vendredi 8 octobre 2021

EUREKA STREET


EUREKA STREET

Ce roman, je l'avais noté de (très) longue date comme un roman qu'il me fallait absolument lire un jour, sur la foi de l'enthousiasme de nombreux lecteurs (niveau coup de coeur pour beaucoup) sans savoir précisément de quoi cela parlait. Je savais juste que l'auteur, Robert McLiam Wilson, était irlandais et que son roman se déroulait à Belfast dans les années 90. Bêtement, à cause du titre sans doute, je m'étais imaginée une histoire de quartier où l'on suit un peu le quotidien des habitants dans une atmosphère un peu feel good (mais pas gnangnan - plutôt à la Amélie Poulain, avec une touche de merveilleux et d'euphorique), malgré le contexte socio-politico-historique quelque peu turbulent.

Si l'on lit la quatrième de couv, on n'est pas loin de cet esprit d'ailleurs :
"Dans un Belfast livré aux menaces terroristes, les habitants d'Eureka Street tentent de vivre vaille que vaille. Chuckie le gros protestant multiplie les combines pour faire fortune, tandis que Jake le catho, ancien dur au coeur d'artichaut, cumule les ruptures. Autour d'eux, la vie de quartier perdure, chacun se battant pour avancer sans jamais oublier la fraternité."

Et maintenant que j'ai lu ce roman, je peux confirmer que le résumé est tout à fait conforme à l'intrigue.
Sauf que voilà, pour moi ça n'a pas été un coup de coeur. J'aurais tant voulu que ça le soit comme pour beaucoup mais si j'ai apprécié l'écriture et l'humour piquant de l'auteur, il me faut admettre que j'ai lu ce roman sans peine mais sans passion. Je ne me suis pas attachée aux personnages et je trouvais leur histoire personnelle barbante par moment, or ça pèse un peu dans un roman qui s'attache à la raconter. Ces personnages qui se retrouvent pour boire, qui se cherchent, dont les aventures ne sont pas toujours très gaies, finalement, c'est assez banal, on pourrait retrouver les mêmes dans n'importe quel pays. L'intérêt de ce roman réside davantage dans son portrait sans concession (mais non dénué de tendresse) de Belfast dans les années 90 que dans celui des personnages. Il y a par ailleurs quelques moments lumineux à travers l'écriture et des touches d'humour, des piques qui donnent un peu de relief à cette intrigue, mais sinon ce n'est pas d'un palpitant. 

Ah ! Il y a tout de même eu un sacré rebondissement au chapitre 11 qui est arrivé sans prévenir, ah là oui, quelle claque ! Comme si le talent de l'auteur s'était concentré sur cet instant. La force évocatrice de ce chapitre est juste puissante ! Mais après, c'était de nouveau la routine autour des personnages malgré de nouveaux événements. Rien d'emballant mais pas au point de me faire lâcher non plus. 
Dans l'ensemble, je pourrais presque dire que par moment, j'aimais bien ma lecture, mais sans que rien ne m'émeuve ou ne me surprenne. Ce chapitre 11 m'a laissé penser que l'auteur avait du Talent (oui, avec un grand T), ce qui ne se ressentait pas forcément aussi fort dans le reste de l'intrigue, mais pour moi, il ne suffira hélas pas à hisser ce roman au rang de coup de coeur.

LC avec Sandrine dont l'avis rejoint assez le mien.

Intègre le challenge À l'assaut des pavés. Hors catégorie (moins de 600 pages).

L'auteur
Robert McLiam Wilson est né en 1964 à Belfast ouest, quartier ouvrier catholique de la ville. Il s'expatrie à Londres où, après des débuts difficiles, il obtient une bourse d'études à Cambridge, qu'il quitte rapidement pour se consacrer à l'écriture. En 1988, il remporte plusieurs prix littéraires en Grande-bretagne pour son premier roman, Ripley Bogle. Il publie ensuite La Douleur de Manfred et Eureka Street, tous deux salués avec enthousiasme par la presse.

23 commentaires:

  1. Je connais ce titre, mais là tu ne vas pas me convaincre de ma jeter dessus...

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    1. Ça se trouve, tu adorerais. J'ai l'impression qu'on est assez minoritaires à ne pas en avoir fait un coup de coeur.

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  2. Un roman qui fait partie de mes préférés de tous les temps ! Bon, je ne l'ai lu qu'une fois, je ne sais pas si je serais aussi épatée à la relecture... Mais il reste un de mes précieux, comme ça !

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    1. Ah voilà, tu fais partie de celles et ceux qui ont adoré.:) Je vous envie presque d'avoir pu ressentir autant de passion pour ce roman.

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  3. Et bin cela arrive de ne pas trop aimer des livres apprecies par tout le monde.....en tout cas, je vais attendre avant de le lire...si je le lis...;)

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    1. Oui, c'est vrai que cela arrive, cela m'arrive même souvent.^^ Mais bon, il faut bien quelques voix discordantes.;)

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    2. Et bin cela me fait plaisir de n'etre pas la seule....le dernier en date chez moi c'est "poussiere dans le vent" de Padura...j'ai vraiment aime mais pas adore comme tout le monde....;)

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    3. Ah oui, la nuance a son importance entre vraiment aimé et adoré.:) Peut-être qu'on a de trop grandes attentes quand un roman fait l'unanimité ?

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    4. Je pense aussi.....trop d'attente....on le met sur un piedestal...d'ou la chute...;)

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    5. Oui, heureusement qu'il y a des exceptions tout de même et qu'on peut avoir un coup de coeur aussi sur certains romans qui font l'unanimité.:)

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    6. Effectivement....heureusement....;) Mais souvent je n'ai pas lu de critiques avant, en general...lol

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    7. Ceci confirmant notre hypothèse de départ.;)

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    8. La littérature, c'est des maths en fait, haha !^^

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  4. J'en ai tellement à lire que je ne vais pas m'attarder sur celui-ci...
    Bon weekend.

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    1. Je ne pense pas que tu y trouverais ton compte en effet.;) Bon weekend.

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  5. si le talent de l'auteur se concentre sur un seul chapitre, on a le droit de passer, nan? :)

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    1. Haha, tout prétexte est bon pour préserver sa PAL, je vois. Ceci dit, beaucoup ont vu son talent harmonieusement réparti sur tout le roman.;)

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  6. Oh, moi je l'avais adoré ce roman ! ..

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    1. Ça ne m'étonne pas. Beaucoup de gens bien et de très bon goût ont adoré ce roman.;)

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  7. "Sans peine mais sans passion"... S'il n'y a pas de droit d'auteur sur ton expression, je l'utiliserai bien à l'avenir, car elle résume pas mal de chose... Comme le roman que je suis en train de lire d'ailleurs !!!

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    1. C'est vrai qu'il y a beaucoup de livres qu'on lit auquel on pourrait appliquer ce "sans peine mais sans passion" mais ça nous permet aussi de vraiment apprécier un roman quand il nous transporte réellement. Si on était tout le temps transportés, verrait-on la différence ?^^

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