dimanche 7 juin 2026

MAUS


J'ai enfin lu l'intégrale de cette BD culte dont j'avais lu le premier tome (Mon père saigne l'histoire) il y a 22 ans. Je dis "enfin" car je pensais enchaîner sur le second tome (Et c'est là que mes ennuis ont commencé) assez rapidement, puis les années passant, il commençait à devenir indispensable de relire le tome 1 avant de reprendre l'histoire en cours, mais comme je n'aime pas trop relire, j'ai bien failli ne jamais revenir à cet album. Heureusement, un saut récent à la bibli m'a mis l'intégrale (en VO en plus) sur mon chemin. J'ai saisi l'occasion. Lire l'intégrale en un bloc, ce n'est pas vraiment comme relire le tome 1 avant d'enchaîner sur le 2.:)

Mon retour de lecture de l'époque sur le tome 1 :
Le témoignage d'un Juif polonais, Vladek Spiegelman, qui a survécu à Auschwitz pendant la Seconde Guerre mondiale, rapporté par son fils, Art, sous forme de BD.
Cette première partie met en place tout le contexte historique de l'époque en Pologne, du milieu des années 1930 à 1944, juste avant la déportation du père à Auschwitz, objet de la seconde partie si je ne me trompe (pas encore lu celle-là mais ça ne saurait tarder) [commentaire d'aujourd'hui : hahaha !]. Elle rapporte également la genèse de Maus, le désir du fils de recueillir le témoignage du père et d'en faire une BD, ainsi que ce qu'est devenu le père des années après cette tragique et douloureuse expérience de l'Holocauste.
Un récit vivace qui en dit long malgré le peu de place que la forme BD laisse aux mots en général.

La seconde partie nous plonge, comme on s'y attend, dans l'enfer d'Auschwitz, mais on a beau avoir déjà beaucoup lu et entendu sur le sujet, on ne s'habitue pas à l'horreur et à l'inhumanité de ce camp de la mort, et même en BD, c'est toujours aussi effroyable.

Ce qui m'a marquée à la partielle relecture de cet album, ce sont les doutes de l'auteur, Art Spiegelman, quant à ce projet de BD, ses relations difficiles avec son père et la manière dont il ne donne le beau rôle ni à l'un, ni à l'autre, ce qui rend ce récit de la transmission de la Shoah encore plus dramatique, authentique et terriblement humain, malgré sa transposition dans un univers animalier où les Juifs sont représentés en souris, les Allemands en chats et les Polonais en cochons.

Graphiquement, ce n'est pas ce que je préfère, mais ce témoignage en fait une BD absolument incontournable !
Tout récemment commenté par Violette.


L'auteur
Né en 1948 à Stockholm, en Suède, Art Spiegelman est un auteur de bande dessinée et illustrateur américain. Figure phare de la bande dessinée underground américaine des années 1970-1980 et illustrateur renommé, il devient surtout reconnu à partir du milieu des années 1980 pour sa bande dessinée Maus. Cet ouvrage lui a valu un prix Pulitzer spécial en 1992. Il est sacré grand prix de la ville d'Angoulême en 2011.

31 commentaires:

  1. Je l'ai relu aussi, il y a quelques mois (je ne trouve plus le billet mais j'ai eu des bugs récemment). J'ai été encore une fois frappée par la force de cette BD. Comme tu le dis, c'est un incontournable, non seulement de la bande dessinée mais aussi des récits sur la Shoah.

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    1. Oui, c'est une bonne chose que cette BD soit encore bien mise en avant et lue aujourd'hui.

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    2. Je l'ai relu après les polémiques aux Etats-Unis et les tentatives de censure. Certains conseils d'écoles dans les états les plus conservateurs voulaient retirer la BD du programme scolaire jugeant son "contenu inapproprié" à cause de quelques mots grossiers ! Je ne pense pas qu'ils aient gagné.

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    3. Je ne peux m'empêcher de penser que les "quelques mots grossiers", c'était juste un prétexte... J'aurais plutôt dit que certaines thématiques les dérangeaient, celles qui, à la lecture, font réfléchir, mettent en garde... La censure est un frein à cette précieuse transmission qui permet qu'on n'oublie pas et que l'histoire ne se renouvelle pas.

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    4. Je suis bien d'accord avec toi

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  2. Ah le père de l'auteur, quel personnage!!! J'ai lu et relu cette BD, et même MetaMaus (OK, je n'insiste pas, mais c'est bien aussi, ce serait une suite logique?)

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    1. Ah oui, ce père, à la fois irritant et bouleversant... Bon, MetaMaus, pas pour tout de suite car je digère encore Maus, mais ça me paraît une bonne lecture complémentaire.

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  3. Je l'ai lu "Maus" il y a fort longtemps aussi, je crois d'ailleurs que c'était l'intégrale. Il faudrait que je relise cette BD, que je conseille d'ailleurs souvent à mes élèves de 3èmes...

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    1. Je l'ai beaucoup conseillé à de plus jeunes lecteurs aussi (même si je n'avais pas encore lu le tome 2^^). C'est une BD qu'il faut continuer de faire connaître, en effet.

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  4. Un moment vraiment dur à la fin, quand il est mis en évidence que, dans la Pologne d'après-guerre, les juifs ayant eu la chance de survivre aux camps ne sont pas forcément les bienvenus de la part de leurs voisins qui s'étaient benoîtement approprié leurs possessions.
    (s) ta d loi du cine, "squatter" chez dasola

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    1. Oui, un moment très dur parmi tant d'autres. J'avais commencé à les énumérer d'ailleurs, mais mon billet s'annonçait bien long. Il vaut mieux lire la BD.;)

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  5. Cela doit etre une sacre BD.....mais j'avoue les camps..ce n'est pas pour moi.....mais il faut connaitre effectivement...

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    1. Je comprends pour les camps. C'est une réalité effroyable, qui ne peut laisser indemne.

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  6. Une BD très importante chez nous au point que mon fils la présente pour son oral de Brevet. Le livre Meta Maus permet de comprendre davantage le projet d'Art Spiegelman.

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    1. C'est une bonne chose que de nos jours, des témoignages tels que Maus touchent encore les plus jeunes. Je compte bien lire MetaMaus plus tard.

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  7. Indispensable et beau, en même temps. Ces dessins, on ne les oublie jamais. Livres interdit dans plusieurs états US , cela dit assez ce qu'ils ont en tête.

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    1. C'est clairement inquiétant cette réalité des livres interdits...

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  8. Je reconnais que la forme ne m'attire pas outre mesure contrairement au fond et à cette transmission pas simple mais essentielle.

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    1. Le récit est tellement prenant qu'on finit par ne pas trop être parasité par la forme.

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  9. Je l'ai lu à sa sortie en tomes séparés et relu ensuite en version intégrale et je sais que je le relirai un jour...Une BD indispensable.

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    1. Je pense y revenir aussi plus tard. C'est tellement dense d'informations que ça appelle à la relecture.

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  10. Je ne savais pas qu'il était paru en deux tomes à l'origine.. j'en ai acheté la version intégrale quand j'ai appris que ce livre avait été censuré dans certains établissements scolaires américains.. je l'ai lu mais pas chronique, mais je l'ai trouvé très émouvant, même si j'ai au départ eu un peu de mal à m'impliquer dans l'histoire du fait qu'elle mette en scène des souris.

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    1. C'est vrai que c'est un parti pris surprenant au départ cet univers animalier, mais en même temps, c'est très parlant. J'ai eu plus de mal pour ma part avec l'absence de lignes claires et la difficulté à distinguer les personnages de ce fait, mais on est très vite absorbé par l'histoire.

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  11. C'était moi, l'anonyme 😀

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    1. Merci d'avoir levé le voile sur ce mystère.:)

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  12. Ton billet me donne envie de le relire à mon tour.

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  13. Graphiquement parlant, il faut un petit temps d'adaptation, je suis d'accord. J'ai aussi aimé la complexité des relations père-fils. Et tu as raison, on ne s'y fera jamais, aux horreurs d'Auschwitz...

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    1. Non, et on en apprend toujours à chaque témoignage. C'était assez inattendu aussi ces relations père-fils particulièrement compliquées. L'auteur aurait pu les omettre, mais ça rend ce récit encore plus fort et émouvant.

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  14. Cette BD me fait peur, je la fuis comme la peste... Lâchement mais sûrement... Un jour peut-être !

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    1. C'est le genre de lecture qui se fait quand on sent que c'est le bon moment. Inutile de forcer, en effet.:)

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