mardi 15 février 2022

THE SOUND AND THE FURY


THE SOUND AND THE FURY

( LE BRUIT ET LA FUREUR )

C'est vêtue de ma combinaison protège-tomates et bien planquée derrière mon écran que je me présente ici car si je suis ravie d'avoir enfin pu lire (et finir) ce roman qui avait rejoint ma PAL il y a bien 20 ans, et surtout, d'avoir pu dépasser les 10 premières pages après deux abandons, je regrette de devoir annoncer que ce n'est pas un coup de coeur, ni une révélation, malgré le fait que je ne peux nier le talent de William Faulkner.

Tableau triptyque de la famille Compson, sud des États-Unis, 1928. Technique : monologue intérieur. Voilà comment on aurait pu décrire cette oeuvre si cela avait été une peinture. Dans les faits, c'est un grand puzzle littéraire avec lequel il faut composer tout le long pour parvenir à donner forme et corps à l'histoire tragique et douloureuse de cette famille maudite. 

Le premier volet de ce tableau est raconté par Benjy, l'aîné des enfants Compson et, par malheur, simple d'esprit, complètement dépassé par les événements qui se déroulent autour de lui. Il ne distingue pas le passé du présent (merci pour nous) et les images qui lui parviennent s'enchaînent confusément dans sa tête, mélangeant ses souvenirs à l'instant présent. Autant vous dire qu'en mode monologue intérieur, il faut s'accrocher pour suivre le cours de ses pensées et parvenir à démêler la chronologie des événements. Une chose est sûre : il vénère sa soeur Caddy.
Le deuxième volet est raconté par Quentin, un autre fils Compson, et se déroule quelques années plus tôt, en 1910, alors qu'il est étudiant à Harvard. Si lui n'est pas attardé, son monologue intérieur n'en demeure pas moins confus mais une chose est sûre là encore : lui aussi vénère sa soeur Caddy.
Le troisième volet - retour en 1928 - est centré sur Jason, le troisième fils Compson, mais est raconté cette fois par une narratrice extérieure, Dilsey, une des domestiques noirs de la famille. 
Le tableau final est achevé, nous marquant de la déchéance de cette famille, et même s'il m'a manqué quelques pièces au puzzle, on comprend que Caddy est la figure centrale de ce triptyque bien qu'elle n'aura jamais eu voix au chapitre, contrairement à ses frères, ce qui est bien dommage car j'aurais bien aimé avoir sa version des faits...

Pourquoi une lecture mitigée finalement ? 
Déjà, au fil des pages, beaucoup trop d'éléments m'ont échappé, j'ai dû aller les récupérer dans des analyses en ligne, et malgré leur lecture éclairée du roman, ça m'a laissée quand même dubitative. Trop d'embrouillement, trop labyrinthique, trop de chaos dans la narration d'une histoire familiale dramatique qui, de base, ne m'aurait pas touchée de toute façon.
C'est une lecture et une histoire éprouvantes. Une expérience de lecture à faire ? Oui, pourquoi pas. J'avoue que c'est un véritable exploit de la part de Faulkner d'avoir réussi à retranscrire la façon dont Benjy perçoit le monde. De même, il y a un réel intérêt stylistique dans la retranscription du chaos et du désarroi dans la tête de Quentin, sans parler de la façon dont Faulkner finit par rendre presque tout limpide après avoir pourtant volontairement brouillé les pistes, c'est assez dément, mais l'histoire en elle-même, la tragédie familiale en elle-même, ce n'est vraiment pas le genre qui me fait vibrer, même si, sous la plume de Faulkner, tout prend une autre dimension.

À celles et ceux qui voudraient tenter l'aventure, je partage le conseil qu'on m'a donné et qui m'a aidée à dépasser les 10 premières pages au bout de la troisième tentative : lisez la préface ! C'est un vrai fil d'Ariane qui vous permettra de ne pas vous égarer dès les premières lignes, même si, malheureusement, vous serez "spoilé" d'un ou deux événements majeurs dans l'histoire.

LC avec Stéphanie et Nasaissa qui, elles, ont adoré.

L'auteur
William Faulkner (1897-1962), né dans l'État du Mississippi, appartient à une vieille famille aristocratique ruinée par la guerre de Sécession. Après avoir tâté de différents métiers, vécu à New York et à Paris, il revient habiter dans son pays natal et s'installe à Oxford, Mississippi. Il est probablement l'écrivain qui a eu le plus d'influence sur la littérature contemporaine. William Faulkner a reçu le prix Nobel en 1949.

19 commentaires:

  1. Pour moi qui est une admiratrice de Faulkner, cela me peine que vous n'ayez pas aimé ce roman. Tentez avec Sartoris ; peut-être plus accessible car moins "touffu", si j'ose dire.

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    1. Mon avis reste très subjectif et ne remet nullement en cause le talent et les qualités de Faulkner, d'autant plus que je suis loin d'être une référence.;) Je reviendrai sûrement à lui un jour d'ailleurs. Je note Sartoris.:)
      (En passant, je n'arrive pas à laisser de commentaires sur votre blog et ce n'est pas la première fois que j'ai un message d'erreur à chaque tentative...)

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  2. Ha bon c'est sur instagram pour stephanie..; je vais rater des trucs, en n'étant pas sur les réseaux sociaux..;^_^
    J'ai aimé comment Faulkner avait rendu les pensées de Benji. Depuis, j'ai tenté un autre titre, et flop total, bah je peux reprendre, tu connais l'idée!

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    1. Tu rates tellement de choses oui, en n'étant pas sur Instagram.;) C'est vrai que j'y suis de plus en plus de lectrices (ça reste toujours majoritairement féminin^^) et j'ai commencé à faire mes premières stories.^^
      Pour l'autre titre de Faulkner (lequel d'ailleurs ?), il faut peut-être lire la préface, haha !;)

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  3. Je ne te jette pas la pierre -ni de tomates-, ayant abandonné "L'intrus" de ce même Faulkner, pour les raisons qui ont conduit à ton avis mitigé, et sans la lecture de la préface, je crois que je n'aurais pas persévéré dans ma lecture de celui-là... bref, c'est loin d'être mon préféré de l'auteur (mon préféré, c'est "Tandis que j'agonise", où on retrouve cette immersion dans l'esprit des personnages, mais où on arrivé à suivre après un petit temps d'adaptation !).

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    1. Il a écrit tellement de livres ! Je ne connaissais pas L'intrus dont tu parles, ni Sartoris mentionné plus haut... Et le pire, c'est que tous ses romans me tentent par leurs thèmes ! C'est ça qui est terrible, Faulkner semble un auteur pour moi, avec qui la rencontre devrait se faire facilement, mais il me donne bien du mal.:) Enfin bon, je n'ai tenté qu'un roman pour l'instant, ce n'était peut-être pas la meilleure pioche pour moi. Je vais y regarder de plus près pour Tandis que j'agonise.

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  4. Non, rassure-toi, pas de tomates. Tu n'es pas la seule à ne pas être vraiment entrée dans ce roman tellement experimental que la lecture en est très souvent déroutante. Moi, je t'avoue que la première lecture m'avait laissé complètement dubitatif. Il a fallu que je le lise une deuxième fois pour que, tout s'eclairant, je parvienne enfin à entrer avec beaucoup de plaisir dans ce livre, qui n'est pas mon préféré de Faulkner cependant: je trouve Absalon Absalon beaucoup plus fort par exemple.

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    1. Tu as donc réitéré avec ce roman qui t'avait pourtant laissé dubitatif la première fois ? Wow, bravo ! J'avoue que ça m'a suffi d'avoir déjà persévéré 3 fois pour dépasser les premières pages, je n'irai pas jusqu'à le relire pour voir si je peux y prendre plus de plaisir.^^
      J'avais noté Absalon, Absalon pour mon (éventuel) prochain Faulkner. Ravie de voir qu'il y a des chances qu'il m'enthousiasme davantage.

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  5. pas de tomates non plus de mon côté, je ne l'ai jamais lu! j'avais envie de lire Lumière d'août (mais je ne sais plus pourquoi j'avais noté celui-là plutôt qu'un autre!)...

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    1. Si je peux me permettre : "Lumière d'août", en plus d'être excellent, a le mérite d'être l'un des titres les plus accessibles de Faulkner, c'est peut-être pour ça que tu l'avais noté.. ?

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    2. Tiens, c'est drôle, j'ai toujours hésité entre Lumière d'août et Le bruit et la fureur pour mon premier Faulkner, mais je pense qu'à l'époque où je les avais notés, c'était les deux prescriptions de ma fac.^^

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  6. Ah ça, je sais que ce n'est vraiment pas pour moi ! Malgré l'expérience littéraire !

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  7. De Faulkner, je n'ai lu que des nouvelles ( en mode parcours découverte ) pour approcher le style. Il faudra, comme toi, que je me lance dans un roman. J'avais plutôt noté Lumière d'août, merci de confirmer ^^. Je salue ta détermination.

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    1. Merci, j'ai une certaine fierté d'être enfin parvenue à le lire.^^ Ça faisait un moment que j'en repoussais la lecture, surtout après mes deux précédents échecs. Bon, a priori tu ne fais pas d'erreur en t'orientant sur Lumière d'août, si j'en crois Ingannmic.;)

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  8. 2 abandons et tu persévères ! Bravo ! Je ne le ferais sûrement pas !
    Bonne soirée.

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    1. C'est vraiment parce que c'était un auteur dont je voulais découvrir l'écriture et l'univers depuis des lustres, et que ce titre était dans ma PAL depuis aussi longtemps. Sinon, habituellement, j'abandonne une fois et je n'y reviens pas.;)

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  9. C'est un titre que j'ai envie de lire tout en ayant peur de le lire...

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    1. Exactement mon cas jusqu'à ce que je saute le pas en ce début d'année.;) Voilà c'est fait, je l'ai fait, tu peux le faire !^^

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