Repéré en bibliothèque, c'est un peu tout qui m'a irrésistiblement attirée : la couverture, qui semblait gentiment se jouer de nous avec son dessin enfantin, le titre, comme sorti de nulle part, sans lien apparent avec l'illustration, le tout aux éditions Do dont le catalogue m'avait déjà intriguée au cours de mes dérives bloguesques. L'occasion idéale de les découvrir enfin !
Un coup d'oeil à la quatrième de couv et j'étais ferrée :
" "J'avais acheté cette maison car elle n'était pas chère, pas chère du tout, et je l'avais achetée malgré l'aspect inquiétant qu'elle aurait pu offrir aux passants, s'il y en avait eu, mais il n'y en avait pas."
Cheval, ça se passe à la lisière d'une ville. Il y a une maison, qui n'a pas la forme exacte d'une maison. Le jour, on va travailler. Le soir, on écrit des pièces de théâtre d'un genre un peu particulier. Il y a aussi une grande panne d'électricité, et des déjeuners pris dans la cuisine d'un collègue de travail. Pour aller dans la cuisine, on passe devant un salon dans lequel on n'entre pas. Et on l'appelle quand même salon. C'est comme le cheval : un beau jour, il arrive par les prés. Mais ça n'est pas vraiment un cheval. Et on l'appelle quand même cheval. Comme ce drôle de livre."
C'est une petite curiosité d'une étrangeté poétique que ce texte qui tend à dérouter tout en nous maintenant sur les rails. C'est une situation tout à fait ordinaire qui ouvre les premières pages, une situation type RAS, mais des bizarreries surgissent petit à petit en cours de récit. Elles y sont toutefois glissées de façon à passer comme tellement naturelles (alors que... euh, non) qu'on finit par les accepter comme tout à fait normales. Des mystères se révèlent aussi, puis ce qui se déroule sous nos yeux devient carrément étrange, déconcertant, mais de façon plutôt plaisante, sans qu'on sache trop ce qu'on est censé penser de tout ça.
Délire d'autrice ? Lecture expérimentale ?
Je pensais qu'on serait dans la veine de la comédie, du hautement déjanté, mais c'est moins drôle ou plus soft que je ne m'y attendais. Ou disons que c'est drôle, à 50% du sens premier et 50% du sens second. On peut tout de même parler de comique de situation, et si on y met le ton, c'est plus drôle que franchement sérieux. Il y a clairement une part d'absurde (non parce que le "cheval" là... sans parler de tout ce qui s'ensuit 😆) et c'est un poil OLNI aussi (du genre, mais qu'est-ce que j'ai lu là ? 🤔).
Après lecture, la couverture prend tout son sens et je l'adore vraiment ! Dommage que je n'ai pas pris le dos en photo, car là aussi, c'est bien malicieux.
Extrait
"Je considérais le travail comme une activité qui occupait mes journées, me donnant en plus l'opportunité de gagner un peu d'argent. Lui le considérait comme un vrai sujet, disons un moyen d'accomplir quelque chose. J'étais de fait resté cantonné à un poste subalterne et suffisant pour ce que j'en attendais, quand il avait accompli ses missions avec succès, gravi les échelons. En constatant ceci je me rappelais, rassuré, que nous ne travaillons pas dans le même service, qu'il n'était en aucune manière mon supérieur. Débarrassés de ce lien hiérarchique, nous pouvions partager en toute tranquillité des moments cordiaux."
L'autrice
Julie Boudillon, née en 1978 à Montpellier, a écrit un premier roman, Assaut, en 2020, puis des nouvelles dans la revue de L'Autoroute du sable. Elle vit et travaille, comme bibliothécaire, à Paris. Cheval est son deuxième roman.


C'est exactement genre de roman que j'aimerais pouvoir trouver dsns ma bibliothèque car les OLNI et moi, c'est risqué mais ça peut aussi passer. Malheureusement, c'est aussi le genre de roman/maison d'édition que je n'y trouve habituellement pas...
RépondreSupprimerJe dois dire que j'ai été très étonnée de trouver ce roman dans ma bibliothèque. Je ne manque pas de choix, mais ce genre de maison d'édition, c'est plutôt rare aussi. Oui, les OLNI, ce n'est pas toujours une garantie qu'on y trouve son compte.
SupprimerA première vue beaucoup trop étrange pour moi. Mon envie d'originalité ne va pas si loin.
RépondreSupprimerJe n'insisterai pas.;)
SupprimerAlors là! Rien à la bibli, qui pourtant n'hésite pas en général...
RépondreSupprimerMais oui, d'habitude c'est toi qui présentes ce genre de livres.:)
SupprimerCe titre a l'air en effet plein d'étrange et de non-sens. Cela ne peut qu'attiser la curiosité.
RépondreSupprimerÇa a clairement attisée la mienne en tout cas et je ne regrette pas cette étrange découverte, même si elle me laisse quand même assez déconcertée.^^
SupprimerJe découvre la maison d'éditions, et l'autrice... mais visiblement mes bibliothèques ne l'ont pas encore découvert... et c'est trop particulier pour que je me risque à un achat. Dommage !
RépondreSupprimerC'est une maison qui a une vraie identité éditoriale, mais je ne pense pas que tous leurs ouvrages soient aussi particuliers que celui-ci.:)
SupprimerJe ne connais pas la maison d'édition et j'aime bien en général ce qui est un mystérieux et absurde...mais rien dans mes médiathèques, je m'en doutais ! Tant pis je le note à part...
RépondreSupprimerJ'ai été moi-même très surprise de trouver un de leurs ouvrages dans ma bibliothèque. Tout est possible.:)
SupprimerOooohh tu donnes bigrement envie didonc...oh ouiiii....
RépondreSupprimerJ'ai mis quelques alertes tout de même, mais si on aime ce type de délire, ça devrait bien passer.:)
SupprimerC'est chez cette même maison DO qu'est paru "Fraternité" de Luc Dagognet, dont j'ai beaucoup apprécié l'originalité aussi, et celui-là semble être de la même veine. Ca m'intéresse donc !
RépondreSupprimerJe suis allée relire ton billet. Le tien a l'air encore plus rocambolesque, ce qui n'est pas pour me déplaire.:) Je pense que je n'en ai pas fini avec cette maison d'édition.
SupprimerJe ne sais pas trop là... en plus je sors tout juste d'un roman bizarre. Il faut que je m'en remette d'abord !
RépondreSupprimerAhaha j'adore ta réaction si spontanée !^^ Je suis maintenant très curieuse de ta trouvaille, mais j'imagine que tu ne vas pas tarder à en parler sur ton blog.
SupprimerAvec cette couverture, je n'aurais même pas pris le livre en mains.
RépondreSupprimer😂 Le contraire m'eut étonnée.;)
SupprimerUne lecture qui a l'air atypique et qui automatiquement m'intéresse surtout si elle t'a plu :)
RépondreSupprimerAaah c'est particulièrement atypique, je préfère bien le souligner, mais c'est aussi ce qui fait son charme.:)
SupprimerIntriguant tout de même. Et puis 80 pages, même si ça ne plait pas, ça ne tue pas non plus !
RépondreSupprimerExactement !:)
Supprimerça m'intrigue aussi, je suis curieuse mais je ne pense pas réussir à mettre la main dessus...
RépondreSupprimerOui, c'est toujours un peu le problème quand ce sont des petites maisons d'édition de ce genre...
SupprimerJe suis diablement tentée ! j'adore la quatrième .... Ferrée aussi !
RépondreSupprimerJe serais très curieuse de ton avis si tu le lis.:)
SupprimerLa couverture et le titre intriguent. Merci pour ton billet.
RépondreSupprimerAvec plaisir.:)
SupprimerQuel drôle de petit livre ! Dans la veine surréaliste, non ?
RépondreSupprimerOn pourrait dire ça sur la fin, mais j'avoue que le terme ne m'est pas venu en tête d'emblée.
SupprimerAh, mais qu'est-ce que ça me tente. Moi qui trouve l'absurde irrésistible... Et puis ce décalage entre l'illustration et le titre. Non vraiment, ça me titille.
RépondreSupprimerAhaha, aurait-on les mêmes travers ?^^
SupprimerIntriguant... C'est le genre ça passe ou ça casse.
RépondreSupprimerC'est exactement ça. Et puis il faut déjà avoir une appétence pour le genre OLNI pour que ça passe un minimum, je pense.^^
SupprimerParfois, faut se risquer dans l'expérimental
RépondreSupprimerOn peut, oui, sur aussi peu de pages.:)
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