lundi 21 janvier 2019

MA MÉMOIRE ASSASSINE


MA MÉMOIRE ASSASSINE

traduit du coréen par Lim Yeong-hee et Mélanie Basnel

(lu en novembre 2018)
Repéré chez Maggie, je n'ai pas résisté à ce roman de Kim Young-ha, auteur coréen dont je n'ai jamais vraiment réussi à déterminer avec certitude si on était fait pour s'entendre sur le long terme. J'avais conclu, lors de ma dernière lecture d'un de ses livres, qu'il avait en tout cas un univers qui lui était propre et auquel j'adhérais totalement quand je le comprenais, du coup je reste assez intriguée par ses oeuvres.

Dans ce roman-ci, ce sont le titre et la quatrième de couv qui m'ont été fatals :
"Un ex-tueur en série décide de reprendre du service. Seul problème : il a soixante-douze ans et vient d'apprendre qu'il a la maladie d'Alzheimer."
"Un étrange roman d'humour noir dont l'héroïne n'est autre que la mémoire qui se dérobe et brouille les pistes. Et un suspense au dénouement stupéfiant, car derrière une histoire peut s'en cacher une autre dont le lecteur découvre qu'il n'a jamais eu les clés, précisément parce que le narrateur les avait oubliées."

Affriolant, non ?
J'aimais cette idée quelque peu incongrue et originale de ce tueur en série retraité qui reprendrait subitement du service comme un boulanger à la retraite déciderait subitement de remettre la main à la pâte. La banalisation de ses actes, en faire un métier comme un autre. Humour noir bonjour ! J'adore ce genre de court-circuit qui se crée dans la tête.
Et la petite cerise sur le gâteau, notre homme est atteint d'Alzheimer. Le pompon, quoi ! J'ai toujours été fascinée par ces thématiques autour des troubles de la mémoire, et quand le narrateur est lui-même concerné de près, je trouve ça particulièrement intéressant de voir comment l'auteur va se sortir de ce qui ressemble à une véritable impasse narrative.
Sans compter que le lecteur lui-même ne sait plus à quels faits ni affirmations se vouer ! Si l'on n'a pas affaire à un manipulateur patenté, on se rend compte au fur et à mesure de notre lecture qu'on est tout de même face à un personnage qui ne sait pas lui-même, du fait même de sa maladie, si ce dont il se souvient est fiable ou non.
Ça promettait donc et je me réjouissais d'avance du développement du récit.

Je ne peux pas vraiment en dire plus sur l'histoire en elle-même sous peine de spoiler mais c'est une intrigue très réussie, originale, où on sourit parfois, avec un dénouement inattendu face auquel je suis restée comme deux ronds de flan.

J'ai vraiment aimé que l'auteur cherche à se créer quelques challenges et à se mettre lui-même des bâtons dans les roues. J'adore ce genre d'auteur un peu farfelu et je pense que je peux confirmer maintenant que j'aime vraiment beaucoup son univers, un peu étrange mais une étrangeté qui me sied bien.

Extraits :
"Le chien d'un voisin vient souvent chez moi, il fait ses besoins dans ma cour et aboie dès qu'il me voit. Ici c'est chez moi, espèce de sale bête de merde.
J'ai beau lui jeter des cailloux, il ne s'enfuit pas et continue à rôder autour de moi. En rentrant du travail, Eun-hee me dit que ce chien est le nôtre. C'est un mensonge. Pourquoi ment-elle ?"

"Un des inconvénients de la vie de tueur en série, c'est que je n'ai aucun ami à qui je puisse parler à coeur ouvert. Mais après tout, les autres ont-ils vraiment ce genre d'amis ?"

"- Vous savez, même les ivrognes arrivent à plaisanter entre eux. Il n'est pas nécessaire d'avoir toute sa tête pour prendre plaisir à converser."

À noter qu'un film coréen a été adapté de ce roman sous le titre La Mémoire assassine (Memoir of a Murderer en anglais).

12 commentaires:

  1. Pfff, franchement, ces coréens ont de l'idée!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, ils sont assez proches des Japonais pour ça, je trouve.

      Supprimer
  2. Un coréen un peu barré, ça se note sans sourciller^^

    RépondreSupprimer
  3. Fabuleux !!!!! J'ai hâte de le sortir de ma PAL. Je vais bientôt parler de La dénonciation de Bandi ( j'ai commencé par ce coréen et ensuite je vais continuer). J'ai hâte de le sortir de ma PAL grâce toit :-)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ooh et moi j'ai bien hâte de te lire tout le long de ton exploration de la littérature coréenne ! Je n'ai pas (encore) lu La dénonciation mais je suis bien curieuse de ton avis !
      (ah oui, février, ça y est, tu refais enfin surface^^)

      Supprimer
  4. PS : en revanche, je ne trouve pas l'adaptation, je voulais vérifier si je l'avais vu ou pas...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je ne me souviens pas avoir vu passer ce film. Ceux qui l'ont vu semblent l'avoir préféré au livre mais bon, c'est souvent comme ça, on préfère ce qu'on a vu/lu en premier.

      Supprimer
  5. Pourquoi pas, bien tentant... si je n'oublie pas ! Lol !

    RépondreSupprimer