mercredi 2 janvier 2019

UNE VIE QUI N'ÉTAIT PAS LA SIENNE


LAURA Y JULIO

( UNE VIE QUI N'ÉTAIT PAS LA SIENNE )

traduit de l'espagnol par André Gabastou

Au départ, c'est Où l'on apprend le rôle joué par une épingle à cravate du même auteur, Juan José Millás, que je voulais lire. Il faut dire qu'un titre aussi improbable évoquait assez de farfelu, d'intrigant et de décalé pour me plaire. Las, mes bib' de quartier ne l'avaient pas dans leurs rayons. Tenaillée par la curiosité de la découverte de cet auteur que je pressentais à la hauteur de ce que promettaient ses titres, je me suis rabattue sur un autre roman, disponible lui, Une vie qui n'était pas la sienne, un autre titre aussi percutant et énigmatique, et qui laisse aussi songeur que celui de l'épingle à cravate.

La lecture rapide de la quatrième de couv m'a par ailleurs convaincue que j'y trouverais mon compte. À sa relecture plus attentive au moment où je la recopie (ci-dessous), je me rends compte que la présentation de l'éditeur est un peu bavarde et en dit un peu trop dans le sens où elle raconte presque toutes les grands lignes de l'histoire, mais en même temps, hors contexte, on ne se représente pas vraiment bien l'intrigue, ni toute sa portée, ni de ce dont il s'agit réellement. À lire en survolant quand même, comme je l'ai fait moi-même, car on ne sait jamais...^^

"Chassé du domicile conjugal, Julio se réfugie secrètement dans l'appartement de son voisin. Là, il modifie jour après jour sa manière d'être, son regard sur Laura, sa femme, et sur le monde. Après l'appartement, le lit, la cuisine, la salle de bains, Julio s'approprie les vêtements du voisin, se glisse dans ses chaussures, met son parfum et finit par entrer dans son ordinateur. Il découvre alors que son voisin s'est depuis longtemps immiscé dans sa propre vie, bien au-delà de ce qu'il voyait. La vie prend soudain pour Julio une toute autre couleur.
Une vie qui n'était pas la sienne est une histoire d'amour, inédite. C'est un récit intense et précis, qu'il est impossible d'abandonner tant, dans le jeu de miroirs, on a envie de savoir qui dit vrai, qui aime qui, qui est qui."

Bon, je la trouve un poil exagérée et dithyrambique aussi sur sa dernière phrase, même si "intense et précis" est très vrai et que je n'ai pas ressenti l'envie d'abandonner (mais c'est un roman relativement court, qui se laisse lire très bien). Ceci dit, "impossible d'abandonner", il faut oser quand même sur une quatrième de couv.^^

Mon avis Goodreads :
3,75/5 étoiles, allez.:-) J'aurais pu aller jusqu'à 4 pour le style, l'écriture, assez unique et surprenante, que je ne saurais vraiment qualifier, pour le ton et l'humour à froid qui fait son effet, et l'univers de l'auteur et ses personnages qui ont ce quelque chose de vaguement absurde, décalé et kafkaïen. J'ai bien aimé la fin qui frôle le n'importe quoi, le tout sonne comme une farce un peu farfelue mais racontée avec grand sérieux et élégance. Mon bémol, c'est qu'à la lecture (rapide) de la quatrième de couv, je m'attendais à quelque chose de plus délirant, cocasse, loufoque, et à un traitement et développement un peu différents de l'intrigue mais ça reste un récit de très bonne facture.

Un auteur à suivre en ce qui me concerne, et je sens d'ailleurs que je vais finir par m'acheter Où l'on apprend le rôle joué par une épingle à cravate qui semble encore plus kafkaïen.

Un extrait :
"Manuel affirma qu'on tombe parfois sur des choses nouvelles mais qu'il s'agit toujours d'une conséquence de la quête des anciennes.
- Pourquoi va-t-on sur Mars ? Pour voir s'il y a de l'eau, l'eau, tu parles d'une nouveauté ! Et on explore l'univers pour vérifier s'il y a de la vie, c'est-à-dire pour voir si on retrouve la même chose qu'ici. Les hommes, qu'ils le sachent ou pas, se marient avec leurs mères et les femmes avec leurs pères, parce que ce sont leurs modèles. Si les gens savaient avec qui, en réalité, ils baisaient quand ils baisent avec leur partenaire, ils en seraient épouvantés."

L'auteur
Juan José Millás, né à Valence (Espagne) en 1946, est considéré aujourd'hui comme l'un des plus grands écrivains espagnols contemporains. Son oeuvre a été récompensée à maintes reprises par des prix littéraires.

12 commentaires:

  1. OK, c'est à la bibli, faut voir, sans urgence quand même.Le kafkaien je me méfie parfois...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est un livre assez court, sans grand danger de te perdre, mais nous avons tous nos lectures prioritaires.:-)

      Supprimer
  2. Alors d'entrée de jeu je suis allée voir l'autre titre dont tu parles et ça me tente encore plus. Enfin, en lisant ton billet je me dis que je pourrais flancher pour celui-ci également ! Vile tentatrice ^^

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, on a bien envie de connaître le rôle de cette épingle à cravate ! Je suis sûre que ce livre me plairait davantage aussi mais celui que j'ai lu donne une bonne idée du style et de l'univers de l'auteur. C'est toujours ça de pris.:-)

      Supprimer
  3. Je pense que je ne suis pas la bonne candidate à ce type de lecture, je passe mon tour (quelle joie de ne rien noter !! ;-) )

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je te comprends, je me réjouis aussi quand je ne suis pas tentée.:-)

      Supprimer
  4. Je n'en fais pas une priorité mais je note au cas où je le croiserais dans une bibliothèque.

    RépondreSupprimer
  5. Un jeu de miroirs qui semble assez intriguant quand même ...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, et le sujet est traité de manière original et surprenant sur la fin.

      Supprimer
  6. Le kafkaien, j'ai du mal quand même...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah oui ? J'aime beaucoup moi. Mais c'est vrai, toi c'est plutôt le bukowskien.^^

      Supprimer