mercredi 4 juin 2008

LA GUERRE D'ALAN - TOMES 1 ET 2


LA GUERRE D'ALAN - TOMES 1 ET 2

Présentation de l'éditeur
"Quand j'ai eu dix-huit ans, Uncle Sam m'a dit qu'il aimerait bien mettre un uniforme sur mon dos pour aller combattre un gars qui s'appelait Adolf. Ce que j'ai fait."
Les souvenirs d'Alan Ingram Cope retranscrits en BD nous montrent une guerre à mille lieux des images hollywoodiennes : entre réalisme scrupuleux et abstraction graphique, Emmanuel Guibert dépeint dans toute sa matérialité et sa véracité cette guerre qu'il n'a pas vécu. Dans le second des trois volets qui composeront "La Guerre d'Alan", Alan débarque en Normandie le 19 février 1945, le jour de ses vingt ans. Avec son unité de chars, il va traverser l'Allemagne dévastée et ira jusqu'en Tchécoslovaquie en mission semi-secrète d'éclaireur.

Arf! Je viens de finir le tome 2 sur la mention "à suivre", et je viens de m'apercevoir que le tome 3 était sorti en mars de cette année. Il me le faut!!!
En attendant, voici un commentaire incomplet, quoique je ne me fais pas de souci quant à la qualité du dernier tome (dernier?), aussi je ne pense pas commettre d'impair en parlant de cette BD dans sa globalité.

Décidément cet Emmanuel Guibert me plaît beaucoup, beaucoup, beaucoup! Il a vraiment un talent fou pour retranscrire les témoignages de ses rencontres opportunes en BD, ses oeuvres sont de vrais bijoux, tant en terme visuel que stylistique. Je repense aux trois tomes du Photographe qu'il a co-écrit avec Didier Lefèvre, un vrai chef d'oeuvre pour moi!

L'histoire d'Alan Cope est, il est vrai, peu ordinaire à la base, aussi elle capte facilement l'attention, mais il faut un véritable don pour reproduire en BD les souvenirs du narrateur, sa voix (oui oui!! on l'entendrait presque!), sa personnalité, son rythme narratif, les images qu'il a décrites, les sentiments qui l'ont animé, l'atmosphère d'une époque, ce qu'il a vu, ce qu'il a fait, et cela, Emmanuel Guibert le réussit très bien. On s'y croirait vraiment d'ailleurs. J'avais vraiment l'impression d'avoir Alan Cope chez moi, d'entendre son témoignage de vive voix et de vivre ses souvenirs. Très beaux souvenirs par ailleurs - j'ai beaucoup aimé comment il revivait chaque moment qui a marqué son existence à cette époque, la camaraderie entre soldats, ses (més)aventures, l'apprentissage du "métier", ses rencontres, tout cela emprunt d'une certaine ironie douce-amère. Le graphisme, sobre, mais fin et subtilement nuancé, en noir et blanc, contribue à nous émouvoir.

L'histoire en elle-même est touchante d'ailleurs, narrée avec candeur et simplicité, toute à l'image de ces soldats qu'une nation envoie à la guerre sans qu'ils sachent de quoi il retourne exactement. Une phrase d'Alan Cope le résume très bien d'ailleurs :
"Quand j'ai eu dix-huit ans, Uncle Sam m'a dit qu'il aimerait bien mettre un uniforme sur mon dos pour aller combattre un gars qui s'appelait Adolf. Ce que j'ai fait."
Il y a un côté naïf et amusant, tendre, qui fait de ce récit de temps de guerre, quelque chose de léger, d'abordable, presque d'agréable et drôle malgré son côté triste, tragique et impitoyable qui flotte en toile de fond.

La guerre apparaît comme absurde, comme souvent, et ce témoignage m'a beaucoup fait penser à Abattoir 5 ou la croisade des enfants de Kurt Vonnegut dont le récit s'inspire de l'expérience personnelle de son auteur à la même période qu'Alan Cope. Il y a, comme chez Vonnegut, un côté drôle façon touchant, drôle façon triste, mais c'est la vie - "so it goes", dans le récit d'Alan Cope, et cela, encore une fois, Guibert le retranscrit très bien.

Vraiment, j'ai beaucoup aimé et il me tarde de lire le tome 3 (j'adore comment se termine le tome 2!!).

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