De George Sand, j'ai dû lire, comme à peu près tout le monde, La Mare au diable et François le Champi (quoi que j'ai un doute sur ce dernier), et bien sûr La petite Fadette pour lequel j'ai eu un véritable coup de coeur préado. Aussi, à l'invitation de Claudialucia et Miriam à une LC George Sand, je me suis dit, pourquoi pas ?
Au programme ce mois-ci, La Ville noire dont je n'avais jamais entendu parler, mais sa présentation comme un "roman social situant ses personnages et son intrigue au coeur du monde du travail, un quart de siècle avant Germinal, d'Émile Zola" me l'a rendu tout de suite intéressant. Voilà qui allait me faire découvrir une toute autre facette de George Sand, moins champêtre, romanesque et "jeunesse"... que je pensais alors. Oui et non. Le romanesque à la sauce Sand est bien présent ici et ce n'est pas forcément pour déplaire.^^
Étienne Lavoute, dit Sept-Épées, est un jeune armurier de talent qui aspire à sortir de sa condition d'ouvrier dans la ville basse, la ville noire comme on l'appelle dans le pays, pour s'installer à la ville haute, chez les bourgeois. Mais voilà, il est épris de la belle Tonine qui 1) aimerait qu'il lui prouve son amour selon l'usage : "demandez l'agrément de mon cousin [...], je ne veux rien décider sans leur conseil" et 2) préfèrerait rester dans la ville noire. Notre pauvre Sept-Épées a bien du mal à se décider au début : "ou rester pauvre avec le coeur content, ou se rendre malheureux pour devenir riche. Eh bien ! Je suis entre ces deux idées-là, moi, et ne sais à laquelle me donner."
Tssst, qu'on pourrait se dire, tu parles d'un suspense. Eh bien si, figurez-vous, suspense il y eut. L'intrigue était, au début, bien moins convenue que je ne l'avais présupposé, pour mon plus grand plaisir, et entre deux hésitations de notre cher Sept-Épées, George Sand nous plonge véritablement dans les réalités sociales et industrielles de la France du 19e siècle, ce qui m'a pas mal impressionnée.
Une lecture beaucoup plus plaisante que je ne l'avais espéré, et un démarrage bien moins prévisible que je ne m'y attendais, un portrait très intéressant du monde ouvrier de l'époque avec leurs valeurs et leurs aspirations, mais bon, que d'émotivité grandiloquente et de grosses larmes qui coulent sur des joues brûlantes. 😆 Une petite sélection pour la route : "elle avait eu les larmes aux yeux avec le sourire aux lèvres" - "Tonine sentit deux grosses larmes couler sur ses joues" - "après voir versé beaucoup de larmes très amères" - "j'ai senti sur mon bras des larmes tombant toutes chaudes de vos yeux"...
Et cette Tonine un peu trop parfaite... sans parler de cette fin en fanfare ultra romanesque à en être cocasse. Mais c'est tout le charme d'un George Sand.^^
Mon petit plaisir quand je lis George Sand, ce sont aussi ces expressions et formules désuètes pleines de charme :
"Tiens, sais-tu ? Je te trouve sot, et à la place de Tonine je te dirais tout de suite d'aller promener tes pas et ton feu ailleurs." 😆
LC avec Claudialucia et Miriam.


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