mardi 21 avril 2026

LA GUITARE DE PALISSANDRE


traduit du croate par Chloé Billon

Projetez-vous dans l'une de vos oeuvres musicales préférées, une assez douce, mais qui vous captivera dès les premières notes, de piano d'abord, très vite suivi des instruments à cordes, puis à vent, le tout s'harmonisant dans une mélodie tour à tour joyeuse, inquiétante, émouvante, puis s'intensifiant jusqu'au grand final qui vous cueillera à l'improviste.
Lire ce roman, c'est très exactement vivre cette expérience sensorielle, mais à travers les mots, des mots qui relatent l'histoire de cinq femmes, des femmes qui évoluent à des époques différentes, des temps mythiques à nos jours, et dont les destins sont étroitement liés par cette guitare de palissandre qui rythme les chapitres... Un roman composé comme une oeuvre musicale avec un final d'une puissance magistrale qui m'a mis KO !

L'autrice, Kristina Gavran, a un véritable talent de conteuse, son style est un régal de bout en bout, son écriture est ciselée, fluide, savoureuse. Le roman, divisé en trois parties, alterne les histoires de ces femmes dans chacune, et chaque chapitre nous entraîne dans une intrigue captivante qui se lit presque comme une nouvelle, mais qui tient en haleine en fin de chapitre, nous attachant aux personnages un peu plus à chaque fois avec une force tranquille et hypnotique.
Ce qui m'a plu aussi, c'est que chaque femme avait sa personnalité et sa voix propres, retranscrites dans une tonalité narrative bien distincte, et ça, c'est une vraie force du roman.

C'est en troisième partie que l'on voit les liens entre chaque histoire émerger, même si on avait pu déjà repérer quelques fils conducteurs, et là, claque !, les histoires se rejoignent dans un final émouvant qui m'a mis les poils. J'aime beaucoup ce genre d'histoires où on ne voit pas de liens clairs entre elles au départ, et qui, en se déployant, les révèlent à la toute fin, mais je ne m'attendais pas à un coup de coeur aussi fulgurant avec cette dernière partie qui m'a électrisée.
Mon premier coup de coeur de l'année !

L'autrice m'a rendu aussi fascinant tout le travail qu'impliquait la réalisation d'une guitare, depuis le choix du bois jusqu'à celui du musicien qui aura le privilège d'en jouer, en passant par le travail minutieux sur le bois... J'avais déjà eu un aperçu côté violon dans Ballade pour Georg Henig de Victor Paskov, mais là, c'était une véritable masterclass.

Extrait félin :
"Chaque fois qu'elle entendait ces petits noms, l'Orpheline se sentait misérable. Même la chatte avait un nom qui fondait dans la bouche ! Ce félin ne lui plaisait pas, on aurait dit un animal sauvage qui aurait vendu sa liberté contre un peu d'attention humaine." 😆

LC avec Nathalie.
Repéré chez Keisha, également commenté par Ingannmic.

Intègre le challenge
🎶Et pour accompagner ce texte, j'ai choisi une des oeuvres musicales citées dans ce livre : le fameux Prélude de Bach interprété à la guitare par Xuefei Yang (magnifique !). Dans le descriptif Youtube, on donne le nom du luthier qui a fabriqué l'instrument, Paul Fischer, apparemment une sommité dans le milieu.

L'autrice
Née à Zagreb en 1987, Kristina Gavran est une autrice croate.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Merci pour votre petit mot. Les commentaires sont modérés par défaut, mais j'y réponds toujours.