimer
  4. C'est vrai que cet aspect du livre est assez indigeste. D'ailleurs c'est souvent le cas dans ses livres. Mais j'ai été absolument sous le charme de cette relation si difficile et improbable.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, leur relation avait une réelle magie, et la façon dont la narratrice en rend compte aussi m'a beaucoup plu. J'essaierai un autre de ses livres prochainement, je pense ne pas être déçue (sauf si elle parle encore de baseball...).

      Supprimer
  5. Euh, je vais rester concentrer sur ma PAL là hein ?!

    RépondreSupprimer
  6. Je pensais lire ce titre pour la rencontre du club lecture mardi prochain (vu que le thème est la littérature asiatique) mais le titre était déjà emprunté ... comme tous les autres de cette auteure ! Du coup, je me suis rabattue sur autre chose mais finalement, vu ce que tu en dis pour le basculement vers le base ball qui m'aurait sûrement peu convenu aussi, je crois que ça tombe bien que je ne l'ai pas trouvé !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ce n'est pas pesant dans l'ensemble de l'histoire, mais si on n'est pas particulièrement passionné par le baseball, ça peut jouer sur le plaisir de lecture, c'est sûr! Je suis curieuse de savoir ce que tu as choisi pour ton club lecture du coup! Je vais suivre ça de près sur ton blog.

      Supprimer

Bon, je modère ou je vous laisse prouver de la façon la plus tordue que vous n'êtes pas un robot ? Je modère, hein ?^^