lundi 13 janvier 2020

LE DERNIER THRILLER NORVÉGIEN


LE DERNIER THRILLER NORVÉGIEN

Repéré chez Choup, c'était tout à fait le genre de roman auquel je savais que je ne résisterais pas longtemps. Parodie de genre, du genre polar nordique plus précisément, c'était déjà assez tentant après le truculent Comment écrire un polar suédois sans se fatiguer de Henrik Lange. Mais mieux encore, ce roman promettait une enquête littéraire qui allait nous plonger dans le milieu de l'édition et ses coulisses, tout en explorant les mécanismes de l'écriture. Irrésistible pour moi ce genre de thématiques !

Alors qu'un redoutable serial killer sévit à Copenhague, mettant en échec tous les efforts de la police locale, un éditeur parisien, dénommé Delafeuille, s'y rend pour tenter de décrocher les droits du dernier thriller du maître du polar nordique.
Coïncidence extrême, alors qu'il entame les premières pages de ce roman, il se rend compte que la réalité et la fiction se font curieusement écho... et il semblerait bien qu'il soit lui-même, ô stupeur, un personnage de ce thriller nordique !

Dément, non ? Et c'est sans compter la participation active de Sherlock Holmes à cette enquête des plus farfelues.
Je me suis bien amusée des délires de l'auteur, Luc Chomarat, surtout la première moitié du roman, ceux notamment autour des personnages doutant s'ils sont réels ou des personnages de fiction à la merci d'un écrivain imprévisible, voyant certaines de leurs actions se dérouler à l'avance au détour d'une page lue, craignant le sort qui leur sera réservé par la suite, et se retrouvant bien malgré eux au coeur de l'enquête sur le serial killer de Copenhague. C'est un exercice casse-gueule mais diablement divertissant, et l'auteur s'en est plutôt bien sorti, quoique sur la longueur, ça frôlait un peu le grand n'importe quoi quand même.

De bonnes idées donc, de bons délires, mais tout ne fonctionne pas toujours. L'ensemble reste toutefois satisfaisant, surtout au regard de l'ambition que représente un tel roman.
Un bon moment de lecture, exactement ce qu'on attend de ce genre de livre, divertissant, drôle, pêchu, mêlant construction en abyme et parodie de genre, avec en prime quelques pistes de réflexion à la mine de rien sur la création littéraire et l'avenir du livre, mais en fait, je trouve quand même que ce roman aurait gagné à faire un choix entre faire rire/délirer et explorer les pistes de réflexions avec plus de sérieux.

Quelques extraits :
"En se glissant derrière le volant il sentit une lassitude sans nom lui tomber sur les épaules. L'enquête n'avançait pas, et même cela ne l'aidait pas à y voir plus clair. Dans la réalité, les enquêtes n'avançaient pas, effectivement. Mais dans les polars nordiques non plus. C'étaient souvent d'assez gros bouquins, à l'écriture laborieuse."

"- C'est atroce.
- Mais vrai.
- Tenez bon, la fin du chapitre n'est plus très loin.
- Qui vous dit que ce ne sera pas pire dans le suivant ?
- Il est obligé de reprendre le cours de l'intrigue."

LC avec Keisha.

L'auteur
Luc Chomarat travaille dans la communication. Il a reçu le Grand Prix de littérature policière en 2016 pour son roman Un trou dans la toile. Les Inrockuptibles l'ont qualifié de "maître du paradoxe, de la concision et de l'humour raffiné".

18 commentaires:

  1. Voilà le billet, merci! Bon, OK, on ne lirait pas que du délire, mais de temps en temps, quand c'est bien fait, j'aime!

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    1. Oui, j'ai vu que celui-ci t'a particulièrement enthousiasmée.:)

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  2. Ton avis plus celui de Keisha, je ne peux que noter.

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    1. Écoute, je pense que tu passeras au moins un bon moment de lecture.:)

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  3. J'avais déjà repéré ce titre sur un autre blog (je ne sais plus lequel), donc tu confirmes mon envie. En plus, c'est cool, la couv est vraiment marquante et reconnaissable. Donc si je la croise en bib', je saute dessus !

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    1. N'hésite pas ! Je pense que tu sauras apprécier.:)

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  4. J'aime bien les couvertures de La Manufacture, et le roman semble tenir ses promesses (dans l'ensemble). Je le garde à l'oeil !

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    1. Oui, c'est un bon moment de divertissement, et puis cette incursion dans le milieu du livre est le petit bonus plus.

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  5. Dommage, le début de ton billet me tentait, mais j'applique en ce moment une sélection drastique des titres à noter (je dis ça après avoir écumé, une fois de plus, la librairie du coin, il faut dire qu'il y avait un tas de sorties poche que j'attendais depuis longtemps...) : au moindre bémol, je passe ! Et tant pis pour Chomart..

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    1. Je fais pareil depuis un moment alors je te comprends.;) Si ce n'est pas au moins "génial", et au moindre bémol, je ne note plus. Enfin, j'essaie...:) On a tant à lire...

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  6. Tu es moins enthousiaste que Keisha, on dirait, non ? Je ne crois pas que j'aimerais, trop de délire me fait souvent fuir.

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    1. Oui, un poil moins mais je suis loin d'avoir détesté. Je suis une grande adepte du délire et du déjanté donc je savais déjà à quoi je me risquais.:)

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  7. On est un peu dans l'exercice de style non ? J'avoue que ça ne m'emballe pas plus que ça.

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    1. On est en plein dans l'exercice de style.:) Ça m'amuse ce genre de challenge littéraire à la base, surtout quand c'est en mode gros délire, comme c'est le cas ici, mais ça ne fonctionne pas toujours à 100%, c'est le risque.:)

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  8. ah oui tentée! J'adore l'idée de départ et ça a l'air de bien continuer.

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  9. Oh ben, je le note, merci pour la découverte !

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Bon, je modère ou je vous laisse prouver de la façon la plus tordue que vous n'êtes pas un robot ? Je modère, hein ?^^